Manuel de survie à l’usage des jeunes parents

L’autre jour, au détour d’une vente réalisée via un site bien connu de petites annonces gratuites, j’ai croisé un tout jeune papa. Entendez le papa d’un tout jeune bébé. Une semaine en l’occurrence. Un peu décalqué, quoiqu’encore capable d’aligner des phrases cohérentes, il m’a dit brièvement leur fatigue, leur envie de jeter le marmot par la fenêtre, ses pleurs incessants et les conseils bienveillants de l’entourage qui les invitait justement à le laisser brailler.

Une grande compassion m’a envahie : je me souviens tellement de l’état d’épuisement dans lequel j’était après la naissance de Grand Mouflet (je dis « j’étais » parce que Cher&Tendre a bien mieux encaissé le choc que moi). De l’alternance de phases d’admiration béate et d’abattement profond face à ce minuscule être qui prenait tout l’espace et tout le temps. En un mot, j’étais totalement désemparée.

Donc, pour ce couple de jeunes parents, et pour tous ceux qui se sentent quelque part entre « un peu perdus » et « en plein désarroi » à l’arrivée de leur premier enfant, voici une liste de 10 commandements à garder à l’esprit.

1 : quand ton enfant dort, tu dormiras

Parce que la fatigue rend tout plus difficile, il est primordial de pioncer dès que possible. Surtout pour la maman qui a enquillé grossesse et accouchement et surtout surtout si elle allaite (et est donc d’office celle qui se lève pour les repas nocturnes).  Donc oubliez les notions de jour et de nuit, au moins les premières semaines. Votre bébé n’a pas de rythme pour le moment, faites comme lui et dormez dès qu’il dort.

2 : indulgent avec toi-même tu seras

La maison clean et bien rangée, le linge repassé, les repas faits maison… oubliez vos standards habituels et croyez-moi, si vous arrivez à vous doucher à peu près tous les jours, à manger autre chose que des chips et à trouver un t-shirt propre dans votre placard, c’est que vous êtes déjà au top de l’organisation. Mettez un peu de côté les choses que vous pensez devoir faire mais qui en fait sont loin d’être indispensables (du style envoyer des faire-parts de naissance ou shampooiner les tapis) et reportez-vous au point 1.

3 : Chez Picard des stocks tu feras

Idéalement, ce serait même « dès avant la naissance, en prévision, ton congélateur tu rempliras » histoire de se simplifier un maximum la vie sans être obligé de recourir systématiquement au chinois du coin ou au livreur de pizza. Alors oui, les plats préparés c’est le mal, mais souvenez-vous du point 2, dites-vous que c’est moins pire que d’aller tous les midis chez Ronald, et si vous n’avez pas fait les courses avant, reportez-vous au point 8.

4 : les fâcheux hors de chez toi tu bouteras

Bien sur qu’on est ravis de présenter la merveille à la famille et aux amis. Evidemment que la joie et l’émotion sur leurs visages vaut bien un peu de fatigue supplémentaire. Mais quand la copine débarque avec ses trois gamins insupportables, quand le cousin profite de la naissance pour venir se faire un week-end à la ville ou quand la famille passe la journée à squatter le salon, on est en droit d’avoir envie de les foutre dehors. Ça semble même indispensable. Le plus sur est donc de prévenir en amont : « bien sur, quelle joie ça sera de vous voir… par contre pas trop longtemps, on est tous claqués ». Et si vous pouvez, demandez-leur de faire quelques courses, au passage (voir point 8).

5 : les (trop) nombreux conseils tu ignoreras

Quand il s’agit de bébés, ou d’enfants d’ailleurs, les gens ont parfois tendance à donner leur avis sans qu’on le leur demande. Parce qu’ils ont une expérience dont  vous êtes encore dépourvus, et parce qu’ils sont pleins de bonnes intentions, il est donc probable que vos proches et moins proches vous abreuvent de leur sagesse (comme je le fais en ce moment, tiens). Vous n’êtes pas obligés de les écouter (ni de les lire). Et encore moins de faire comme ils disent (mais moi j’ai quand même souvent raison). Et même si vous simulez un endormissement pendant la conversation, vous ne serez pas obligés de les entendre (je vais arrêter avec les parenthèses).

