Un peu de douceur dans ce monde de… {ma vie fascinante au Monoprix}

Ce matin, après avoir accompagné les garçons à l’école, je suis passée par le Monoprix. Les allées étaient désertes, hormis quelques nounous et retraités. (Vous avez remarqué comme les retraités sont au taquet le matin ? Passez devant un supermarché ou une pharmacie cinq minutes avant l’ouverture, vous les verrez piaffer.)

Un peu partout, des employés s’activaient pour la mise en rayon. Après avoir hésité longuement sur le choix des chocolats pour Pâques et récupéré le lait de soja vanille pour le Grand, j’ai pensé à l’origan. Avouez que les pizzas sans origan, c’est nettement moins bien. (Et là vous vous dites que c’est bien gentil tout ça, mais vous n’êtes pas venus pour lire ma liste de courses. Deux minutes, j’arrive au noeud de l’histoire).

Bref je passe les cornichons, le ketchup, un gars du Monop’ était en train de remplir un rayon d’huile d’olive. Et une grosse palette bloquait l’accès aux aromates. Je fais le tour de la palette, je regarde par la droite, par la gauche. Si je peux attraper mon origan sans déranger personne, ça sera quand même plus simple. Malheureusement, si origan il y a, je ne peux pas le voir. À ce moment le gars du Monop’ attrape la poignée du transpalette, bouge ladite palette et marmonne « Putain, c’est toujours pareil ! Elle peut pas demander ? ». Je regarde le gars du Monop’ qui retourne à ses bouteilles. Je l’entends dire « et dis pas merci surtout ».

Je bloque un moment. Ça cogite sec dans ma tête.

Option numéro 1 : je fais comme si je n’avais pas entendu et je vis ma vie passionnante à la recherche de l’origan.

Option numéro 2 : je dis merci au gars du Monop’, et je continue ma vie passionnante à la recherche de l’origan.

Option numéro 3 : je vais voir le gars du Monop’ et je l’engueule. Après tout, il a commencé, même s’il parlait plus à ses bouteilles d’huile qu’à moi.

Option numéro 4 : option numéro 1, 2, ou 3 + je vais me plaindre au directeur du Monop’. Il passe son temps à trainer dans le magasin pour surveiller ses troupes, il ne devrait pas être trop difficile à trouver (c’est le seul type qui ressemble à un retraité mais qui ne traine pas de caddie à roulette derrière lui).

Donc je regarde ce gars, un grand gaillard qui remplit un rayon d’huile d’olive, et qui peste tout seul dans son coin à 9h10 un mardi matin. C’est assez triste. Le type passe visiblement une journée pourrie, et c’est à peine le début de matinée.

Option numéro 5 : je vais le voir en souriant gentiment.

-Bonjour, c’est à moi que vous parlez ? 

Là, je me dis qu’il va probablement se dégonfler et faire comme si de rien. Mais non :

-Ouais, sérieux, c’est toujours pareil, c’est si compliqué de me demander de pousser la palette ? 

-C’est à dire… vous ne m’en avez pas laissé le temps. Et puis je ne voulais pas vous déranger. 

-Mais ça ne me dérange pas, vous demandez, je pousse la palette, vous dites merci, voilà. 

-Je comprends, mais vous êtes juste arrivé en disant « putain elle peut pas demander ». Je me sens un peu agressée. 

Pour être tout à fait exacte je me suis sentie super agressée. A vrai dire, en lui parlant, j’atteins un niveau de stress assez élevé. Le gars est tout fermé, tout renfrogné. Il passe vraiment une sale journée. Il répond :

-Mais je ne vous agresse pas !

Je souris, je persiste.

-Mettez-vous à ma place, entendre « putain elle peut pas demander », c’est vraiment pas agréable. 

-Ouais, c’est sur, mais j’ai passé un bon week-end, je reprends le boulot, et c’est toujours la même chose. 

Voilà, c’est juste un type qui reprend le taf et qui est confronté à nouveau à un truc qui l’exaspère. Je ne suis pas le problème, je suis une manifestation de son problème.

-Je comprends, parfois le boulot ça craint. Mais là avouez, c’était un peu agressif. 

-Non mais c’est pas vous, c’est en général !

-Donc c’est moi qui prend pour tous les autres ? C’est pas cool !

