De la nécessité de sourire

Quand j’avais 17 ans, ma mère a eu un accident de voiture. Elle est restée dans le coma quelques semaines, puis à l’hôpital pendant des mois.

Je ne m’en souviens plus très bien, mais je sais que j’ai été très malheureuse au moment de l’accident. Même si ma mère et moi ne nous entendions déjà pas tellement à l’époque. Nous avions peur pour sa vie, peur qu’elle ne se réveille pas, peur qu’elle se réveille avec des séquelles.

La violence et l’injustice des accidents est difficile à accepter. La situation me laissait d’autant plus perdue que ma mère, ma teigneuse, autoritaire, orgueilleuse de mère… me semblait jusque là invincible.

Le Noël de cette année-là fut étrange. Mon père a fait son possible pour que mon frère et moi passions de bonnes vacances, nous avons réveillonné, eu des cadeaux, regardé des films ensemble.

Et peut-être pendant ces vacances, peut-être aux suivantes, il nous a emmenés faire du snowboard. Le soleil brillait, la montagne (Cauterets, Luz Ardiden, je ne sais plus…) était belle, la neige était bonne. Nous avons profité de cette parenthèse, apprécié ce moment ensemble, pris des photos de nos bouilles souriantes devant le ciel bleu.

Des mois plus tard, quand ma mère a découvert ces photos, elle s’est mise dans une colère incroyable. Pendant qu’elle luttait à l’hôpital, nous allions nous amuser à la montagne ? Nous avions le sourire ? Indécent, égoïste, insupportable. Elle a pris ces photos, nos sourires, pour des preuves de notre désintérêt envers elle. Elle en a voulu à mon père, tout particulièrement, d’avoir organisé cette sortie.

Je savais bien, moi, à quel point nous avions été inquiets et malheureux. Combien j’avais pleuré, et tous les efforts de mon père. Mais elle m’a fait culpabiliser. Pendant longtemps j’ai eu honte de ce moment de bonheur à la montagne, de notre « indécence » à nous amuser pendant qu’elle souffrait.

Aujourd’hui je suis une maman, j’ai trois marmousets, dont une enfant gravement malade. La semaine dernière, nous avons failli la perdre, et aujourd’hui elle remonte doucement la pente.

La meilleure chose que nous avons faite, c’est d’envoyer les garçons en vacances. Leur Papi, mon papa, les occupe, les distrait, les amuse, les promène, les aère, les fait rire depuis une semaine, et c’est tout ce dont ils ont besoin. Bien sur ils me manquent, et la maison est très vide sans eux, mais ils méritent de vraies vacances, du sable et du vélo et des gens heureux autour d’eux.

Ils sont trop petits pour prendre la mesure de ce qui arrive à leur soeur, mais je sais que même si ils étaient plus grands, je ne voudrais pas autre chose pour eux : qu’ils profitent et s’amusent et soient bien.

Et puis moi… moi qui ai cru perdre mon enfant, et qui la retrouve différente. J’ai pleuré, oui. J’ai angoissé et cherché mille moyens de m’occuper l’esprit pour arrêter de sangloter. Parce qu’on ne peut pas passer ses jours à pleurer. Je ne peux pas passer mes jours à avoir peur, à chaque seconde, de l’avenir, ou a ressasser le passé.

Aussi fort que j’aime ma fille, aussi inquiète que je puisse être pour elle, j’ai quand même pris des pauses. Fait des bulles, du yoga, chassé les Pokemon, pris des photos, mangé des glaces, acheté des chaussures, apprécié le soleil sur mes épaules, souri devant des films à la con, ri avec mes amis.

J’ai ri. Parce que sinon, je me serais effondrée.

Les petits bonheurs ne sont jamais aussi nécessaires que quand le malheur nous enserre.

Merci mon Amour d’être toujours si solide.

Merci Papi et Marielle de si bien vous occuper des garçons. Merci Lisou et Eliott, Jesus, Lola… De rendre ces vacances encore plus belles pour eux.

Merci mes ami(e)s d’avoir écouté, écrit, appelé, d’être venus, d’avoir apporté ou proposé votre aide, d’avoir aussi compris nos silences, notre absence.

Merci à toutes les personnes proches ou moins proches qui ont pris le temps d’envoyer à notre Mini leurs pensées, leurs bonnes ondes. Elle en a besoin.

Merci de m’avoir fait sourire, chacun à votre manière.

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Bouger pour ne pas penser

Il a fait un signe par la fenêtre, et ils étaient partis.

Vide.

Peur.

Ranger.

Plier les plaids et remettre les coussins.

Débarrasser le lave-vaisselle.

Remettre de l’eau aux plantes.

Laver la carafe.

Plier le linge.

