Se dévouer et déprimer (le congé maternité)

Au début j’avais envie de faire plein de choses. Des tas d’envies de couture, de bricolage, de lecture, d’activités avec les garçons…

Seulement voilà, la Mini est du genre collant. J’ai pu un temps faire des choses en la gardant sur les genoux ou contre moi, mais rapidement il a fallu, en plus de la garder dans les bras, se déplacer. La demoiselle aime le mouvement. Tricoter, du coup, c’est vachement moins facile en marchant.

La laisser pleurer ne me semblait pas une option, donc je passais mes journées frustrée. Frustrée de ne rien pouvoir faire de mes 10 doigts, de ne pas réussir à écrire, de ne pas avoir de temps pour les garçons, de tout faire dans le rush, dès que je pouvais la poser.

Et puis à un moment, j’ai abandonné. J’ai laissé tombé toute volonté propre, je me suis coulée dans son rythme, ai dormi avec elle, l’ai bercé indéfiniment, ai marché pendant des heures dans l’appart. Je n’étais plus frustrée. C’était facile, il suffisait de ne rien vouloir.

Ça a marché un temps. Et puis doucement j’ai commencé à sombrer. Car le problème, quand on s’entraine à ne rien vouloir, c’est qu’on finit par ne plus avoir envie. De rien. Les journées s’étiraient dans un néant flou, seulement illuminé à l’arrivée des garçons à 16 heures. Qu’avais-je fait de ma journée ? Rien. Les petits plaisir se faisaient de plus en plus rare, mon horizon rétrécissait à vue d’oeil. Je ne voyais plus devant moi qu’une enfilade de jours vides.

J’ai déprimé un bon coup, on peut le dire. A force de me dévouer, je me suis oubliée.

Heureusement que je ne suis pas seule. Heureusement que j’ai un chéri, des amis, une famille et deux garçons très remuants. Heureusement qu’il y a le blog aussi, et toute la communauté des mamans blogueuses, des lectrices, des « copinautes ».

Heureusement, parce que sinon, j’aurais peut-être sombré bien plus profondément, ou coulé pour de bon.

La Mini a-t-elle senti un changement ? En tout cas le jour où j’ai décidé que je ne me laisserais plus vampiriser, d’un coup, elle a accepté de prendre la tétine, elle a espacé les tétées et elle a été tout sourire toute la journée.

C’était aussi simple que ça ? Il suffisait de la laisser un peu plus à son papa et de prendre du temps pour moi ? Il suffisait de moins se dévouer ? Il suffisait de… vouloir ? La vie, quelle ironie…

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30 réflexions sur “Se dévouer et déprimer (le congé maternité)

  1. J’ai connu exactement la meme chose pour ma premiere, je n’ai pas vu mon congé maternité passé, je suis arrivé sur les rotules au travail et il m’a fallu pas loin du’n an et demi pour m’en remettre alors je comprend cette phase du non vouloir, cette résignation. j’ai beaucoup souffert que l’on ne m’ai pas dit que cela pouvait avoir lieu, au lieu de ca je me suis retrouvée toute seule avec 3h de sommeil tous les jours pendant 2 mois. J’ai bien failli craquer alors vive la tétine, vive les mamans libérés et en bonne santé

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    • Oui, et on est sensées vivre des moments privilégiés, forcément heureux… Ça peut être vraiment dur, un congé mater. Surtout le premier ! Moi j’y connaissais rien en bébé, et je me retrouve esclave d’un tout-petit que j’aime mais que je ne connais pas. Franchement ? On a du mérite. Bises ma belle 💛

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      • Oui surtout pour un premier c’est deja dur de s’adapter mais ds des situations comme cellles ci il faut s’accrocher. Si cela peut d’aider cela ne dure qu’un temps je sais c’est bete de le dire mais moi j’ai cru que ca allait durer comme ca toute ma vie j’etais en mode commando impossible de prendre un café avec mes deux mains – ton article me decide enfin a en parler sur mon blog 4 ans apres : il faut en parler de ces CM pas drole bisous plein de courage

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      • c’est exactement ça : on est tellement dedans qu’on oublie que ça ne durera pas… même pour un troisième c’est dur de s’en souvenir parfois. Tu as raison d’en parler, faut le dire un maximum ! bises et merci

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  2. Avec toi de tout coeur ! Bravo d’avoir rebondi ! C’est top d’en parler et de briser ce tabou du congé mat idylique. Bon après moi je suis dans la logique inverse : j’angoisse tellement que ma résolution depuis quelques jours c’est au contraire d’imaginer les choses positivement, de retrouver la joie d’accueillir ce bébé, joie que j’avais au début de la grossesse mais qui cède le pas à l’angoisse depuis quelques semaines. Au moins je suis avertie, et une maman avertie en vaut deux ! mais résultat je n’arrive presque plus à voir ces premiers moments comme un bonheur. Bon, c’est un équilibre à trouver, entre idéalisation et diabolisation, et clairement là je suis dans le second extrême 😦

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    • Ah oui, je vois tout à fait ce dont tu parles… Mon doudou a du me rappeler un certain nombre de fois, au cours de mes grossesses, que s’inquiéter ne servait à rien, et que se préparer au pire « comme ça on aura ptet une bonne surprise » n’était pas forcément la meilleure tactique. On va essayer toutes les deux de garder en tête que si c’est galère, ben au moins ça ne durera pas des années. Et puis il y a quand même des moments d’intense bonheur. Plein de bises et joue un max avec ton bibou, ça fait du bien de ne penser à rien d’autre que le moment présent ❤