Comme je souris, comme je reste calme, il commence à se détendre.

-Ouais je suis désolé, c’était pas contre vous. 

Son visage d’ouvre enfin, il esquisse un sourire. Du coup je m’engouffre :

-Merci d’avoir bougé la palette en tout cas. Allez, on respire un bon coup, on va passer une bonne journée !

C’est mon côté prof de yoga, je ne peux pas m’empêcher de dire aux gens de respirer. Et puis une collègue à lui est arrivée, je ne tenais pas à le mettre mal à l’aise devant elle donc j’ai dit au revoir et je suis retournée à ma vie passionnante à la recherche de l’origan.

Voilà. J’ai croisé le directeur qui errait au rayon des couches pour bébé, je suis passée en caisse avec les chocolats de Pâques, le lait de soja, et l’origan (je sens bien que vous vous inquiétiez pour mes pizzas, soyez rassuré elles sont sauvées). Je tremblais un peu, parce que ça m’a demandé une bonne dose de courage pour aller affronter ce gars tout énervé, mais je suis contente de moi. Il a souri quand je suis partie. Sa journée sera peut-être un peu moins pourrie. Ou au moins il aura peut-être réalisé que « les gens » qui le saoulent sont des personnes qui ne pensent pas à mal, et sont peut-être juste soucieuse de ne pas le déranger, ou trop timides pour oser le faire. Peut-être que ça changera quelque-chose pour lui.

L’option douceur, face à l’agressivité, peut suffire à désamorcer un conflit. On a bien besoin de douceur dans ce monde de…  vous ne trouvez pas ?

Ahimsa, ou non-violence. Une des observances du yoga.

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« La maman, pas l’infirmière »

Janvier 2018, nous sommes à Bicètre en neuropédiatrie. On nous a installés dans un bocal vitré, celui avec le chauffage un peu trop chaud et le lavabo qui fuit. Mais ça n’a pas d’importance, car nous ne sommes là que pour la journée.

HDJ pour la Mini.

La prise de sang est terminée, nous avons réussi à chiper deux fauteuils, la poulette s’est endormie dans le petit lit à barreaux violet. Donc nous attendons, le Chéri et moi. C’est une activité très prenante, à l’hôpital, d’attendre. En l’occurence, entre deux cafés et un magazine (Netflix ne fonctionne pas, nous sommes trop loin d’une fenêtre pour avoir du réseau), nous attendons essentiellement de savoir quand aura lieu l’IRM, à quelle heure nous verrons la kiné, et le chirurgien. La mission principale du jour, c’est le changement du bouton de gastrostomie de la Mini. En principe ce changement se fait tous les 6 mois. Nous en sommes à 7. C’est ça aussi l’hôpital, parfois, une certaines dichotomie entre le principe (on vous convoquera automatiquement à la date adéquate); et la réalité (si vous n’avez pas de nouvelles mieux vaut vous manifester). J’en ai déduit que l’attitude idoine est « faire confiance mais appeler souvent pour vérifier ». Et force est de constater que même en appelant souvent, ils peuvent dépasser les délais qu’ils ont eux-mêmes fixés.

Bref, le changement de bouton c’est aujourd’hui, et c’est une bonne nouvelle puisque le bouton de la Mini fuit. Je l’aurais bien changé moi-même, mais ils ont insisté : le premier changement se fait avec le chirurgien, pour vérifier que tout va bien. Alors soit. Nous avons attendu, patiemment, avec confiance (mais en téléphonant souvent)(et en râlant un peu aussi).

Quand la médecin du service vient faire sa visite, je lui pose la question : « aujourd’hui c’est le chirurgien qui change le bouton, mais les prochaines fois on pourra le faire nous-même à la maison ? ». Elle est un peu interloquée, la médecin. Je ne sais plus trop ce qu’elle me répond, quelque-chose comme « mais pourquoi le faire vous-même » ou « ce n’est pas à vous de faire ça ». En revanche je me souviens très bien de la fin de son argumentaire : « vous êtes la maman, pas l’infirmière ».

