Quelques idées pour occuper les enfants pendant le confinement

Ola camarades parents !

Cherchant joyeusement de quoi occuper mes mouflets, et voyant fleurir dans un bel élan de solidarité les partages d’idées, je me suis dit qu’un petit récap des bricolages/DIY du blog serait le bienvenu en cette période particulière.

Voici donc les liens vers des articles plus ou moins vieux mais dont les recettes ont fait leur preuve.

On commence par le grand hit d’Halloween, qui n’est plus de saison mais peut être allègrement recyclé :  la potion des petits sorciers. Bicarbonate et vinaigre blanc sont les principaux ingrédients, l’effet « wouaou » est garanti. Marche aussi si l’on veut reproduire une éruption volcanique, ou illustrer l’intérieur d’un cerveau de parent en confinement.

La version « surprise » en cachant du colorant alimentaire dans le bicarbonate est ici.

Toujours bicarbonate et vinaigre pour le sable effervescent. De la patouille et ensuite, le « wouaou ».

Le bac sensoriel « fausse neige » plait toujours aux garçons après toutes ces années… Si vous avez mousse à raser et fécule de maïs, plus quelques playmobils adaptés, vous serez élus parents de l’année.

Le bac sensoriel du pôle Nord  est encore plus simple car sa base est en bicarbonate seul. Quelques morceaux de sucre pour construire un igloo et le tour est joué.

Retour à la mousse à raser avec les nuages en bocal. Perso je déteste l’odeur, mais que ne ferait-on pas pour amuser les enfants…

Alors ça c’est beau, et poétique à la fois : on met la mer en bouteille (et dans la mesure où on n’ira pas la voir de si tôt, ça ne se refuse pas).

Dans la même veine, 4 idées de bouteilles sensorielles, donc la nébuleuse en bocal.

Vous connaissez l’oobleck ? C’est GENIAL ! Avec de la fécule de maïs et de l’eau, vous allez pouvoir parler science, viscosité, mais surtout épater vos enfants. Ici on surkiffe.

Maïzena toujours avec les sacs sensoriels, idéaux pour les plus petits.

Le bac sensoriel riz coloré, très bien aussi pour les pitchounes qui apprennent à manipuler et transvaser.

Pour les petits cuistots, l’inratable gâteau au yaourt(ici en version multicolore mais nature il est parfait aussi). L’avantage pour les mouflets c’est que le pot de yaourt sert de mesure, il n’y a donc rien à peser. Reste plus qu’à trouver des oeufs.

Pour les plus grands, une tuerie de gâteau aux framboises. Marche très bien avec des fruits rouges surgelés (je dis ça pour ceux qui, comme moi, retrouvent des trésors au fond de leurs congélateurs).

Ça sera bientôt la saison des fraises et pour soutenir les producteurs français, il parait qu’il va falloir en manger un max. Pour nous pas de souci, on adooooore les fraises. Et en cas de besoin on recourra à ces idées faciles pour les préparer différemment.

La cuisine comme activité sensorielle : les mains dans la pâte et on fabrique de bons cookies aux flocons d’avoine.

Et puis pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir à domicile un animal (comme je me félicite d’avoir recueilli un chat à l’automne : ses bêtises et facéties occupent mes enfants une bonne partie de la journée), voici une idée qui séduira peut-être certains : un escargot de compagnie. Ceux qui ont un bout de terrasse ou un jardin en dénicheront sans peine à la prochaine pluie. Nous en ce moment on observe aussi beaucoup les fourmis.

Et puis aussi quelques idées pour grands :

Si vous êtes comme moi, que vous avez entrepris de ranger tous vos placards dès le début du confinement, je remets en lien cet article sur la conservation des médicaments(bon pour faire le tri dans l’armoire à pharmacie).

Si vous avez des envies de couture, et des chutes de tissu dont vous ne savez pas quoi faire, allez voir le DIY tapis d’activité pour bébé.

Je termine avec quelques liens vers des blogs/sites que j’aime beaucoup et qui regorgent de fabuleuses idées, à commencer par celui de mon amie Aurélie : Add Fun and Mix. Chez eux ils font l’école à la maison depuis des années et ils sont toujours pleins de beaux projets.

Sur Carpe Diem Educ vous trouverez des supports bien conçus, et il y a toujours quelques-uns en téléchargement gratuit.

Chez Elise Gravel vous trouverez des dessins à colorier, des affiches à partager…

Je remets le site de Lumni, que vous connaissez sans doute déjà mais qui regorge de supports pédagogiques.

Et puis sur Youtube aussi on trouve des merveilles, comme la chaîne e-penser, Nota bene., l’incontournable C’est pas sorcier...  Les garçons en ce moment ont une passion pour reigarw Comparisons, en anglais, qui donne des comparaisons en image.

Courage à tous, bises confinées, prenez soin de vous… et dites-moi si vous avez pu piocher ici quelques idées !

 

Comment devenir reine du hip hop à 40 ans

Spoiler : ce titre est un gros fake. J’ai même pas encore 40 ans. (39 et 10 mois c’est pas 40, ok ?)

Et en vrai, je ne suis pas une reine du hip hop non plus. En tout cas pas encore.

Parce que voyez-vous, mon souci, c’est que je danse avec un accent. J’ai compris ça mercredi soir, lors de mon premier cours de hip hop/afro/dancehall.

Déjà quand j’ai vu arriver le prof, tout en muscles lustrés, je me suis dit que je n’avais pas le physique.

Quand j’ai vu les autres élèves, collégiennes en survet’, je me suis dit que je n’avais ni l’âge ni le look.

Quand le prof a dit qu’il allait nous faire suer toute l’eau de notre corps, je me suis dit que j’allais en chier.

Quand il a dit « après l’échauffement on fait 30 minutes de freestyle, vous passez à tour de rôle dans le cercle pour que je voie votre niveau » je me suis dit que j’allais mourir.

Comme vous pouvez vous en douter dans la mesure où j’écris ces lignes, je ne suis pas décédée. Je peux donc vous confirmer que le ridicule ne tue pas. Parce que globalement pendant mon « freestyle » j’ai fait à peu près tout sauf ce à quoi ce cours est dédié : un peu de « je bouge mon booty en boîte de nuit », de vieilles réminiscences de modern-jazz, beaucoup de danse orientale. Vu mon état de stress j’aurais aussi bien pu enchainer sur mes souvenirs de danse classique. J’aurais pu. Une chance que le morceau « She don’t text/j’suis dans l’tieks » de DJ Flex ne s’y prêtait pas.

J’ai donc survécu au freestyle. Et on a enchaîné sur une heure de chorégraphie en style afro.

C’est là que j’ai compris le truc de l’accent.