6 : pleurer, ton enfant tu ne laisseras pas

Comme vu au point 5, vous faites bien comme vous voulez. Mais je vous le dis quand même, et ça vaut ce que ça vaut : chez nous, on ne laisse pas les bébés pleurer. Pas les tout-petits en tout cas. On est partis du principe qu’un nouveau-né ou un nourrisson ne fait pas de caprice, que s’il pleure c’est parce qu’il a faim, froid, soif, peur ou je ne sais quoi d’autre de désagréable. Il nous a donc semblé préférable de répondre systématiquement et rapidement aux pleurs de nos mouflets, histoire de leur indiquer que leurs besoins étaient entendus. Le début de la communication, quoi. Par ailleurs, quand ton bébé pleure, tu ne dors pas. Donc plutôt somnoler avec un bébé calme dans les bras (quitte à mettre un matelas par terre pour être sur que personne ne tombe) plutôt que de friser la crise de nerf avec un bébé qui hurle dans son lit. Non ?

7 : pleurer, ton enfant tu laisseras

Si si. Parfois. Parce que voir point 2. Parce que de temps à autres on est tellement fatigué, épuisé, saoulé, désemparé, qu’on regarde son enfant et on a envie au mieux de le mettre en vente sur e-bay et au  pire de le passer par la fenêtre. Parce que même les meilleurs parents ont parfois été tellement exaspéré qu’ils ont eu envie de faire un truc pas cool à leur bébé. Et dans ces cas-là, il n’a rien d’autre à faire que de le mettre dans son lit et d’aller s’aérer la tête 5 minutes, le temps de se calmer. 5 minutes pour redescendre en pression. En général c’est même assez pour commencer à culpabiliser de l’avoir laissé et repartir plein de tendresse vers le petit tyran. Et ouais.

8 : de l’aide tu demanderas

Pour les courses, le linge, le ménage, mitonner un bon petit plat (ça changera du Picard), voire  garder le mouflet quelques heures pour les plus aventureux… Souvenez-vous du point 2 et n’hésitez pas à mettre amis et famille à contribution. S’ils ne vous ont pas proposé spontanément leur aide, c’est peut-être qu’ils n’osent pas, ne savent pas ou ne se souviennent pas  comme c’est fatigant et prenant, un nouveau-né. Soyez sympa, laissez-leur l’opportunité de vous faire du bien. En plus ça peut être un bon moyen de réussir le point 4.

9 : de l’aide tu demanderas (bis)

Parfois ce n’est pas d’aide ménagère dont on a besoin, mais d’aide à la parentalité ou de soutien psychologique voire médical. Et dans ce cas-là, le premier recours est la PMI. On peut trouver les adresses en ligne et y rencontrer des puéricultrices, des médecins, des psychologues… qui au besoin pourront orienter vers d’autres structures. Si vous avez l’impression de ne pas vous en sortir, ce qui n’a rien de honteux vu le chamboulement que représente l’arrivée d’un bébé, reportez-vous au point 2 et faites-vous aider !

10 : de sources sures tu t’inspireras

Vous savez, quand vous flippez pour un bouton bizarre que vous avez dans le cou, que vous allez sur un forum santé sur le net pour en savoir plus et que vous en ressortez persuadé d’avoir un cancer incurable ? Ben ça, vous risquez de le vivre en 10 fois pire avec votre bébé. D’où l’intérêt de choisir ses références. Bouquins, amis avec enfants, ou sites internet, l’essentiel est que les infos soient fiables et compréhensibles. On peut trouver de très bons conseils sur les forums de parents (et sur les supers blogs de parents !), mais aussi des bêtises sans nom. Dans le doute, plutôt que d’écouter votre voisine madame Michu (souvenez-vous, point 5) appelez la PMI ou votre médecin/pédiatre.

Alors, on gère ou pas ?

Woooh trop forts !

Woooh trop forts !

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