La maman, pas l’infirmière. Ça me laisse perplexe. Spontanément, plein de choses me viennent à l’esprit. Le fait qu’une maman, ou un papa, est toujours forcément un peu infirmier(ère), déjà. Tout parent d’enfant en bas âge le reconnaitra : on change des couches, on panse des bobos, on essuie le vomi, on prend la température, on administre des médicaments, on surveille, soigne, soulage, lave. Le rôle de parent inclut, de facto, des missions infirmières, au même titre que des missions de cuisiner, d’éducateur, de moniteur sportif… Quand je prépare à manger pour la famille, personne ne me dit « ce n’est pas à vous de faire ça, vous êtes la maman, pas la cuisinière » (pourtant, je kifferais). Quand j’ai emmené les garçons à la piscine pour la première fois,  je ne me suis pas dit « trouvons donc un professionnel qualifié, car je suis la maman, pas la maitre nageuse ».

Accompagner un enfant, c’est revêtir un paquet de casquettes, avec plus ou moins de talent, plus ou moins de compétences, mais en faisant de son mieux. Le but, c’est leur bien-être et leur épanouissement. Et au final, si on n’enfile pas toutes ces casquettes, c’est quoi au juste, d’être parent ?

Alors oui, pour la Mini, les casquettes sont un peu différentes. Nous avons dû acquérir de nouvelles compétences, un peu de kiné, un peu de psychomot, un peu d’orthophonie, un peu d’orthopédie, des gestes techniques, et puis aussi beaucoup d’organisation, de planification. Je suis infirmière et secrétaire, un peu plus pour elle que pour ses frères. Et alors ? Si j’ai envie de le faire.

Ce qui me gêne finalement dans ce « vous êtes la maman, pas l’infirmière », ce n’est pas tant le principe. Je comprends l’idée, et je respecte le fait que certains parents ne veuillent pas, ne puissent pas, assurer des gestes comme changer un bouton de gastrostomie. Et c’est bien que le corps médical apporte une solution à ces parents, les déculpabilise. Ce qui me hérisse, c’est d’asséner ça comme une vérité. De m’assigner une fonction sans se préoccuper de ce que je souhaite.

Je n’aime déjà pas tellement qu’on me dise ce que je dois faire. Mais décider de ce que je suis… Comme si le fait que je sois volontaire pour changer ce bouton était anormal. Comme si je ne savais pas rester à ma place. Comme si j’étais moins une maman en voulant faire ce geste. Je n’admets pas qu’on décide pour moi ce qu’être une maman signifie.

Pour moi, être la maman de la Mini, c’est -entre autres- lui éviter au maximum les journées à l’hôpital. C’est lui épargner les allers-retours superflus en taxi, les attentes interminables, les rendez-vous dispensables. Elle doit déjà subir suffisamment de soins, d’examens, d’intervention… donc tout ce que nous pouvons faire tranquillement, à la maison, représente quelques heures de tranquillité gagnées.

Quand la Mini a eu la sonde nasogastrique, à l’été 2016, les infirmières de l’hôpital nous ont montré comment la placer, la remplacer, manipuler la pompe. Personne ne nous a dit « vous êtes les parents, pas les infirmiers ». On nous a expliqué que si nous n’étions pas à l’aise, une infirmière pourrait venir à domicile, tout en nous donnant les clés pour assurer nous-mêmes.

On nous avait donné le choix, et c’est ça le plus important. Nous offrir des options, pour que nous choisissions ce que nous sommes aptes à inclure dans notre rôle de parent. Notre enfant est malade, c’est un fait. Elle a des besoins différents de ses frères. Nous nous adaptons et continuerons à nous adapter tant que nous en serons capables.

Dire « vous êtes la maman, pas l’infirmière », c’est balayer le choix. Je comprends que certains parents puissent trouver cette charge lourde, insurmontable peut-être. Mais d’autres peuvent et veulent l’assumer. Pourquoi essayer de les dissuader ? Il serait plus constructif de poser tout simplement la question : « Voulez-vous? Pouvez-vous ? ». Et de décider en conséquence, ensemble.

Je suis une maman avec beaucoup de casquettes, et ça me convient. Je demande simplement qu’on respecte mon choix.

A la sortie de l’école

Il y a ceux qui arrivent très en avance. Des grands-parents, souvent, qui portent dans un petit sachet les chouquettes du gouter ou un pain au chocolat, et s’assoient sur le banc sans jamais regarder leur montre.