Vous voyez quand on apprend une nouvelle langue ? D’abord on apprend des mots. Mur, wall ; pain, bread ; table, table ; jaune, yellow. Jusque là tout va bien. Puis on essaie de combiner les mots. Des phrases simples pour commencer : the bread is on the table, the wall is yellow. Ça va toujours. Et puis vient le moment où tu dois prendre la parole devant la classe. Et où tu t’aperçois que tu as un PUTAIN D’ACCENT DE MERDE. Ze brède ize on ze tébol, ouére ize ze feuking wol ?

Et bien laissez-moi vous dire qu’apprendre un nouveau style de danse, c’est EXACTEMENT la même chose. Je vois ce que fait le prof, je peux le reproduire. Pas du premier coup, mais je peux. Je peux même enchainer les pas. En transpirant beaucoup et au max de la concentration, mais je peux. Mais quand je me regarde dans le miroir : ce n’est absolument pas la même chose que ce qu’a montré le prof.

QUAND JE DANSE, J’AI UN PUTAIN D’ACCENT DE MERDE !

Voilà. De la même façon qu’on peut parler anglais, espagnol ou chinois avec l’accent français, j’annonce que je danse l’afro avec mon accent à moi. Rien à voir avec les langues ou le pays en l’occurence : c’est mon corps qui parle et il parle classico-orientalo-yoga. Et encore : il parle classico-orientalo-yoga-j’ai-presque-40-ans-et-trois-enfants. Un genre de patois, quoi. 

J’ai eu une grosse pensée pour Celeste Barber.

Et je m’en suis voulu d’avoir ricané, plus jeune, lors de mariages ou autres fêtes, des dames qui dansaient bizarrement. Je n’avais pas compris qu’elles aussi elles avaient un accent.

En plus c’est moi la dame maintenant.

MAIS BON. Je n’ai pas renoncé à partir en Italie, juste parce que je risquais d’avoir un accent pourri en baragouinant due bligliete con ascensore per favore. Je ne vais pas non plus me laisser intimider par mon accent de danse, si ?

Parce qu’il faut quand même que je dise : j’ai galéré, j’ai transpiré, je me suis vue en dame qui danse chelou dans le miroir, mais j’ai aussi eu la banane pendant une bonne partie du cours. Rien que de voir danser mon prof Davy, déjà, c’est le bonheur.

C’est lui, là :

Et puis pour une débutante je ne m’en suis pas si mal sortie. J’ai enrichi mon vocabulaire de danse, j’ai bougé, et plus que tout : j’ai kiffé. Je sais que je ne vais pas krumper d’ici la fin de l’année, que le popping n’est pas à ma portée, mais je dois pouvoir laisser sortir la Beyonce qui est moi.

bey

L’accent c’est comme tout, ça se travaille.

Dontiou sink ?

La bande originale de C’est encore loin, le bonheur ?

Aaaaaaah mais j’en ai mis du temps, à poster cette playlist ! Alors la voilà enfin  : c’est la B.O. du roman, les morceaux qui accompagnent chaque souvenir de Madie dans C’est encore loin, le bonheur ? Avec en prime quelques anecdotes sur leur choix, le pourquoi de leur présence dans le bouquin… Parce que non, les morceaux n’ont bien sûr pas été choisis au hasard. Je voulais que l’ambiance musicale colle à l’ambiance du flashback + que les paroles fasse écho au texte + que la chronologie soit respectée. Les titres sont donc toujours : soit de l’année du souvenir, soit antérieurs. Et si vous parlez anglais vous en profiterez encore mieux 😉 car j’ai souvent une préférence pour les titres anglophones, comme vous l’avez sans doute remarqué ! J’ajoute que ce sont tous des morceaux que j’aime, que j’ai écoutés, adorés, scandés, que j’écoute encore pour certains… bref c’est un peu de moi dans cette sélection aussi.

Alors montez le son et profitez de la balade, avec ou sans le livre sous les yeux, c’est que du bon !

On commence avec une question existentielle : je pars ou je reste ? J’ai hésité pour ce morceau d’ouverture, mais mon amie Delphine (ma beta lectrice number one, celle qui lit les chapitres au fur et à mesure) m’a soufflé cet incontournable. Comment ne pas y avoir pensé ? Il colle tellement bien à ce mélange de peur et d’excitation à la veille du départ de Madie.

La plage, le soleil couchant, un beau surfer… le début d’une histoire pour Madie. Et pour moi des souvenirs de la fac, de mes balades en skate avec mes pantalons baggies un peu pourris, les tentatives de coloration rose des cheveux, et les paillettes qu’on semait partout.

Gran, la grand-mère de Madie, n’a pas la langue dans sa poche. Et quand elle voit sa petite-fille stagner, elle lui dit en gros :  » T’attends quoi ? Bouge tes fesses ! ». J’adore Gwen Stefani et j’aime encore plus le fait qu’on retrouve dans le clip Alice et son Lapin blanc  que j’évoque d’ailleurs dans l’un des premiers chapitres.

Pour ceux qui ont lu la première version du roman, c’était ici le Whenever Wherever de Shakira qui résonnait sur la plage. Remplacée maintenant par cet hymne incontournable et joyeux des Beach Boys, une chanson qui parle de futur heureux, de rêves à deux. Idéal pour un flash-back où les protagonistes se projettent dans un avenir sans nuage.

Hello ? Is there anybody out there ? Ça vous est déjà arrivé de vous sentir comme anesthésié ? Dans votre vie de tous les jours ? Il ne se passe pas grand-chose, on pourrait même passer à côté de vraies beautés, mais dans le fond… c’est confortable…

Je suis la seule à avoir chanté cette chanson à tue-tête, à l’époque ?? Alicia Keys, quelle voix !

Le petit bonus avec cette chanson d’Alanis Morrissette, c’est qu’en plus de coller à ce passage du livre, elle parle d’Inde… ce que je n’avais pas du tout réalisé à l’époque de sa sortie.

Je ne pouvais pas laisser de côté les Beatles, qui sont et demeurent mon plus grand amour musical. J’ai d’ailleurs considéré, à un moment, ne mettre que des chansons des Beatles. Mais comme le film Accross the universe avait déjà fait ça merveilleusement, j’ai opté pour la diversité et offert aux fabulous four ce passage tout en douceur (et en sitar), ou Madie s’ouvre à nouveaux horizons.

J’ai hésité, ici, entre cette version et celle de Freddy Mercury. Finalement ce sont les Platters qui chantent dans ce souvenir car j’ai gardé Freddy et Queen pour un autre passage. Mais quel plaisir de voir ce clip, quelle élégance… Drôle de voir aussi comme ce titre est gai alors que les paroles sont si tristes. Alors Madie, on fait semblant ?

