Le féminisme passe par les garçons… et par les mères

Je suis maman de deux garçons. On pourrait croire que quand on a des tendances féministes c’est plus reposant, mais le féminisme, en tout cas de mon point de vue, est bien loin d’être une affaire strictement féminine. C’est même tout au contraire une démarche qui concerne à égalité hommes et femmes, filles et garçons.

Parce qu’il ne suffit pas de montrer aux filles qu’elles ont les mêmes droits, qu’elles sont libres de choisir ce qu’elles voudront être et faire, qu’elles ont tout simplement autant de valeur, de possibilités, de talent que les garçons… si en parallèle on n’apprend pas exactement la même chose aux garçons.

Un exemple tout bête concerne les taches ménagères. A l’heure actuelle en France, le ménage, la cuisine, l’entretien du linge ou encore les soins prodigués aux enfants sont assumés majoritairement par les femmes et les mères. Bon, il y a du progrès, bien sur, mais il reste une inégalité certaine dans ce domaine.

Mais comment peut-on espérer que cela change, si les petits garçons ne sont pas mis à contribution dans les activités domestiques, et ce dès leur plus jeune âge ?

Je suis toujours sidérée d’entendre des mères dire à leurs fils que ce n’est pas à eux de laver leur linge ou de faire la cuisine (oui, j’ai regardé Qui veut épouser mon fils récemment, et je ne m’en suis pas encore tout à fait remise). C’est là qu’on constate que les mères -certaines mères- sont le vecteur le plus efficace du sexisme. Qu’une femme puisse volontairement se mettre en position de servitude et prépare de surcroit le terrain pour que cette situation perdure avec les générations suivantes, cela ne cessera jamais de me surprendre. Surtout quand ces femmes ont également des filles…

Petit aparté : je me pose vraiment la question du choix, dans ce genre de situation. Une mère imprégnée de principes sexistes choisit-elle sciemment de donner moins d’importance/droits/libertés/choix à sa fille ? Est-elle réellement persuadée que sa propre place est au service exclusif de sa famille et pas ailleurs ? Et si on va dans les extrêmes, une femme qui n’a aucune autonomie peut-elle choisir de soumettre délibérément ses filles au même système patriarcal ? Exerce-t-on vraiment un choix quand on n’imagine même pas que la situation puisse être différente ?

Soit dit en passant, c’est pour ça que je suis contre la prostitution : je ne crois pas qu’il existe une « prostitution choisie ». Mais c’est encore un autre débat. Fin de la digression.

Pour en revenir aux taches ménagères au sein des familles, elles sont donc actuellement surtout assurées par les mamans. Et dans la mesure où les femmes prennent plus de congés parentaux que les papas, dans un sens, ça peut se comprendre. Toute féministe que je sois, je peux entendre que la répartition du ménage ne se fasse pas à parts égales si un des parents passe beaucoup plus de temps à l’extérieur de foyer que l’autre du fait de son travail. Admettons donc qu’à ce jour, il serait difficile, à l’échelle du pays, de montrer aux petits garçons que le ménage n’a pas de sexe, et qu’un papa passe aussi bien (voire mieux, y’a pas de raison) l’aspirateur qu’une maman.

Mais tout de même, puisque globalement TOUT LE MONDE trouve que le ménage c’est chiant -et que par conséquent aucune mère ne peut vouloir que sa fille passe toute sa vie d’adulte à se taper le lavage et le repassage toute seule- il me semble dans l’intérêt commun que toutes les mères fasse participer leurs enfants des deux sexes de façon égale aux taches domestiques. Y compris celles qui assument seules toutes les corvées à la maison.

Avouez qu’en plus c’est pratique. Parce que dans leur grande majorité, les petits garçons, ils ont des mamans. Donc si les mamans (qui sont des femmes et donc, par essence et en toute logique, devraient aspirer à ce que la société traite de façon juste le sexe dit faible) prenaient soin de mettre leurs petits gars au boulot à la maison au même titre que leurs filles, j’ai l’impression que ça enclencherait quelque chose de vraiment positif.