Il y a celui qui se poste au coin, debout, là où la cohue ne l’atteindra pas.

Il y a les nounous qui poussent leurs poussettes doubles ou attendent les bambins qui marchent d’un pas encore hésitant, font coucou de la main aux consoeurs sur le trottoir d’en face puis convergent vers le préau.

Il y a celles qui se retrouvent entre copines et papotent de shopping ou de conseil d’école.

Il y a celui qui se colle à la grille, pour voir son enfant le premier, pour que son enfant l’aperçoive tout de suite, qui surveille l’heure et guette sans faillir, en piétinant un peu.

Il y a celle qui n’aime pas être seule et cherche quelqu’un, n’importe qui, pour ne pas attendre dans le silence.

Il y a celle qui se plaint de la météo, du boulot, du temps qui file trop vite, de l’ado qui lui rend la vie impossible, de la course perpetuelle et des triples journées.

Il y a des marmots de 2 ans qui déambulent entre les jambes des adultes, tentent une fuite vite rattrapée, et distribuent des sourires à la ronde.

Il y a celle qui se faufile, dit bonjour dans un souffle, vérifie que la petite dans la poussette est bien installée et rêvasse en attendant 15h50.

Il y a celle qui câline son nouveau-né, bien au chaud contre elle dans le porte-bébé.

Il y a les portails qui s’ouvrent et les enfants qui commencent à arriver par vagues côté primaire, les parents qui s’engouffrent côté maternelle.

Il y a celui qui parle très fort dans son téléphone et grille la priorité à ceux qui font la queue chez les petits.

Il y a celle qui cherche, tous les jours, dans le tas de gants et bonnets oubliés à l’entrée.

Il y a celui qui dit « j’ai retrouvé un travail, alors je ne pourrai plus être là à 16h… comment ça se passe pour la garderie ? », et la maitresse qui le félicite chaleureusement pour son retour à l’emploi.

Il y a ce moment où les  yeux se croisent et se sourient.

Il y a toutes celles et ceux qui enlacent leurs petits, moyens, grands, en les retrouvant.

Il y a celles et ceux qui les attrapent vite vite en disant « je suis mal garé, on file ! ».

Il y a les « tu as passé une bonne journée ? », « ça va mon lapin ? », « je suis contente de te voir, mon coeur », les « qu’il est beau ton dessin, merci ! », « tu as mangé quoi à midi ? ».

Il y a celle qui a toujours une question à poser à la maitresse.

Il y a celle qui n’en peut plus d’entendre tous les jours que son enfant n’a pas été sage, et celle qui, inquiète, demande s’il a bien mangé à la cantine ou réussi à écrire son prénom en attaché.

Il y a celle à qui la maitresse essaie d’expliquer, gentiment, calmement, que la ceinture n’est pas une punition appropriée pour un gamin de 4 ans.

Il y a celle qui entend cette conversation et a de la peine pour tous les gamins qui connaissent trop bien la ceinture de leur papa.

Il y a des paquets de biscuits, des cookies, des tupperware de fruits, des paquets de bonbons, des chouquettes, du pain et du chocolat, des échanges, des trocs, des BN qui tombent par terre, des pleurs de désespoir et des museaux ravis.

Il y a celle qui attend le grand de CM2, silencieuse et souriante, et laisse ses enfants de maternelle courir partout.

Il y a celles qui froncent les sourcils en se faisant bousculer par une partie de cache-cache ou d’épervier.

Il y a un petit tout fier de présenter à ses copains sa tite soeur juste née, et une maman émue mais un peu inquiète de toutes les mini mains qui se tendent vers la frimousse du bébé.

Il y a celui qui cherche sa fille dans la foule des petites personnes à capuche et bonnets qui s’éparpille gaiment et commence à stresser de ne pas la voir.

Il y a une masse bruyante et joyeuse qui se déverse dans la rue.

Il y a des parents qui portent des cartables, beaucoup.

Il y a celle qui arrive toujours en retard et tente de remonter le courant avant que le portail de la maternelle ne ferme.

Il y a la directrice, qui immanquablement, va lui demander d’arriver plus tôt.

Il y a parfois un enfant esseulé, inquiet, qui guette le parent retardataire, la main dans celle de sa maitresse, et s’éclaire d’un coup quand la grande silhouette passe le coin du chemin.