Je suis tombée amoureuse des Guns N’ Roses au collège. Ma copine Nathalie vendait Use Your Illusions 1 et 2. Je les ai achetés. Les ai écoutés en boucle pendant des mois. J’aurais aimé inclure dans le livre Civil War, ma préférée, mais celle-ci est géniale et colle si bien avec ce souvenir difficile.

Mais ouais, dans la vie faut pas s’en faire, c’est une évidence ! Je ne sais pas si vous avez comme moi le goût des vieilles chansons françaises… J’ai passé mon enfance à écouter Piaf, Brassens, Brel… et parfois un peu de Maurice Chevalier aussi ! D’où ce titre guilleret. Et je suis dingue de sa voix !

J’ai tellement de souvenirs attachés à ce titre. Des vacances, des soirées, et le film Charlies’s angels évidemment que j’ai vu quelques centaines de fois (au moins). Balancez-moi trois nanas badass et je suis aux anges. Vous avez vu le concert de Beyonce à Coachella l’année dernière ? (Il est sur Netflix. Il est canon). Dans le genre power woman, elle se pose là, Beyonce. Et dans le roman c’est Raphaëlle, la meilleure amie de Madie, qui représente cette féminité assumée, conquérante, cet empowerment féminin, même si elle a, elle aussi, ses moments de doute.

Une balade fort triste et jolie d’un groupe que j’adore : System of a down. Une formation californienne un peu inclassable, tendance rock progressif, des musiciens d’origine arménienne, avec de vrais bon morceaux qui déchirent, qui hurlent, et des riffs de guitare de foufou. Parce que ce n’est sans doute pas très visible dans le roman mais en vrai j’ai une passion pour le hard, le metal, le prog… Ici c’est soft, très mélancolique, et très adapté au souvenir de Madie. J’ai bien dû pleurer, moi aussi, sur ce morceau à un moment de ma vie. (mais écoutez aussi leurs autres titres, ça vaut le détour)

Qui parmi vous a eu sa période Portishead ?? J’étais au lycée, c’était à peu près en même temps que ma frénésie de Bjork, de Tricky, de trip hop en général… J’ai écouté Portishead durant des heures. J’ai chanté avec Beth Gibbons pendant des mois. J’adooooore Portishead. Rien que de relancer ce clip, ça me donne des frissons.

Un délice de mélancolie. Il y a quelque chose d’inimitable dans la voix de Phil Collins et cette chanson, avec ses paroles tellement évocatrices, représente parfaitement ce que ressent mon héroïne à ce point de sa relation. « Regarde-moi. Il n’y a que du vide ».

Un voyage scolaire au collège. Dans le car qui nous emmenait en Angleterre, il y avait la fan de Queen, la fan de Téléphone, et la fan de Police. Voilà comment on s’ouvre les oreilles : en découvrant ce que les autres aiment. On a échangé nos walkman, sans doute. Je devais avoir le dernier album de Michael Jackson dans le mien, je me souviens tellement bien l’avoir écouté en boucle. Dans celui de Nadège il y avait la voix de Freddy Mercury. On a chanté le Cendrillon de Aubert pendant une partie du trajet. Et puis Police, et Sting, même si je ne me souviens plus bien de qui l’avait. Le morceau que j’ai mis dans le roman date de l’année du flashback, il mêle les deux voix envoutantes de Sting et Craig Davis. Je le trouve magnifique.

Madonna… une autre icône. Même quand elle pique du Abba elle le fait bien. Ce morceau-là c’est l’appel de la danse, de la musique, de la vie. C’est Madie qui hésite et qui se décide à faire une petite chose pour elle. Elle tergiverse, évidemment (mais c’est un peu sa marque de fabrique, hein…). J’aurais dû lui écrire une robe rose pour l’occasion !

Je n’ai jamais vraiment pris le temps de me plonger dans Bob Dylan, je le ferai sans doute car les morceaux que je connais me touchent. Celui-là en fait partie. J’aime bien que ce clip montre des voies ferrées, ces rails qui se croisent, les embranchements, car c’est exactement ce que ressent Madie, ce que lui dit cet homme auquel elle renonce, aussi. La vie, ce sont des chemins qui se croisent, des décisions qu’on prend, des portes qu’on ferme… Mieux vaut ne pas trop ressasser ces choix…

Un de mes morceaux préférés du monde entier. Ella + Louis ! Je le trouve tout simplement PARFAIT. Il a une grâce, une élégance, une joie tranquille qui me donne le sourire à chaque fois. Non mais le talent, quoi !

La vie est marrante. Mon père avait emmené sa voiture au garage, j’était petite. Et dans la voiture de prêt qu’on lui a passée au garage, il y avait deux cassettes : un best of d’Elton John et une de Phil Collins. Voilà. Rien que le fait que je m’en souvienne, ça dit à quel point ces deux cassettes ont été importantes pour moi. Et ce clip, là, n’est-il pas mythique ? Pour Madie, c’est toute époque qui revit, une époque de joie avant un événement tragique. Proust avait sa madeleine, mais combien d’entre nous ont des morceaux comme déclencheurs de souvenirs ? Beaucoup, j’en suis sûre…

Ah ! De la musique française contemporaine, finalement ! J’aurais pu mettre Daft Punk aussi. Ou Justice. Ok, ils ne chantent pas en français… Dans ce flash-back Madie traverse un passage décisif. Elle attend une réponse, et quand elle arrive… et bien la chanson dit le reste.

Ça y est, ça chante en français ! Merci, tellement, à Cali pour cette chanson incroyablement dure et guillerette. Il faut bien du talent pour chanter le désamour et donner envie de danser en même temps.

Et voilà Queen : génialissime, fascinant, extraordinaire Queen. Vous avez vu le Biopic ? Ici c’est un souvenir particulièrement dur pour Madie, et ce morceau lourd, sombre, lui correspond parfaitement. Le spectacle continue, même si on s’y refuse au départ.

Dernier flash-back pour Madie, un souvenir de douceur et de tendresse. Joli et un peu triste, comme cette chanson. Qui va montrer ses vrais couleurs après ce passage ?

Voilà pour les souvenirs de Madie ! Mais je ne vais quand même pas vous laisser sans partager les morceaux que Madie écoute en Inde ! Voici donc en bonus :

la bande-annonce du film Neal’N’Nikki avec la chanson-titre… si vous vous souvenez, c’est le film que va voir Madie à Jaipur, celui qui choque les spectateurs locaux. Ceci dit cette pauvre Nikki est à moitié à poil tout le temps…

Musique et danse traditionnelle à Jaisalmer :

Encore de la musique du Rajashtan, ce qu’entend par exemple Madie lors du spectacle de danse à la Bagore ki Haveli d’Udaipur :

Mon coup de coeur : Dilbara, tiré du film Dhoom, sorti un an avant son voyage. Un carton monumental. À l’époque où j’étais en Inde, on entendait encore régulièrement ce morceau partout, sur les postes, dans les boutiques… Je l’ai même écouté en bateau sur un vieux transistor et c’est un souvenir mémorable. C’est tout Bollywood qui brille ici : les chansons impossibles à se sortir de la tête, les chorégraphies à mourir de rire, le jeu d’acteur imparable… j’adore. Prenez le temps de l’écouter, et si vous pouvez, regardez le film en entier !