Remplir le lave-vaisselle.

Frotter le plan de travail jusqu’à ce qu’il ne reste aucune tache.

Nettoyer la porte du frigo.

Séparer les Lego des Playmobil et les remettre dans leurs bacs.

Enlever les traces de doigts sur la porte de la cuisine.

Plier les déguisements.

Ranger le linge, les sabres laser, les feutres, les petites voitures, les livres, les cahiers, les feuilles, le ballon, les chaussures, les lunettes, les chapeaux, les vestes.

Ramasser les magnets.

Laver les biberons.

Ouvrir le courrier.

Lancer une autre machine.

Ramasser les doudous.

Plier son lit.

Pleurer.

Il est minuit 40, je ne sais pas quoi faire de moi.

 

Ma Mini toute petite s’est faite attaquer par un moche microbe, qui l’a vidée épuisée essorée. Elle est en réa, avec son papa. On la remplit, on la médique. On attend.

Envoyez-lui vos bonnes ondes si vous le pouvez…

8 pics week #57 (petits bonheurs du début de l’été)

Un peu en vrac, il y a eu du soleil, de la fraicheur guettée au matin, des fruits plein de vitamines, des câlins à foison, des anniversaires, des fêtes, des gâteaux… De quoi bien démarrer l’été qui est enfin arrivé. Pourvu qu’il reste avec nous !

Un petit squelette qui s’entraine au tir à l’arc, trop chou dans ses sandales.

Les garçons qui jouent au Lego sur la table de la Mini. Elle aime les avoir près d’elle, c’est chouette de les voir « jouer » ensemble❤

Du trampoline !

Et de la balançoire bien sur !

Des carpaccios et des salades

Une Mini super mimi

Du yoga la tête en bas

Un bouquin qui détend bien

Des bonbons et des jouets (l’essentiel dans la vie)

Et un stage de yoga qui s’annonce intense mais aussi verdoyant !

Plein de bises à tous, que vous soyez en vacances ou pas encore, ici ou ailleurs… que la vie vous soit belle !

8 pics a week #56 (petits bonheurs entre les gouttes)

Voilà, mai, juin, même combat : on sort entre les averses, on croit au soleil, puis finalement c’est à nouveau le déluge. Entre les escargots et les parapluies, y’a vraiment pas assez de sandales et de petites robes à mon goût !

Malgré tout, on a fait plein de trucs sympas, et la fin d’année scolaire, avec ses fêtes, spectacles et autres joyeuses réunions, a un bon petit goût de vacances imminentes.

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On a fait notre fête des voisins, tardivement, mais avec une météo bien douce. Les enfants ont couru partout, on a échangé les potins et les quiches, c’était drôlement chouette.

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On a câliné de la biquette et gambadé comme elle.

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On a profité du jour de grand beau temps pour aller buller au parc , aérer nos orteils, respirer l’odeur d’herbe coupée

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On a ressorti la grande ardoise et les craies, et dessiné des bonshommes patatoïdes magnifiques.

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On a refait des petits gâteaux au chocolat qui déchirent trop, et mis des fraises dessus

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On a assisté à un spectacle de Bharata Natyam et c’était superbe

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On a applaudi les spectacles de fin d’année des garçons !

Bon lundi à tous, et courage pour cette dernière ligne droite avant les vacances !! On y est presque !

 

Un peu de lecture pour les mouflets

Pour moi il y a deux moments où j’aime particulièrement lire : quand il pleut (le plaisir de bouquiner bien à l’abri) et en été (si les vacances ne servent pas à lire, alors pourquoi existeraient-elles ???).

Autant dire qu’entre les déluges qu’on s’est tapés et la fin des cours qui approche, j’ai vraiment VRAIMENT envie de trouver de chouettes livres, y compris pour mes marmots.

Voilà nos derniers coups de coeur pour les enfants, ceux qu’on dévore à toute heure et qui partiront ptet même en vacances avec nous !

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Drôles de fantômes, dans la collection Milan Poche Poussins. Une petite histoire qui parle de différence et de tolérance, de façon toute simple et marrante. Le livre coûte moins de 5€, il ne prend pas de place. Parfait pour embarquer en week-end ou vacances, et particulièrement adapté pour les enfants qui commencent à lire, avec des textes faciles et courts.

Snoopy et les Peanuts, tome 5. Juste parce qu’on aime bien Snoopy et ses acolytes. Le tome 5 regroupe les strips des années 78 et 79, deux années fabuleuses, n’est-ce pas ?

Et le chouchou : Petit Poilu, La sirène gourmande. De la bande dessinée, mais sans texte. Une vraie aventure que les enfants peuvent lire tous seuls du début à la fin, et les nôtres aiment vraiment beaucoup ! Voir le Petit se raconter l’histoire tout seul, hilare dans le canapé, c’est trop bon. Il y a toute série Petit Poilu, je pense qu’on va explorer un peu plus.