Tous les jours pareil, tous les jours différent, depuis les sandales de la rentrée jusqu’aux après-skis de ces derniers jours. C’est l’heure de la sortie des classes où je constate, au fil des saisons, la même joie sur les visages des enfants et sur ceux de leurs parents. Peut-être que certains font un peu la tête, ou grognonnent, ou sont stressés, mais le moment des retrouvailles, invariablement, est un moment de bonheur. Quelques secondes ou minutes où l’on se rencontre, se recolle, se réunit. Et c’est beau.

Et vous, vous êtes quel parent à la sortie des classes ?

8 pics a week #73 (petits bonheurs entre-deux)

C’est une période un peu bizarre. D’un côté, j’ai l’impression que les semaines filent sans qu’on les voie passer. Entre l’école, les cours de yoga, les activités des enfants, les gouters d’anniversaire, les soins de la Mini… les jours s’évanouissent et les vendredis m’amènent immanquablement à la même question : où est encore passée cette semaine ?

D’un autre côté, que le temps est long… évidemment la météo pourrie me donne l’impression d’errer sans fin dans un tunnel de pluie et de grisaille. On met les manteaux et les bonnets à sécher, plusieurs fois par jour. On slalome entre les flaques, on rabat les capuches, on planque nos mains dans les manches ou les moufles. On croit au ciel bleu, quelques minutes. Depuis quand n’avons-nous pas eu le dos chauffé par un rayon de soleil ?

Je n’ai pas vu passer les jours depuis la rentrée de janvier, et pourtant depuis septembre il me semble qu’il s’est écoulé une éternité. Les jours s’évanouissent mais les heures et les minutes et les mois sont interminables. Les heures de vide, les minutes d’anxiété. Une hospitalisation à Bicètre et les secondes insupportables où ma fille hurle pendant la prise de sang. Les trajets flous en taxi vers Necker, comme suspendus, rien à faire que regarder les gouttes de pluie qui glissent sur la vitre. Les mois écoulés depuis l’envoi de mon manuscrit, et le pincement dans la poitrine à chaque fois que j’imagine que l’éditrice pourrait m’appeler. C’est vraiment étrange, cette dichotomie du temps : fulgurant et interminable.

Le facteur déterminant, bien sur, c’est l’attente, avec en corollaire l’espoir et la peur. Je ne suis pas une personne patiente, et j’ai beaucoup d’imagination. Laissez-moi un instant avec une question sans réponse, un problème irrésolu, et j’aurai imaginé 46 scénarios différents, du plus heureux au plus sombre. Ma fille a un peu plus de 3 ans ; il me semble l’avoir mise au monde hier ; l’attente de son diagnostic dure depuis des siècles ; j’ai imaginé 12 000 versions de notre histoire.

Attendre. Attendre sereinement, patiemment, fébrilement, anxieusement ? Laisser de côté ou s’obnubiler ? A l’évidence, le meilleur moyen de faire passer le temps est de ne pas attendre du tout. Encore et toujours, j’en reviens aux petits bonheurs, aux moments heureux à savourer sans arrière-pensée.

J’aimerais être détachée de l’attente, détachée du résultat, et libérée de ce temps élastique qui joue avec mes nerfs. J’y arrive plus facilement en me concentrant sur les sensations heureuses et les petites choses du quotidien. Par exemple…

J’ai emmené le Petit à la tour Eiffel, et sa joie face au panorama parisien valait de l’or. Nous avons passé un bon moment à tout observer, à retrouver les monuments, à chercher le Louvre ou Notre-Dame, en bravant le vent glacé pour bien se remplir les mirettes.

A l’aquarium du Trocadéro, on peut s’agenouiller devant le bassin aux caresses pour toucher -prudemment plus un peu plus hardis- les carpes colorées. On a ri quand elles ont fait mine de nous bouffer les doigts, on s’est éclaboussés sans faire exprès, et on est repartis un peu mouillés mais très heureux, en direction des requins.

Toujours le Petit, qui nous écrit des déclarations d’amour en gribouillis, au dos de son dessin géant de tour Eiffel.

Un lever de soleil brumeux, depuis la voiture avec Isabelle, en allant en formation.

Les garçons ont dessiné pour leur tonton/tata/cousin, quelques tonnes de baleines et requins.

