Le monde merveilleux de l’éducation nationale, round 2 : la fête des mères

J’ai d’excellents souvenirs de fête des mères. Du moins j’ai d’excellents souvenirs de la fabrication des cadeaux de fête des mères, et du moment où, petite fille émue, je les offrais avec dévotion à ma mère.

Je me souviens parfaitement du panier en osier fabriqué en CM2, des joncs que l’on faisait tremper dans la classe avant de les tresser, et de ma fierté devant l’objet fini. Un genre de plat pas du tout plat, avec deux poignées asymétriques, qui a atterri dans le jardin et  a mis des années à s’y décomposer, accueillant au fil des saisons des pots de plantes aromatiques, des récoltes de fleurs ou des jouets égarés. Faut dire que l’osier c’est résistant. Et en plus on l’avait verni.

Que dire de la boîte à camembert/boîte à bijoux, des poèmes plus ou moins originaux calligraphiés la langue tirée, des paniers de bonbons et autres maniques brodées, ou encore des cadeaux de mon petit frère : empreintes de main en pâte à sel, bouteilles de coca recouvertes d’argile et de grains de café (ne me demandez pas à quoi pouvait servir celui-là, 30 ans après on se le demande encore), dessins appliqués et premiers mots recopiés…

Si je m’en souviens si bien, c’est parce que c’était important, la fête des mères. On préparait quelque chose de spécial, c’était un secret et c’était pour notre maman. Elle se moquait régulièrement de nos créations et avait une facheuse tendance à les faire disparaitre (pas tellement le genre à exposer un coquetier fait en rouleaux de papier toilette, ma mère, voyez) mais elle avait au moins la gentillesse de s’extasier sur le moment, ce qui nous remplissait de joie.

Donc je dois dire que la fête des mères a une saveur particulière pour moi, et que j’attendais avec impatience que Grand Mouflet entre à l’école et me fabrique quelque chose de ses jolies mimines.

Ces dernières semaines, j’ai essayé de le cuisiner un peu. Pas trop, parce que je ne voulais pas non plus qu’il me dévoile tout… Non, j’ai juste demandé innocemment (et de façon répétée) si à l’école ils fabriquaient quelque chose pour la fête des mamans. J’ai eu autant de réponses différentes que de fois où j’ai demandé. La vérité est un concept fluctuant, à trois ans.

Vendredi dernier je m’attendais à voir un paquet, une enveloppe, un bout de bolduc dépassant de son sac à dos. Rien. Pas une once de papier crépon, pas un gramme de pâte à sel, que dalle, nada, ouallou.

J’ai profité de la fête des voisins pour interroger les autres mamans de maternelles de la résidence, et là il a bien fallu se rendre à l’évidence : sur mon premier collier de nouilles, j’allais devoir m’asseoir.

L’école de mon fils ne fait rien pour la fête des mères.

Que dalle, nada, ouallou. Jamais, dans aucune classe.

« Parce qu’il y a des enfants qui n’ont pas de maman« .

Et là je vous le demande, parce que moi je suis novice en parent d’élève et que vu que je suis un peu fumasse il est possible que je ne sois pas tout à fait objective : ça vous semble normal/habituel ?

Non parce que d’accord, certains enfants n’ont pas de maman. Mais dans toutes les classes de cette école, toutes les années ? Et même si c’était le cas, il y a quand même des chances qu’ils aient un papa, une grand-mère, quelqu’un, non ? A ma connaissance, les enfants de 3 à 6 ans qui vivent seul, c’est assez rare.

Et puis si on veut être cohérent, dans ce cas, pourquoi préparer quelque chose pour Noël alors qu’il y a plein de petits nenfants dans cette école qui ne fêtent pas Noël ?

Ou comme dirait ma copine Irène : « Pourquoi faire sport alors qu’il y a des enfants qui n’ont pas de pieds ? »

Ôtez-moi d’un doute, cette école, elle est bizarre ou bien ?

bbt sheldon

 

 

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4 réflexions sur “Le monde merveilleux de l’éducation nationale, round 2 : la fête des mères

  1. En même temps perso j’ai eu droit à
    Maman
    Quand tu es en colère
    Je t’aime de travers
    Quand tu t’en vas
    Je t’aime couci-couça
    Quand tu es de bon humeur
    Je t’aime de tout mon coeur
    Maman
    Quand je dis ce poème
    Comprends-tu combien je t’aime ?

    Heu… Non comprend pô….

    Pour en revenir à ta question, non ça me semble pas très pertinent comme argument de la part de l’école, pour les même raisons que celles que tu invoques…

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  2. Allez, j’ose.. j’ai eu la chance de travailler avec ton cher et tendre, donc je suis un peu, de loin, vos tribulations (de très loin..).Quand il a mis le lien vers ton blog, et que j’ai eu la curiosité de venir voir ici, de te lire, diantre!!! une comme moi!!! maman, et tout ce qui va avec! bon, bref, pour revenir à nos moutons, oui la fête des mères, c’est le truc de la mort qui tue… Moi aussi j’ai des souvenirs d’enfant terribles d’efforts et de fierté d’avoir fait LE truc! Après, il y a eu la crèche, qui m’avais sorti le même argument « certains n’ont pas de mamans »… bon, j’ai été moins sympa que toi, parce que je leur ai dit que si, tous les enfants avaient une maman, impossible autrement.. OK, j’étais jeune maman frustrée de son empreinte de pied en pate à sel…Et puis, une semaine après, ils ont fait un truc pour fêter les parents. Et j’ai trouvé l’idée très jolie, un cadeau au milieu des deux fêtes, un cadeau aussi bien pour l’un que pour l’autre…
    Cette année, plusieurs copines m’ont rapporté que nada oualou…. ben c’est moche, très moche… J’ai même entendu que « de toute manière c’est Pétain qui a instauré ça, t’aimes Pétain toi??? ».. Mon grand de 8 ans a decouvert avec horreur que sa maitresse ne comptait rien faire pour fêter les mamans, il a donc été voir les animatrices du CLAE, leur a confié son sentiment d’injustice, et elles lui ont fait faire 2, 3 bricoles qu’il a été fier de me donner au réveil (le sien, le mien, c’est trop tard)….
    En conclusion, c’est important la fête des mères…..

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    • Ahaha oui moi aussi j’ai eu droit au « de toute façon c’est une fête Pétainiste, tu vas nous dire que t’as voté FN aux européennes aussi ?  » de la part de mes collègues… Mais je crois que c’est leur jalousie de papas frustrés de cadeaux qui parlait ;D
      J’aime bien l’idée du cadeau pour les deux parents, et franchement j’en demanderais pas plus ! Mais bon, c’est décidé, on va se faire nos propres moulages de pieds en pâte à sel ce week end. Na ! Alors ravie de te voir ici, maman-et-tout-ce-qui-va-avec ! Et à très vite j’espère !!

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