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On aime beaucoup la collection des Imageries de Fleurus. Un nouveau est venu rejoindre la bibliothèque : l’imagerie des petites bêtes. Comme toujours, on apprend plein de choses. Les garçons adorent, celui-ci arrive dans leur palmarès avec l’imagerie de l’espace !

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Coup de coeur pour ce grand album, Grrrrr ! qui raconte l’histoire d’un ours champion qui doit disputer une importante compétition, mais a perdu… son grrrrrr. Qui lui a volé ? Comment va-t-il s’en sortir ? J’aime beaucoup les illustrations et l’humour de cet album ( de Rob Biddulph, chez Milan).

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Un peu de douceur toute chamallow pour finir, avec Mon amour de Pauline Martin, déclaration d’amuuuur maternel trop choupie. C’est joli comme tout, et idéal pour faire de gros câlins et se coller le nez dans les petits cous de ses mouflets.

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Et vous, des coups de coeur bouquins à suggérer ??

En passant par le salon Autonomic (#handicap)

Il faisait bien beau. Les cannes blanches semblaient encore plus blanches sur le macadam. Les fauteuils roulaient sans bruit vers le hall 4.

Porte de Versailles, vendredi 10 juin 2016. En passant par le salon Autonomic Paris.

J’avais reçu l’invitation via la newsletter Hoptoys, un site dédié au matériel « pour enfants exceptionnels ». Hoptoys ayant un stand sur le salon, et moi aimant beaucoup Hoptoys (j’en parlais ici), j’ai eu envie d’aller jeter un oeil à leur espace, histoire de voir « en vrai » les jeux ou le matériel que j’avais repéré pour la Mini dans leur catalogue.

Et au passage, je me suis dit que ça serait intéressant de voir ce qu’Autonomic, salon dédié au handicap, au grand âge et au maintien à domicile, pouvait proposer d’autre.

Cette visite s’est avérée douce-amère.

Agréable, de voir autant de personnes en fauteuil roulant ou armés de cannes blanches, affairés, souriants, flânant, discutant. Le plus naturellement du monde, dans un espace sans trottoir trop haut, obstacle sournois ou allée trop étroite. Pour une fois, le handicap si souvent invisible dans notre société, trop souvent mis à l’écart ou ignoré, avait la priorité.

Agréable aussi, tous ces chiens ! De bons et beaux chiens, calmes, patients, nullement effrayés par la foule ou le bruit. Des chiens-guides, des chiens-aides.

Etonnants, ces vélos qui permettent de placer un fauteuil roulant devant, pour des balades en duo. Intéressantes, les cartes et documents en braille pour découvrir les plus beaux musées parisiens. Intrigant, le bus permettant de prendre un café dans le noir absolu, pour se retrouver un instant privé de la vue. Impressionnante, la diversité des fauteuils et installations, et toute la partie dédiée aux véhicules.

Perturbant, de me trouver là pour mon enfant. Une fois de plus, ce n’est pas tout à fait ce à quoi je m’attendais…

Heureuse de trouver tel modèle de poussette adaptée, de savoir qu’une prise en charge sécu est possible, et à la fois… le retour du petit pincement au coeur. C’est un soulagement, bien sur, de savoir que du matériel adapté existe pour la Mini, qu’on pourra l’installer confortablement même lorsqu’elle pèsera bien trop lourd pour rester dans sa poussette « normale ». Mais ça n’est tellement pas ce que j’imaginais pour elle.

Alors me voilà, les yeux embués avec mon prospectus de poussette/fauteuil, à me dire que je suis bien ridicule. Moi qui arpente ce salon sur mes deux pieds, qui pourrai ensuite aller prendre le RER sans galère, contrairement à tant de ceux qui m’entourent.

En allant vers le stand Hoptoys, j’ai croisé une petite fille qui riait, sanglée sur un fauteuil/vélo. Elle m’a fait un grand sourire, ses parents aussi.

J’ai regardé, longtemps, des bulles remonter dans une colonne et les fibres optiques changer de couleur, le mur sensoriel et les balles multicolores. J’ai commandé un nouveau jeu lumineux pour la Mini et on m’a offert du sable magique et des ballons.

Je suis repartie pleine de sentiments mêlés, comme un soir de pluie, sans trop savoir si c’était beau, triste, ou les deux à la fois.

Et puis la vie a repris son cours. On se posera les questions au fur et à mesure. On gèrera les problèmes quand ils arriveront. Avec des roues, des roulettes, ou n’importe quoi d’autre.

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