« Tu veux quoi pour le gouter ? » « Un bagel au saumon ! ». Donc mon Grand a mangé son bagel au saumon avec un jus de pommes, et j’ai pris un chaï fabuleux et plein de mousse. Une petite pause juste tous les deux en attendant de récupérer son frère.

Entre deux cabrioles, trois sauts sur le trampoline et des cris de sioux affamés, le Grand et son copain se sont posés pour une partie d’échec. Ces enfants sont surprenants.

Et voilà la moisson de cette fois. Je m’aperçois en la postant qu’elle manque vraiment de verdure, mais il nous est un peu difficile d’aller gambader dans les parcs avec le temps actuel. Pourvu que les semaines à venir nous permette un peu plus de sorties dans la nature !

D’ici là je vais m’efforcer de ne pas attendre…

Plein de bises et bonne fin de semaine !

8 pics a week #72 (petits bonheurs frisquets)

Oh dites, je suis en train de battre des records d’absence sur le blog. Je pourrais vous dire que le froid m’engourdit les doigts, ou que je suis débordée par les activités et rendez-vous des enfants, ou que je passe beaucoup de temps à cuisiner et pâtisser, ou que j’ai failli décéder d’une sinusite, toutes choses pas tout à fait fausses. Mais la vérité c’est que je tourne surtout en rond, occupée que je suis à : rêvasser à la prochaine histoire que j’ai envie d’écrire / stresser pour l’avenir du manuscrit que j’ai fini / écrire frénétiquement puis laisser tomber / m’efforcer de ne plus y penser histoire de reprendre une vie normale.

En formation de yoga, nous avons étudié le week-end dernier un sutra qui parle du duo indissociable « pratique persistante/détachement ». Je trouve la partie « détachement » trèèèèès difficile. Pour arriver à la pratique persistante, j’ai besoin d’une motivation (plaisir/passion/envie/désir de réussite… selon l’heure et le jour) qui rend le détachement d’autant plus difficile. En ce moment, je m’efforce donc de trouver le bon équilibre entre écrire, régulièrement, et garder une distance salutaire. Bref, pleine de bonnes résolutions (notez que je prends de l’avance pour 2018) (avec un peu de chance j’aurai ainsi laissé tombé mes résolutions de nouvel an avant le 1er janvier) (optimisation, toujours ), j’augmente la dose quotidienne de yoga et tente de calmer les trépidation de mon mental. Et je me rattache encore et toujours aux petits plaisirs, ceux qui donnent la saveur au quotidien.

Donc ces dernières semaines il y a eu…

Des fleurs pour égayer le salon, histoire de mettre de la couleur dans les journées grises. Si en plus c’est dans les bocaux Le Parfait de ma grand-mère, c’est encore mieux.

L’invasion des murs, par deux petits garçons qui se passionnent pour les trains. D’où les 4 mètres de rail au-dessus du canapé.

Le Grand qui prépare des exercices pour le Petit. C’était carrément trop chou !

En-dehors des trains, nous avons aussi les dinosaures, n’est-ce pas…

Ma Douce dans le taxi, qui attrape mon doigts et ne veut plus le lâcher. Nos longs trajets en tête-à-tête, qui passent plus vite avec des calins.

Un voyage vers l’Est, vers mes grands-mères. Et le goûter sur la nappe bien repassée, avec les confitures maison, évidemment.

ça, c’est une petite poupoule dans les bras de son arrière-grand-mère, et c’est bien beau

Une visite à la cité des Sciences et de l’industrie, avec passage obligé à la Cité des enfants. Les garçons ont adoré le chantier !

Et les jeux d’eau, c’était pas mal non plus.

 

Et puis doucement, on se met en mode Noël… mais ça, ce sera pour le prochain post.

Plein de bises et de douceur pour vous, profitez des petits bonheurs, et à bientôt (peut-être ;-))

Un apéro Halloween (à préparer avec les enfants)

Ce week-end nous avons fêté Halloween en avance. Ayant peu d’espoir de trouver des portes ouvertes et des voisins chargés de bonbons le jour J (l’année dernière, les mouflets de la résidence sont rentrés assez vite de leur chasse aux confiseries), nous avons fait notre petite Halloween party avec les copains du 3ème et leurs petites sorcières. Et pour bien se mettre dans l’ambiance, en plus des citrouilles découpées des garçons et autres décos horrifiques, nous avons essayé de mettre un peu de magie et de bizarreries sur la table.