Ça vous semble possible ou pas ??

Ménage-de-printemps

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23 réflexions sur “Le féminisme passe par les garçons… et par les mères

  1. Tout à fait d’accord, l’éducation des enfants peut faire de grandes choses dans ce domaine. Mais, c’est vrai que c’est sidérant de voir à quel point certaines femmes promeuvent elles-même le sexisme, c’est comme si un prisonnier s’enfermait lui-même dans sa prison…

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    • Exactement… Après, dans un certain nombre de cas, ça relève de la maladresse, d’une envie de bien faire (prendre soin de sa famille, se dévouer, laisser les enfants jouer plutôt que de les faire bosser…) qui s’avère au final contre-productive. Il y a vraiment tellement à faire dans ce domaine…

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  2. Je crois que c’est vrai, que ça passe par la maman, mais en partie seulement je pense. Il y aussi le papa, sa façon de faire et d’être, et ce sera forcément lui le premier modèle du petit garçon, quoiqu’en dise la maman. J’ai déjà vu des papa refuser d’offrir une poupée à leur fils ou une dinette : comment on veut ensuite que ces garçons, une fois adultes, se sentent sur le coup de préparer à bouffer ou de changer une couche ?
    Et quelle crédibilité de la maman si elle passe derrière papa en disant « fiston n’écoute pas ton père il dit n’importe quoi » parce que bon, en vivant avec lui et en lui faisant des bisous d’amour elle légitimise son comportement dans les yeux d’un enfant.
    Le petit doit entendre sa mere lui dire qu’il doit aider, oui, mais il doit aussi et surtout voir son père le faire non ? Si papa se lève jamais pour débarasser la table, je me dis que maman pourra dire tout ce qu’elle veut, le petit aura ce modèle là.

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    • C’est évident que la situation optimale, c’est un juste partage des taches à la maison, un papa qui change les couches et fait la cuisine… sauf qu’en vrai, à l’heure actuelle, on n’y est pas (chez moi oui, chez toi aussi je pense ;D, mais ailleurs ??). Ce que je cherchais à dire, c’est que justement même si on a un mari qui n’en rame pas une (et ptet même a fortiori dans ce cas), faut pas lâcher l’affaire

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      • Ah ben oui… Mais je te trouve bien clémente cela dit, car moi j’aurais dit que si on a un mari qui n’en rame pas une, on le fout dehors… Non ? Haha 🙂
        Je sais pas car je ne suis pas dans cette situation, et je mesure ma chance d’avoir choisi mon mec, choix que beaucoup de femmes n’ont toujours pas… Le mien il est plus féministe que moi, et il m’a dit un jour que si j’étais un homme je serais un horrible macho 😀
        Quand j’ai su que j’avais un garçon, je me suis fait plein de plans que j’allais en faire un mec bien, puis finalement, je crois que je vais juste le laisser observer papa.

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      • Ah ben oui, probablement que toi comme moi, le mec qui en fout pas une, on le gicle illico… On n’a quand même pas choisi nos maris au hasard !!! Mais tu te rends compte qu’on a trouvé des perles rares ?

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  3. Ben oui et non ! J’ai jamais été en couple avec un glandeur ou un macho, en même temps je dois pas les attirer mais du coup, j’ai pas de recul là dessus. Et d’un autre côté, je me dis que ça serait me dénigrer et dénigrer les femmes en général, que d’estimer avoir de la chance que mon mari soit tel qu’il est, tu vois ?