Lors des Aarti, Mataji, les sâdhus et Madie psalmodient Aum. Je vous laisse savourer la beauté de cette syllabe sacrée :

Et voici le Hanuman Chalisa, chant qui raconte les exploits du dieu-singe Hanuman. C’est le genre de choses qu’on chante dans les ashrams, dans les temples… pour se remémorer ce passage du Ramayana. L’orchestration est moderne mais le texte date du XVIè siècle.

Un film que j’ai vu à Jaipur, que Madie a peut-être vu aussi dans la suite de son périple… Rang de basanti :

 

J’espère que vous avez aimé cette balade musicale, n’hésitez pas à me donner vos impression en commentaires !!

8 pics a week #81 (petits bonheurs normands)

Deux jours pour préparer les bagages. Concentration maximale pour ne pas oublier les gâteaux du goûter, les tubulures/poches/seringues de la poulette, les bottes en caoutchouc, le rab de médicaments au-cas-où-on-casserait-une-bouteille-sait-on-jamais, des torchons parce que « y’en a jamais assez dans les maisons Airbnb », les brosses à dents de tout le monde, et puis les brosses à cheveux, des habits (assez mais pas trop, mais quand même un peu plus, pourvu que ça rentre, et si je rajoutais ça ?). Négocier le nombre de doudous. Penser in extremis au chargeur de la pompe. Enfourner pêle-mêle les coussins, couvertures et veilleuse de la Mini. Ajouter discretos les cadeaux d’anniversaire du Petit. Rajouter du chocolat. Et du nougat. Du pop corn. Et les bougies ! Croiser les doigt pour que ce foutu foutoir rentre dans la voiture. Fermer la porte. Vérifier que la porte est bien fermée. Rouvrir, aller couper l’eau, refermer. Résister à l’envie de secouer la porte à nouveau. Descendre l’escalier vers le parking en essayant d’oublier les fenêtres, les volets, les lumières, les plaques de cuisson, la porte du frigo, toutes ces choses que je meurs d’envie de vérifier à nouveau. M’asseoir dans la voiture où tout mon petit monde est déjà installé, sanglé, excité.

Démarrer.

Rouler.

Et puis arriver.

Là où les immeubles ne barrent pas l’horizon. Loin de la ville, des bouchons, des obligations, des rendez-vous, de la course. Loin de tout et plus près de nous.

Oubliées, les portes à verrouiller. La propriétaire de la maison a dit « je ne serai pas là pour vous accueillir mais entrez directement. Je n’ai pas fermé « .

Oubliés, le calendrier, les horaires de classe ou de psychomot… Tout ce qui nous importait, c’était les marées.

Nous avons passé cinq jours à Veules-les-roses, en Normandie, sur la côte d’albâtre. Nous avons creusé dans le sable, empilé des galets, grimpé des falaises, cherché des crabes. Nous nous sommes fait des camarades de plage, de balançoire, de restau, d’expo.

On n’a peut-être pas assez dormi, trop mangé, j’avais oublié le savon de la Mini et le Petit s’est retrouvé à cours de chaussettes propres au bout de trois jours… mais qu’est-ce que c’était bien !

Alors pour ces jours normands il y a eu…

La mer, avec ses couleurs incroyables, surtout du haut de la falaise. Et même du soleil de temps en temps. 
Une épicerie assez étonnante, mais moins que sa vendeuse à la choucroute capillaire impressionnante.
Mille petits détails à découvrir, en levant les yeux, baissant la tête, au détour de ruelles, au coin de l’église, ou le long du plus petit fleuve de France. 
La plage, tous les matins, pour profiter de la marée basse et du sable découvert après les galets.
Et battre en retraite quand l’eau monte, engloutissant tunnels et châteaux, emportant une pelle, une chaussette, envahissant les bottes… 
Mes tentatives d’approcher les goélands (vaines)
La pêche aux coquillages avant de se faire tremper par une averse
La beauté de l’enfance : passer des heures à construire, patouiller, imaginer…  Et le plaisir que j’ai à les regarder faire. 

Il y a aussi eu des spécialités du coin et des pizzas, sept bougies soufflées, un plein seau de coquillages ramené, une belle rencontre avec une peintre locale, un marché coloré entre deux averses, une météo changeante mais qui nous a réservé de belles surprises, une invasion de fourmis, trois enfants dans une baignoire, une sublime église, des livres dévorés sous les plaids, une chasse au trésor sur mesure, du sable dans les poches, des museaux rosis par le vent…

Et puis on a rassemblé notre fatras, re-rempli les valises, dit au revoir à la maison aux murs colorés. On a tout remis dans la voiture : sacs, seaux, bottes et bagages. On a bouclé les ceintures, on avait encore du sable entre les orteils.

Au-dessus de l’A86, le ciel était tellement moins joli que là-bas.

On a ouvert la porte de l’appart, déversé notre bazar dans l’entrée, ouvert l’arrivée d’eau, mis les bottes à sécher, une machine à tourner. Une poignée de fourmis veulaises est sortie pendant qu’on déballait les tomates, les confitures, les coquillages, les doudous, les chaussettes salées, les médicaments en rab qu’on n’avait pas utilisés. On a trié, rangé, soupiré. Puis on s’est jetés sur le canapé. On s’est dit que c’était bien, un vrai canapé. Que c’est mieux, des chambres séparées. Qu’on était contents, un peu triste, presque épuisés.

Et qu’on avait hâte de remettre ça 😉

Le business de la culotte (sale)

Aujourd’hui, j’ai découvert un truc fascinant.

De bon matin, pendant que mon thé infuse, j’ouvre Instagram. Je jette un oeil aux notifications, je vois quelques nouveaux abonnés (hello !). Et puis un pseudo m’interpelle. Nous l’appellerons ici CEC_culottes_sales*. Donc comme je suis curieuse/encore un chouïa journaliste/attentive à ce qui touche à la condition féminine, je clique. J’atterris sur le compte de CEC_culottes_sales.

Ma tête à ce moment-là ?

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Des photos de culottes, de strings, de tangas. Plutôt « en situation » sur des fesses féminines. Une paire d’escarpins aussi, et une de seins. Puis une image qui dit : bienvenue sur CEC-Chiennes En Chaleur**, achetez et vendez des dessous usagés fraîchement portés.

