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Drôle de chose que l’inspiration... c’est un peu comme une boule à neige, comme cette bouteille à paillettes : par moments ça foisonne, ça part dans tous les sens, j’ai mille choses à mettre dans mon histoire, je les agite et les admire mais rien ne connecte, je n’arrive pas à établir de liens entre mes particules. Et puis en laissant faire le temps. En prenant une pause. En laissant retomber les particules au fond du bocal, quelque chose se dessine. Un début de cohérence, une trame. Vous voyez ? Comme quand on patauge dans l’eau et que le sable ou la vase rend tout opaque. Et puis en restant immobile, la transparence revient, la clarté. Aujourd’hui je crois que j’ai réussi à voir le fond du bocal. Pourtant hier j’aurais juré que j’en étais bien loin. Comme disait Alanis : « wait until the dust settles ». #glitters #bookstagram #livrestagram #ecrire
Mon « bureau ». Comme vous pouvez le constater, je tiens à maintenir une certaine distance entre l’écriture et la famille. Une distance très réduite. Ok, je fais mes recherches en massant les pieds de ma fille. Je prends des notes en surveillant son sommeil. Souvent j’écris avec ses frères qui jouent devant moi. Ok, y’a zéro distance mais de toute façon mon bureau c’est le canapé alors on ne peut pas dire que je ne l’ai pas cherché. #ecrire #enfantsextraordinaires #mykids #writing #autrice #homeoffice #merciikea #maviesurlecanapé
Ça et l’odeur de l’herbe coupée : 👌🏻 #nofilter #kifdujour #passiongazon
SE SOUVENIR. Je crois que si j’écris, si je tiens un journal depuis mon adolescence, c’est en grande partie par peur d’oublier. Il me faut tracer sur papier les histoires, graver la mémoire, la préserver à tout prix. Car j’ai peur de ça : des savoirs qui disparaissent, des anecdotes perdues, des vies ensevelies. J’ai peur des noms qui s’effacent et du vide ignorant. J’ai peur des erreurs qu’on refait parce qu’on a oublié. J’ai peur de perdre des morceaux de mon histoire, et peur que notre société occulte des pans de la sienne. Depuis quelques semaines je fais des recherches, prends des notes, je commence à construire une histoire qui parle de l’Histoire. Je n’avais pas réalisé qu’on approchait des 75 ans du D-day. Aujourd’hui je regarde ces commémorations avec une émotion profonde. Il n’y aura bientôt plus de vétérans. Nos grands-parents ou arrière-grands-parents ne pourront plus témoigner. Ne laissons jamais ces souvenirs-là s’effacer. #dday #6juin1944 #débarquement #omahabeach #utahbeach #junobeach #swordbeach #goldbeach #memory #worldwar2 #ecrire #souvenir
Et sinon, le beau temps revient quand ? #inde #india #rajasthan #amerfortjaipur #travel #roadtrip #roman
Quand on arrive à Jaipur par Amber Road, et qu’on jette un oeil sur le lac, à gauche, on a de grandes chances de tomber sur ça : le Jal Mahal, ou Lake Palace. Contrairement à ce qu’annonce Roshan Lal à Madie dans le roman, ce n’est pas un hôtel... mais il le deviendra peut-être un jour. Un truc fascinant à son sujet : le palais compte 5 étages mais quand le lac (en fait un réservoir d’eau pour la ville) est plein, 4 étages sont sous l’eau. Ça me donne rudement envie d’y retourner pour le voir en entier ! #jaipur #inde #india #incredibleindia #rajasthan #cestencoreloinlebonheur #roman #bookstagram #livrestagram #lire #funfact

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Amélie Baumann-Thiriez Autrice

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Accouchement, de quoi se souvient-on vraiment ?

La seule chose que ma mère m’ait dite au sujet de ses accouchements, c’est « dès que c’est fini, on ne s’en souvient plus ».

Ça ne me rassurait pas tellement. Ce que je voulais savoir, moi, c’est si ça faisait vraiment mal. J’en avais déduit que oui, et que sa réponse était une façon d’éluder discrètement la vérité. Genre le complot mondial des déjà-mères pour ne pas dissuader les nullipares de procréer.

Trois accouchements plus tard, je suis forcée de reconnaitre qu’elle n’avait pas tout à fait tort. Ne nous méprenons pas : les contractions, ça fait un mal de chien. Et encore, je ne peux témoigner que des contractions que j’ai expérimentées, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’on me pose les péridurales, et donc avant que le pire ne soit atteint. Julie Podecolle écrivait récemment sur l’accouchement sans péridurale (je vous conseille vraiment son excellent post) et parlait de ce « point de non retour, celui où tu te dis que tu vas mourir ». Je n’ai jamais atteint ce point, j’en suis restée à celui où je voulais juste buter toutes les personnes qui m’entouraient et accessoirement mon époux, responsable de mon état.