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    • Mmmmm ben non, je ne vois pourquoi ce serait nous/te dénigrer… ce n’est pas dans le sens « nous pauvres petites choses, devrions nous estimer chanceuses d’avoir été choisies par des hommes merveilleux ». ça n’est pas un hasard si nous sommes en couple avec nos chéris, on les a choisis autant que eux. Mais je m’estime quand même chanceuse de tout ce qui a amené à ce que je sache et puisse choisir mon Cher&Tendre ;D

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      • Non mais sans parler d’être choisies 🙂 Je peux pas m’empêcher de penser que c’est « normal » qu’un mec soit cool avec sa femme, du coup, quand je dis que je veux pas m’estimer chanceuse, c’est dans le sens « c’est la moindre des choses », tu vois ? Dans l’absolu ça devrait toujours être comme ça, et je me dis que c’est plutôt l’inverse : celles qui ont un chacal ont pas de bol.

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    • je m’incruste dans votre conversation les filles, mais je pense aussi que le comportement des hommes à la maison, il est aussi fonction de celui des nanas. Mon mec il savait rien faire quand on s’est mis ensemble, la facilité ça aurait été que j’assume tout à sa place
      c’est con, mais je crois que quand on est féministe, on « éduque » un peu nos hommes aussi
      non ?

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      • Je suis assez d’accord. C’est vrai que c’est plus « simple » de faire, plutôt que de devoir demander, négocier, expliquer. Du coup quand on ne tombe pas sur un mec qui fait spontanément les choses, ça demande un certain degré d’affirmation de soi pour dire les choses, tout simplement, sans verser dans le pétage de plomb ou le râlage chronique. Mais ça, on est parfois pas capable de le faire, par timidité, manque de confiance en soi, peur de blesser ou de passer pour une relou…

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  4. J’ai une mauvaise nouvelle pour toi, Amélie : attends-toi à une bonne montée du sexisme environnant avec l’arrivée de ta fille. Dès la naissance de la mienne, j’ai été éberluée par le nombre de blagues / bons mots sexistes (la première fois, tu souris. Au bout de la dixième, tu commences à te poser des questions) faits sur un bébé fille qui pleure. Elle n’a pas encore deux ans, et j’ai déjà dû me justifier sur des sujets qui ne m’avaient jamais effleurée jusqu’alors : non, je ne lui ai pas fait percer les oreilles (et ne le ferai pas « tant qu’elle est petite, comme ça elle ne s’en rend pas compte » (????)) / non, une dixième poupée dont elle se fiche n’est pas le seul cadeau que l’on peut lui faire / non, je ne l’habille pas toujours en robe (même si ça m’arrive) parce que certes, je trouve les robes mignonnes, mais il s’avère que c’est beaucoup moins pratique pour faire du toboggan / oui, elle mange beaucoup et est toute ronde. C’est un bébé. Elle mange sainement et va doubler sa taille en deux ans, ça peut justifier qu’elle se resserve de purée de carottes et non, je ne vais pas la mettre au régime, etc, etc. (inutile de te dire qu’aucune de ces remarques ne s’est jamais appliquée à mon petit gars).

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    • Sérieux ? C’est à ce point-là ?? Remarque que les garçons ont droit à un certain nombre de conneries aussi… Entre les « mais pourquoi tu pleures, sois un homme, un homme ça pleure pas » asséné à mon fils de 3 ans pas une totale inconnue dans la rue et les « pourquoi t’as un bracelet rose. Le rose c’est pour les filles! »… J’ai quand même déjà assez fréquemment envie de buter des gens.

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  5. Merci Amélie pour ton billet. Je découvre à peine ton blog et l’apprécie déjà beaucoup.
    J’ai aussi la chance d’avoir un amoureux en or 🙂 Aucun doute sur le fait qu’il soit lui aussi plus féministe que moi, et je suis certaine qu’il fera un excellent modèle, en tant que futur papa 🙂

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  6. J’ai toujours vu mon papa faire le plein de courses le samedi, nous préparer le déjeuner le samedi parce qu’une maman commerçante, ben ça bosse le samedi. Mon mari ne rechigne pas non plus à faire une machine, les courses, un peu de ménage. Ses parents ont travaillé en poste pendant des années donc il a lui même toujours vu son père réaliser des tâches ménagères. Notre fils sera élevé comme ça. Nan mais !

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