Alors voilà, je sais bien qu’un certain nombre d’entre vous vont secouer la tête en disant « mais t’es complètement naïve, poulette ». Ben ok, je suis naÏve. Parce que découvrir comme ça, de bon matin, en attendant mon Earl Grey, qu’il existe un BUSINESS DES DESSOUS USAGÉS, ça m’a soufflée.

Donc il y a des nanas qui portent leurs culottes, puis qui les mettent direct dans une enveloppe et les envoient par la poste.

Vous imaginez que dans le courrier, là, à côté de vos factures, des chèques pour la cantine ou de la carte de voeu de Mamie, il y a des culottes ? Des culottes sales ? Des culottes qui vont être reçues par d’autres personnes ?? Non mais parce que… 1700 abonnés, la page ! Il y a 1700 personnes qui suivent ce compte où Lucinda poste une photo de son boule en tanga bleu nuit (60€), où une « jeune étudiante vous fait plaisir » en string rouge et noir pour 35€, où on peut acheter pour 20 billets seulement un slip porté pendant une séance de vélo.

Et là, je vais me répéter, mais :

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Une culotte portée pendant une séance de vélo ? Et pourquoi pas un tanga de rando ? Un boxer de marathon ? Une gaine d’équitation ? Non, pire : une culotte de fin de règles ! Ah pardon, il y en a. Et là, une minute de silence pour la dignité humaine.

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Bon. Passée la stupéfaction première, je m’interroge.

60€ le tanga de Lucinda ?

60€ mesdames et messieurs. Soixante fucking euros. Vous voyez tout ce qu’on peut faire avec 60 euros ? Et c’est même pas la pièce la plus chère. Alors bon, je suis naïve, c’est un fait. Mais je ne suis pas non plus complètement arriérée. Faut savoir vivre avec son temps. Je ne fais pas tellement de vélo, encore moins de rando, mais je porte des sous-vêtements quand même. Et du coup, en soufflant sur mon thé, je calcule. T’achètes un lot de 5 strings au marché, t’en as pour 10€ à peine. Tu les vends 60€ pièces. Bénef de 290 euros, les meufs. 290 euros ! (Je vous vois faire le calcul, froncez pas les sourcils j’ai bon).

Conclusion : Nous sommes littéralement assises sur une mine d’or !

money

Alors oui, d’accord, il faut les porter. Mais par exemple, tu peux très bien te trimballer avec dans ton sac pendant une semaine, et attester main sur le coeur l’avoir portée 7 jours (parce que oui, il faut savoir que la culotte portée à d’autant plus de valeur qu’elle a été portée longtemps et en continu) (j’ai quand même fait des recherches pour étayer cet article, voyez-vous). Évidemment, ça ne règle pas le problème de l’odeur (je ne vous ai pas dit ? Le truc important, visiblement, avec les dessous portés, c’est l’odeur). Ça ne règle pas non plus le problème de l’usure/salissure (oui parce qu’on est dans la poésie, mais en même temps vous vous attendiez à quoi en lisant un post sur les culottes sales ???). 

Bon, ok, no way.

never

Et en même temps…   D’accord, de prime abord, ça a l’air louche. Mais c’est parce qu’on a l’esprit mal tourné. Rien ne dit que ces braves personnes qui achètent des dessous sales ne sont pas -tout simplement- des accros à la lessive. Leur bonheur de laver excédant leur capacité à salir leur linge, ils se voient dans l’obligation de ratisser plus large. Ce qui expliquerait, au passage, les demandes de type « culotte avec traces de pipi/caca » (je vous avais prévenus). Ces personnes aiment les challenges, c’est tout.

pants

Qui suis-je pour juger les plaisirs des autres ?

Le seul truc qui me freine encore, finalement, ce sont les histoires de webcam… Paraitrait que certains voudraient voir les dessous portés avant de les recevoir par courrier. Mais je suis sûre qu’il y a une explication rationnelle. En fait, je crois que dans ce monde où les écrans remplacent le contact humain, chacun cherche à tisser du lien à sa façon. Et envoyer une culotte par la poste, en fin de compte, n’est-ce pas renouer avec cette longue tradition épistolaire, celle qui fit la gloire de notre littérature ? Apposer un timbre sur une culotte, c’est un peu faire revivre cet art ancien et magnifique, et redonner sens à ce sentiment délicieux et sublime : la joie de recevoir du courrier.

Vous l’aurez compris, je suis maintenant une convaincue.

J’ai fini mon thé, fouillé mes tiroirs et enfilé mes perles rares. Je vais même les porter toute la nuit. Et vu que je prévois un footing au matin, niveau odeur, on devrait être pas mal. Et demain, je collerai mon plus beau timbre sur mon cadeau, non sans avoir posté ma petite vidéo :

socks

Ben quoi ? Les chaussettes aussi sont des dessous !

 

PS : je plaisante, vous vous en doutez bien : je ne cours jamais le matin.

PS2 : en vrai, je ne me suis toujours pas remise de cette histoire. Mais c’est réel, c’est un vrai marché, et si vous tapez « business culottes sales » vous trouverez plein de références, apparemment ça a fait le buzz en 2016 (époque à laquelle je suis complètement passée à côté).

PS3 : l’image en Une est issue du jeu vidéo Panty party où on incarne… des culottes. Pour faire quoi, comment… je n’ai pas encore trouvé…

panties

*Faut pas déconner, je vais pas non plus leur faire de la pub.

** En vrai c’était autre chose mais relativement dans le même esprit délicat.

Les mots du handicap (et tout ce qu’ils ne disent pas)

La vie d’une personne handicapée est pleine de papiers, de formulaires, de courriers divers et variés. Il y a la CPAM et les demandes d’ALD. Les dossiers MDPH et leurs « projets de vie ». Il y a des certificats médicaux, des comptes-rendus, des attestations… et beaucoup de mots médicaux, souvent compliqués, rarement poétiques.

Par exemple pour la poulette, au fil des papiers, on trouve des tas de mots intéressants.

Encéphalopathie sévère. Ça, ça veut dire qu’il y a un truc qui cafouille au niveau du cerveau. Sévèrement, donc.

Leucodystrophie : maladies génétiques orphelines touchant la substance blanche dudit cerveau (alias : mais qu’est-ce qu’elle a, en vrai ? C’est pourquoi donc ce bordel ?)

Glaucome congénital : petits yeux forts jolis qui montent en pression, sans qu’on sache bien pourquoi. En corollaire dans notre cas : cécité, opérations, traitements. Autrement traduit par « elle n’y voit plus ».

Tétraparésie spastique : bras et jambes qui ne font pas exactement ce qu’on attend d’eux. Ce n’est pas une paralysie, plutôt une diminution des capacités, ici causée par la spasticité (cad une contraction exagérée des muscles). En clair, elle est tendue, la poupoule. Tout le temps, trop. Ce qui l’empêche de bouger comme elle voudrait.