Merci Pinterest, une fois de plus : j’y ai déniché plein de recettes, certes peu gastronomiques mais réalisables par les plus jeunes, pour un effet plutôt chouette.

Les balais de sorcière : des batonnets de bretzels plantés dans des tronçons de Ficello effiloché. La recette en détail ici.

Le petit champ de citrouilles, à savoir pain de mie et tranches de cheddar roulées, et une feuille de verveine (de la terrasse s’il-vous-plait) pour parfaire le tout. Recette ici.

Des momies et des araignées ! Pâte feuilletée enroulée autour de saucisses, badigeonnées de jaune d’oeuf et passées au four. La saucisse cocktail en version spooky. Recettes ici et .

 

Les araignées biscuit : Rits, batonnets de bretzel, Kiri, et ce qu’on peut pour les yeux (des pastilles de sucre colorées pour nous). Les garçons ont mangé autant de biscuits qu’ils en ont utilisés, mais on a bien rigolé. Recette ici.

Des clémentines décorées au marqueur.

Des sucettes de marshmallow : Chamallows trempés dans du chocolat blanc fondu puis dans des vermicelles colorés.

Comme il me restait du chocolat fondu, j’y a trempé des fraises. Et puis on a décoré des Oréo aussi.

Les doigts de sorcière, ou Dedos de bruja. Première tentative, et certains étaient vraiment flippants. Les enfants ne pourront pas faire cette recette tous seuls, mais ils se sont éclatés à façonner les doigts et poser les ongles/amandes. La recette de Mercotte est ici.

Et pour finir, un bel oeil sanglant, à savoir une pannacotta coco, un kiwi en guise d’iris, et un coulis de framboise pour l’hémoglobine. Excellent ! J’ai adapté la recette trouvée ici, en supprimant le chocolat blanc et ajoutant du sucre.

Pour plus d’idées, pour pouvez jeter un oeil à mon tableau Pinterest Halloween !

Bonnes vacances, et bons apéros !

8 pics a week #71 (petits bonheurs de la rentrée)

Effectivement, la rentrée est déjà loin. Tellement loin que les vacances de Toussaint arrivent déjà ! Mais voyez-vous, avec ce soleil et ces températures, et les sandales que j’ai ressorties dimanche, et les aprèms en t-shirt, et les fins de journée au parc avec les enfants… je me crois de retour en été, à peine débarquée d’aout.

Donc petits bonheurs de rentrée, et si je me concentre assez je dois pouvoir oublier le froid, les doudounes et les bonnets, juste le temps q’ils redeviennent nécessaires (le plus longtemps possible, please).

Et en cette rentrée il y a eu…

Un retour à l’école, à la course pour atteindre le portail à l’heure, au cartable et aux devoirs. Mais c’est aussi le retour des débriefs de la journée, des gros bisous de 16h et des gouters avalés en riant. Et du calme à la maison pour la Mini et moi !

Un dimanche à Versailles pour participer aux Yogis du coeur. Avec un soleil de fou, des copines, et l’Orangerie du château rien que pour nous…

… 800 yogis sous les grandes arcades, ça fait un paquet de bonnes ondes.

Il y a eu des virées chez le primeur ou au marché, à croquer des raisins, tâter des potirons, et prendre les poireaux pour des sabres laser.

Une virée au parc de Sceaux, avec halte au théâtre de Guignol en plein air, avant d’aller se remplir les poches de marrons.

Nous avons testé de nouveaux magazines, et le Petit a beaucoup aimé Graou.

Le Grand et la Mini, c’est une histoire d’amour, une vraie. Faut pas toucher à sa soeur, sinon gare !

Et reprise des cours de yoga ! Cette année, en plus des enfants, j’ai un cours adulte. Un autre genre de kif, une énergie différente, mais un vrai plaisir de les retrouver tous les lundis soir.

Une barbe à papa, un toboggan gonflable, et la sortie de classe prend un gout de fête foraine…

Je vous souhaite à tous une très belle semaine, pourvu qu’on puisse encore aller buller dehors et jouer dans les feuilles mortes !