Alors oui ça fait mal MAIS ça ne fait pas partie des douleurs dont on garde un souvenir persistant. Bien sur on se souvient que ça a fait mal, foutrement mal, mais dans mon cas, évoquer le travail et l’accouchement ne me fait pas grincer des dents. J’imagine que le soulagement de ne pas avoir trépassé sur la table et la joie de tenir son nouveau-né aident grandement à oublier la galère qui a précédé.

A vrai dire, je garde un souvenir bien plus désagréable des suites de mon premier accouchement (merci l’épisiotomie), ou des douleurs ligamentaires que j’ai subies durant la majeure partie de ma seconde grossesse.

Mais alors on se souvient de quoi au juste ?

Je dirais de tout, mais avec parfois des choses qui passent bizarrement à la trappe.  De petits détails vont rester gravés profondément, quand d’autres qui pourraient sembler importantes sont totalement éludées. Par exemple lors de mon premier accouchement, j’ai complètement occulté le fait que la sage-femme ait demandé à Cher&Tendre de m’appuyer sur le ventre pour aider à la descente du bébé. C’est lui qui me l’a rappelé (appris ?) le lendemain. Toute à mon effort pour pousser, j’ai purement zappé cette expression abdominale (une pratique interdite par la HAS, d’ailleurs, et qui peut être cause de nombreuses complications).

Comme souvent dans les moments importants et chargés d’émotion, je dirais qu’on garde en mémoire une ambiance, un ensemble de sentiments, une impression globale au sein de laquelle émergent des détails et des anecdotes. L’excitation du début du travail, le velours de la banquette sous mes doigts pendant les contractions, la peur de ne pas y arriver, la reconnaissance envers l’anesthésiste après la péridurale, l’accent de l’aide-soignante, l’odeur du café quand mon amoureux allait se ravitailler, la sensation du liquide amniotique qui coule à chaque mouvement, un mélange de joie, d’appréhension et puis la surprise, immense, du bébé parfait qu’on a enfin sur le ventre.

Bien sur plus l’accouchement se déroule sans accroc, plus on en garde un « bon »souvenir, mais quoiqu’il en soit, la tempête d’émotions qui suit l’arrivée d’un bébé se charge de reléguer un peu le travail et l’expulsion au second rang.

Accoucher est une expérience incroyable, qui peut laisser un souvenir merveilleux comme un arrière-goût de cauchemar, en fonction de son déroulement. Avec le recul, je vois surtout l’importance de dire ce qu’on souhaite ou pas, et l’impact positif que ça a sur le souvenir qu’on en garde. Il est facile de se sentir « dépossédé » dans le contexte ultra-médicalisé des maternités. On nous installe, nous barde de capteurs, et la femme enceinte devient spectatrice plus qu’actrice de son accouchement.

Au final, je dirais qu’on se souvient de beaucoup de choses après un accouchement, mais que ce n’est peut-être pas le plus important. Certaines femmes embrassent l’expérience de façon mystique, d’autres doivent subir une césarienne imprévue et le vivent très mal. Mais ce n’est qu’un passage. Bien sur on aimerait toutes que ces heures nous laissent un bon souvenir, mais même si ce n’est pas le cas, l’arrivée de l’enfant tant attendu efface tout. Si j’avais juste un conseil à donner, c’est de vous exprimer. Dites ce que vous voulez, ne vous laissez pas manipuler comme un objet. Ça peut sembler tout bête mais s’approprier son accouchement, c’est déjà une façon de le vivre mieux et de se préparer de plus beaux souvenirs…

accouchement souvenirs maternité

 

4 comments on “Accouchement, de quoi se souvient-on vraiment ?

  1. C’est assez juste. J’ai eu un accouchement très compliqué et douloureux (ventouses sans péri, ça laisse quelques traces). Je sais que lorsque je le vivais, je me suis dit que jamais je ne pensais pouvoir souffrir autant dans ma vie. Une année et des poussières après, c’est surtout les mots qui restent, ceux qui blessent et ceux qui font peur et j’ai (un peu) oublié la douleur.
    Et je pense que c’est grâce à cela qu’on trouve la force de recommencer!

    Aimé par 1 personne

    1. Amélie dit :

      Ooh… L’arrivée de Petit Colis a été houleuse alors… Heureusement que tout ça est contre-balancé par la suite et tout l’amour qui déborde de nos enfants. J’espère que les mauvais souvenirs continueront de s’effacer 💛

      J'aime

      1. Ils s’effacent puisque plus le temps passe, plus je me sens prête à recommencer!

        Aimé par 1 personne

      2. Amélie dit :

        C’est bête, mais ça me fait plaisir 😄 Ptet une annonce en 2015 alors ?

        J'aime

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