Nutrition entérale à domicile sur gastrostomie : la demoiselle ne mange pas par la bouche, elle est alimentée par un dispositif qui va directement dans son estomac. Avec un petit bouton sur le bidon façon bouée gonflable, si vous voyez l’image.

Grabataire. Alors j’avoue, celui-là pique un peu vu qu’en général cet adjectif s’applique à des personnes âgées. Mais grabataire veut dire « qui ne peut quitter son lit » donc dans la mesure où la Douce ne peut ni s’asseoir, ni se lever, et encore moins marcher… ben ça pique mais c’est pertinent.

Polyhandicap. C’est assez explicite : il y a plusieurs déficiences ou incapacités cumulées. Un peu de ci, un peu de ça. Beaucoup de tout.

Appareillage. Ou comment notre Mini chouchou se transforme assez régulièrement en Robocop (option paillettes roses).

Alors voilà. Des mots, plein de mots qui décrivent des déficits, des manques, des problèmes, des handicaps. Des mots effrayants aussi, qui font froncer les sourcils ou mouiller les yeux.

Je le comprends. Si je vous dis « ma fille ne parle pas, ne marche pas, ne mange pas par la bouche, ne maîtrise pas tout à fait ses mouvements, ne voit plus, etc », vous allez peut-être vous dire que c’est la cata. Parce qu’au final, tous ces mots définissent par la négative, ils disent ce qui ne marche pas, ne marche plus, vous manquerait si vous ne l’aviez plus.Mais ils tracent -en creux- un portrait bien incomplet.

Parce que vous savez ce qui n’apparait pas, dans ces mots ? Tout le reste.

Par exemple, ça ne dit que notre fille communique, à longueur de journée, avec ses mimiques, ses rires, ses pleurs et ses quelques mots. Ça ne dit pas ses sourires ravis le matin, quand on arrive près d’elle et qu’elle est déjà réveillée. Ça ne dit pas ses « areu » aux mille significations : joyeux, fâché, impatient, hilare… Ça ne dit pas ses appels insistants la nuit, quand une couche mouillée la gêne ou que l’ennui la gagne.  Ça ne dit pas ses gloussements de joie quand on la porte pour descendre un escalier ou qu’on la fait sauter sur nos genoux, quand ses frères jouent avec elle, quand la poussette roule sur des pavés, quand on masse ses petits pieds.

Ça ne dit pas que notre fille est tendre, la façon qu’elle a de se caler dans mon cou quand je la porte dans mes bras, d’enfouir son museau dans mon pull à la recherche de la chaleur et du réconfort. Ça ne saurait décrire son abandon pendant les longs, très longs câlins, et cette façon de se détendre totalement pour peu qu’on chatouille la zone appropriée.

Ça ne dit pas non plus comme elle est drôle, comme elle nous fait mourir de rire par moments avec sa frimousse déterminée et ses causeries de fin de soirée. Ça ne dit rien de son amour de la musique, de ses chansons préférées -celles qui, dès la première note, lui font ouvrir grand les yeux, tendre les bras, gazouiller à n’en plus finir-.

Tous ces mots de certificats, ces mots efficaces et précis, ne sauraient décrire sa force et son courage. Sa patience et sa résilience. Ils ne disent pas non plus la douceur de sa peau, le soyeux de ses cheveux, la couleur extraordinaire de ses yeux qui ne voient plus mais cherchent la lumière et semblent, parfois, se poser sur nous avec tendresse et attention.

Il y a les mots du handicap, et il y a tout le reste. La vie d’une petite fille de quatre ans qui ne grandit pas comme les autres mais qui grandit, tout de même. Qui affirme ses goûts, qui transmet ses joies et ses peines avec une sincérité totale. Il y a une infinité de choses belles et riches qui se cachent derrière ces paupières au longs cils, dans ce petit cerveau qu’on dit malade, dans ce petit coeur que j’écoute battre, souvent, derrière la peau fine et les robes colorées.

Il y a les mots et il y a le reste, tout ce que les formulaires ne sauront jamais prendre en compte.

Il y a l’amour, surtout. Celui qu’on lui porte, tous. Celui qu’elle nous donne, nous inspire, nous rend, nous insuffle. Quinze kilos de poupoule, mais combien de tonnes d’amour ?

8 pics a week #80 (le printemps des possibles)

Pourtant je le sais, hein. Je sais bien qu’après l’hiver vient le printemps. Je le sais, j’en suis sûre, aussi sûre que mon Petit quand il récite les saisons. Et pourtant, ça me surprend à chaque fois. Balancez-moi une jonquille, trois primevères et un carré de ciel bleu, et je vais m’extasier pendant trois heures. Incroyable ! Des feuilles, des fleurs, des pousses et des bourgeons ! C’est comme un miracle, une récompense inespérée, une nouveauté exceptionnelle, le truc le plus fou que la Terre ait jamais vu. Le printemps.

Alors voilà : je le sais, mais chaque année je redécouvre, avec jubilation. Le pommier qui reprend vie. Le romarin qui se pare de bleu et les premières abeilles qui viennent l’explorer. Les petites plantes, sur la terrasse, qu’on croyait gelées, perdues, et qui ressuscitent. Les rues qui s’éclairent. Les branches qui prennent un mètre, d’un coup. Le soleil qui, à nouveau, se glisse dans le salon l’après-midi. Les pruniers qui se couvrent de pétales roses ou blancs, sur le chemin de l’école… Et les fraises, les premières gariguettes qu’on croque en faisant un voeu…

Peut-être que j’ai la mémoire courte. Peut-être que l’hiver me parait si long que j’en oublie qu’il a une fin. Ou peut-être que le printemps, avec sa folie et son foisonnement, est juste trop beau pour que je m’en souvienne complètement d’une année à l’autre. Trop sublime pour que les photos, celles qu’on regarde avec nostalgie au coeur de l’hiver, lui rendent justice.

Bref c’est le printemps, et comme chaque année j’ai le sentiment de recevoir un cadeau inestimable. Doublé cette année d’un autre cadeau :  la parution de mon roman. Ça aussi, c’est une sacrée surprise. Pourtant je le sais, depuis un bon moment, mais penser que mercredi mon livre ira se poser sur les étagères des librairies ne cesse de m’émerveiller. Finalement, je dois avoir la mémoire très courte. Très TRÈs courte. Ou c’est juste tellement beau que je n’arrive pas à y croire.

Re-bref, place aux petits bonheurs qui sentent bon les explorations en famille, les sorties au soleil et les sourires des mouflets :

Le ciel bleu, si bleu, se reflétant dans la Géode à la Villette. Bonheur d’une sortie avec les garçons et des camarades à la Cité des sciences. 
Expo « Cabanes » à la Cité des Sciences et de l’Industrie. Les garçons ont aimé construire, déconstruire, explorer… Ma préférence est allée à celle-ci : une cabane tout en livres ! Sinon l’expo Cerveau (permanente) est top !
On a fait des crêpes. Au moins 4 fois. Et ceci est une création originale du Petit : la crêpe pigeon. 
Voilà. Donc ça sur le chemin de l’école. Et moi en dessous, en train de me contorsionner pour trouver le meilleur angle, et de rire de tant de douceur, de beauté, de rose et de bleu. 
On a vu nos premiers papillons de l’année, et on a eu envie d’en peindre aussi. 
Juste en levant les yeux… 
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Nous avons couru hier à l’expo Toutankhamon à la Villette. C’était beau. (et j’aimerais bien que les spécialistes se mettent d’accord sur qui était sa maman, parce que ça finit par m’embrouiller, cette affaire). 
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Et pour finir, j’ai replongé avec délice dans mes photos d’Inde. Elles m’ont beaucoup servi lors de l’écriture du roman, pour raviver les souvenirs et construire l’itinéraire de Madie, mon héroïne… J’en partagerai dans les semaines à venir sur mon compte Instagram. 

Voilà pour aujourd’hui, pour ce mois de mars plein de surprises et de renouveau… Sur ce je vous laisse, j’ai un jasmin à rempoter 😉

J-13 !!

Mon roman sortira le 27 mars et je me sens… Je ne sais pas trop quel mot on pourrait trouver pour décrire ça, en fait.

C’est un mélange de peur, d’excitation, de « advienne que pourra » suivi de « et si personne ne l’aime ? ». Il y a la joie de voir un vieux rêve prendre corps, le petit frisson à l’idée de le voir en librairie, la grosse frousse de faire un flop, un certain calme en me disant que j’ai fait de mon mieux. Les émotions s’enchaînent, se recouvrent, se mélangent un peu. Je suis exciflippée. Ou angoissereine. Détachémotive aussi. 

Mon chéri, dans sa grande sagesse, avait dit quand j’avais auto-édité le roman sur Amazon quelque chose du genre : « Si ton livre fait du bien ne serait-ce qu’à une personne, tu auras déjà accompli quelque chose d’important ». Alors je continue à me répéter ça (et je me félicite à chaque fois de l’avoir épousé, aussi).

Sinon où en est-on à J-13 ?

Le roman est imprimé, j’en ai reçu un carton à la maison (ce qui est très cool et utile pour l’envoyer à mes grands-mères, mes amis en Inde, tout ça).

Je n’ai aucune idée de combien de librairies ont passé commande. Je pense assez peu dans la mesure où c’est un premier roman. MAIS a priori il sera toujours possible de demander, dans n’importe quelle librairie, de le commander.

Il est déjà en précommande sur les sites de vente en ligne du genre Fnac, Cultura, Amazon etc. en version papier ET numérique.

Je suis allée voir les libraires de ma ville et LE ROMAN SERA EN RAYON CHEZ EUX ! Ce qui veut dire que quand je passerai avec ma poussette et mes mouflets devant, j’aurai peut-être une chance de l’apercevoir en vitrine, ce qui me colle des papillons à chaque fois que j’y pense. Et qui fait bien marrer les garçons aussi.

Un des libraires m’a proposé une séance de dédicaces, ce qui me terrifenthousiasme beaucoup. Je vais tâcher de trouver les plus beaux stylos à paillettes pour l’occasion, et il n’est pas impossible que je me prépare des antisèches de phrases drôles, spirituelles ou juste grammaticalement correctes pour pallier aux bugs cérébraux que je sens déjà poindre. C’est ça ou j’apprends à dessiner. (Je vais continuer à compiler des citations.)

Je lutte assez fréquemment contre l’envie de dire à tout le monde « j’ai écrit un livre et il va être publié ! ». Je n’écarte pas totalement la possibilité de faire floquer un t-shirt avec ce message avant le jour J.

Je lutte tout autant contre la peur qui m’empêche de répondre quand on me demande « et toi, quoi de neuf ? » . Du coup le t-shirt me semble encore plus une bonne idée. Très pratique pour les extravertimides dans mon genre.

Je suis assez tiraillée entre l’envie d’en parler un max sur les réseaux sociaux, quitte à saouler tout le monde, et celle de laisser les choses suivre leur cours naturellement. Un peu réservégocentrique, en somme.

Bref c’est une période chouette et effrayante à la fois, et pour la peine je vous mets une image de chouette effraie. Vous l’avez bien méritée.

Chouette-effraie-02-Chouette-et-hibou.fr_

Je termine avec la couv :

La 4ème : 

Et je file chercher mes mouflets à l’école !

 

Ma contribution au débat Anne Ratier

Alors j’ai vu la vidéo. Celle de la mère qui dit avoir « offert la mort » à son enfant de trois ans polyhandicapé. J’ai vu la vidéo et j’ai été atterrée, blessée, choquée, heurtée… elle m’a mise en colère, cette vidéo. Les commentaires sous la vidéo m’ont encore plus attristée. Et je me suis dit que si une partie de la population estime qu’Anne Ratier a fait preuve d’un courage exemplaire en tuant son fils, il fallait que je dise quelque chose. Moi la maman d’une petite fille polyhandicapée.

Parce qu’elle explique quoi, cette dame, dans la vidéo ?

Qu’elle a pilé des comprimés de neuroleptiques et les a fait avaler à son fils de trois ans, pour le tuer, parce qu’il était polyhandicapé et que la vie ne lui réservait rien de bon. Que « ce n’était pas une vie ». Mais c’était quoi, la vie de son fils ?

Il était lourdement handicapé. Ma fille aussi.

Il ne parlait pas. Ma fille non plus.

Il ne marchait pas. Ma fille non plus.

Il ne pouvait pas manger. Ma fille non plus.

Elle faisait tout avec lui. Moi aussi.

Elle avait peur qu’il meure. Moi aussi.

Je connais le quotidien d’une maman d’enfant différent. Je sais la douleur et l’angoisse. J’ai vu ma fille se mordre la langue, à l’époque où elle arrivait encore à prendre le biberon, au point de saigner. Je sais que si elle vomit, elle n’aura pas le réflexe de tourner la tête pour ne pas s’étouffer. Je sais que si elle se retrouve avec un oreiller sur la tête, elle n’aura pas l’idée de le retirer. Je guette, moi aussi. Je ne suis jamais loin. Nous sommes quatre dans cette famille à veiller sur elle en permanence.

Et oui, ça peut sembler dur, comme vie. Pour elle, pour nous. Quand j’explique la maladie de ma fille, j’entends parfois « c’est horrible », « quel courage », « je ne sais pas comment vous faites ». Parce que les gens imaginent des choses, ils se projettent, ils se voient comme ça et ils ont peur. Pourtant ce n’est pas horrible. C’est juste différent.

Mais vous savez ce qui m’a vraiment terrassée dans cette vidéo ? C’est quand la mère dit qu’il n’y avait pas de communication avec son fils. Qu’elle l’avait cru un temps, parce que quand elle le lançait en l’air il riait. Mais que le médecin lui avait prouvé le contraire : lui aussi faisait rire le petit garçon en le lançant en l’air. Elle en a déduit qu’il ne la reconnaissait pas. Comme si ça pouvait suffire à expliquer son geste.

Mais son enfant riait. Son enfant riait, bordel ! On le lançait en l’air et il riait, parce que ça lui était agréable.

Qu’est-ce qu’on en a à foutre de qui le faisait rire ? Qu’est-ce que ça peut bien faire ? Il riait !

Les commentaires, sous la vidéo, soulignent le courage d’une mère qui a mis fin à la vie d’un enfant en état végétatif. Mais un enfant qui rit n’est pas un légume. Un enfant qui rit, c’est un enfant qui exprime son plaisir.

Alors je ne vais pas juger cette dame. Je n’étais pas dans ses baskets. Je n’ai pas lu son livre. Je me base uniquement sur la vidéo de Konbini, comme tous ceux qui ont réagi sur les réseaux sociaux. Peut-être qu’elle était à bout. Elle était sûrement mal accompagnée et, au vu de la réaction de ce putain de médecin, mal conseillée. Et peut-être bien qu’elle est persuadée, comme elle le clame, que c’était la bonne chose à faire. Mais entendons-nous bien : c’est elle qui dit qu’elle devait « déclarer forfait ». Pas lui. C’est elle qui n’en pouvait plus, pas lui. Je ne vais pas juger mais je dois dire ça : n’évaluez pas la vie d’un enfant handicapé à l’aune de votre propre vie. N’imaginez pas qu’une vie différente de la votre a moins de valeur.

J’ai lu des commentaires qui disaient « personne ne voudrait avoir cette vie », « si j’étais dans cet état, je préfèrerais qu’on y mette fin ». J’ai lu des commentaires évoquant la dignité, le droit à mourir. Anne Ratier parle de ça aussi, d’ailleurs. Si elle avait un accident, si elle se retrouvait dans l’état de son fils, elle dit qu’elle aimerait qu’on ait de la compassion pour elle et qu’on abrège sa vie. Elle dit vouloir réouvrir le débat sur l’euthanasie. Mais ça n’a rien à voir. Cet enfant était un enfant. Un enfant qui riait. Pas un légume, pas une personne en mort cérébrale. Ni un adulte en fin de vie qui a expressément demandé à mourir. 

Personne ne voudrait cette vie ? Je ne peux pas parler pour Frédéric Ratier, mais en ce qui concerne ma fille, ma douce et jolie petite fille de quatre ans polyhandicapée, c’est une vie imparfaite (comme toutes) mais une belle vie. Elle est heureuse, ma fille. Pas à tous les instants, bien sûr. Elle a dû subir plusieurs opérations, elle a perdu la vue, elle a des soins quotidiens, des rendez-vous médicaux à n’en plus finir. Mais c’est sa vie. Et sa vie est aussi pleine de douceur, de câlins, de baisers, de chansons et de rires. Sa vie est pleine d’amour. Tout le monde ne peut pas en dire autant.

Et puis il y a le journaliste qui interviewe. Celui qui ne tique pas quand elle parle du rire de son enfant. Celui qui n’objecte à un aucun moment. Qui ne relève aucune des incohérences et approximations. Je dois quand même rappeler, puisqu’il ne l’a pas fait, que quand on ne peut pas manger par la bouche, il existe d’autres solutions (notre fille, par exemple, a été nourrie par sonde puis par gastrostomie). Que placer son enfant en centre n’est pas obligatoire. Que la solution si les institutions sont indignes, ce n’est pas de tuer son enfant mais de se battre pour améliorer les conditions de prise en charge. Que l’épilepsie se traite (et pas seulement depuis hier).

Et puis ce moment ou l’intervieweur glisse que dans certains milieux, croyants notamment, son geste peut ne pas passer. Comme s’il était besoin d’être croyant pour s’indigner de ce meurtre. Comme s’il y avait d’un côté les conservateurs, les réacs, et de l’autre les gens bien, les modernes, les compatissants, ceux qui comprendront son geste. Là encore, c’est un faux débat.

Je n’ai aucune leçon à donner, aucun dogme à imposer. Seulement notre exemple à partager. On peut être un enfant polyhandicapé qui ne marchera pas, ne parlera jamais, qui n’ira jamais à l’école et passera sa vie en fauteuil roulant, et avoir une belle vie quand même.

J’ai vu des commentaires du genre « je ne suis pas dans sa situation mais je crois que je ferais comme elle ». Parce que le handicap est méconnu, parce qu’il fait peur. Parce que, une fois encore, la personne valide imagine tout un tas de chose, se projette et s’imagine diminué. Imagine son enfant différent. Personne ne souhaite donner le jour à un enfant handicapé. Je le comprends. Quand nous avons appris pour notre fille, j’ai cru que mon monde s’écroulait. Mais voilà : aujourd’hui, nous sommes heureux. Tous. Elle et nous. Et ma fille a beau être polyhandicapée, sa vie compte.

Alors nous ne savons pas si elle sera longue, sa vie, mais on fera tout, toujours, pour qu’elle soit belle. Où qu’elle aille, quoiqu’elle fasse, on sera avec elle. On se battra pour elle. Et on continuera à partager nos petits bonheurs, ne serait-ce que pour rappeler ceci : une vie différente a autant de valeur qu’une vie « normale ». 

L’âge adulte, ou la fin de la procrastination

En faisant du rangement dans le blog, je suis retombée sur un brouillon d’article. J’y parlais de l’âge adulte, de ce que ça représente pour moi. Et au terme d’un long et fascinant débat avec moi-même, j’aboutissais à la conclusion que l’adultitude, ça devait plus ou moins correspondre au fait de savoir hiérarchiser ses priorités, accepter ses responsabilités, et surtout arrêter de procrastiner.

J’étais bien contente de moi, dans ce petit article. Du linge que je ne laissais plus traîner, de la vaisselle que je ne laissais plus s’empiler, de la déclaration d’impôts que je m’empressais d’expédier, bref de ma merveilleuse capacité à ne plus remettre au lendemain ce que je pouvais faire illico.

L’article commençait par « j’ai 35 ans ». J’en ai 39 maintenant. Voilà voilà.

Mais je posterai cet article un jour, hein. Faut juste que je le finisse. Ça et la vaisselle.