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  3. C’est tellement vrai Amélie!! Merci d’en parler très franchement et de briser le tabou. Pour mes 2 garçons, j’ai vécu la même chose, encore plus pour le dernier d’ailleurs pour lequel j’ai été contrainte de prendre un congé parental de 3 ans. Au début on se dit qu’on a de la chance de rester près de son petit bout,… Mais les journées deviennent assez vite lassantes et sans s’en rendre compte, on rentre dans une routine bien plus contraignante qu’un job a plein temps. Ce que je regrettais pour les 2, c’est de ne pas avoir eu de place en crèche (pourtant je me suis battue), parce que c’est clair que ça leur fait un bien fou d’être en collectivité, dans un cadre fait pour eux et surtout avec des personnes dont c’est le métier! Je viens de reprendre le travail à plein temps et étais si inquiète de quitter mon 3 ans qui n’est admis en PS de maternelle que le matin (il est propre mais pas assez autonome selon cette .. d’institutrice). Mais en fait, ça a l’air de lui faire un bien fou, lui qui était collé à mes basques toute la journée!!! Et il est tellement content de me retrouver!! Bon un peu trop parfois, à demander « les bwas » alors que j’ai pas eu le temps de me laver les mains, souffler,….

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    • Je te comprends, car je me souviens très bien de mon soulagement en reprenant le travail après le premier congé mater. Pouponner 7 jours sur 7, je n’aurais pas pu… Et pourtant on culpabilise de les quitter. Un congé parental forcé, ça doit vraiment pas être marrant. Du coup il va où l’aprem, ton coco ?

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      • Il reste à la maison avec la personne qui fait le ménage pour le dej/sieste puis ils partent chercher le grand frère avec lequel il joue un peu en attendant qu’on rentre et qu’on lui fasse ses devoirs de CE1 (du gd frère)!

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  4. Bon courage Amélie. C’est vrai que les premiers mois sont vraiment durs. Pour avoir eu un bébé qui avait décidé de pleurer de manière quasi continue pendant trois mois, je n’en garde pas que de bons souvenirs, loin de là… Puis ça s’est apaisé. A trois mois, j’ai recommencé à dormir la nuit, ce qui change ta vision des jours. La poupée à miraculeusement arrêté de pleurer, les choses sont rentrées dans l’ordre et depuis, c’est une crème (avec un caractère de cochon certes mais une crème quand même !). Bises, forza, c’est bientôt le printemps !

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  5. Je suis si admirative , même si cela est dur tu arrives à tout gérer je n ai même pas pu le faute avec un seul enfant 🙂 … Une grossesse difficile, un accouchement très difficile, une hospitalisation à la maternité ( une usine à bebé) dans une très grande solitude , le premier mois avec un enfant qui pleure bcp, nuits blanches sur nuits blanches, plus d alimentation et des pleurs pour moi. La sensation de ne rien gérer . Depression post partum, je suis tombée de haut car j idéalisais la venue de l enfant. Bref je suis hospitalisée dans une unite mère enfant pour reprendre pied. Merci de parler de ce sujet car il me semble que tout ça est très tabou finalement.

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    • Bonsoir Lili, et merci de ton message. Tu es dure avec toi-même… Je ne crois pas que ça soit plus facile à gérer avec un seul enfant, à mon sens c’est même le contraire… L’arrivée du premier bébé est un tel choc, ça peut être tellement déstabilisant. Pour notre premier j’ai le souvenir de semaines vraiment difficiles, je ne savais plus qui j’étais, je ne me reconnaissais pas dans cette femme épuisée, dépassée, anxieuse. Je ne m’attendais pas à ça, passer jours et nuits à allaiter un bébé dont je n’avais pas le mode d’emploi. Et puis petit à petit, les choses se sont arrangées. Je suis sure que pour vous aussi, toi aussi, ça va aller mieux. Ces semaines horribles, elles ne durent pas. J’espère sue tu es bien entourée là où tu es, et surtout ne culpabilise pas… Je t’embrasse

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  6. Pour ma part ça fait plus de 2 mois que je fais les cent pas…..j’ai bien dû parcourir au moins une fois le tour du monde :(. Honnêtement ces deux premiers mois m’ont un peu dégoûté même si il y a des moments d’émerveillement, ils sont rares !!! J’en peux plus, je suis une loque humaine sans envie, si une dormir, dormir et dormir sauf que je ne peux pas….ou peu !!!!

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    • Je confirme, ça peut être carrément à chier, un congé mater. T’arrives à faire de petites siestes quand il dort la journée ? Je sais que c dur à envisager mais ça va s’arranger, vraiment. Les beaux moments vont prendre le dessus petit à petit. Et cette période horrible cessera. Tu es encore arrêtée longtemps ?

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      • Il dort très peu la journée, 10 à 15 minutes en moyenne parfois 30 minutes mais j’ai à peine le temps de me mettre au lit, de faire redescendre la pression, de me sentir partir et ouin ouin faut se lever et s’occuper du petit monstre donc au final j’ai abandonné l’idée même de dormir. Je reprends le boulot le 26 mai, et je me dis que si ça ne change pas je vais péter un plombs !

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      • Ah ouais, effectivement c’est merdique. Se faire réveiller à peine endormie, ça tient de la torture. Et si il dort sur toi, il ne dort pas plus longtemps ? Notre Mini n’aime pas trop dormir seule, en général elle se réveille assez vite si on la pose, du coup je fais mes siestes avec elle. Elle pionce dans mes bras, ou sur mon ventre, et tout le monde est content.

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  7. Oh si, il peut dormir une heure max. sur moi (pas à côté ça serait trop simple) mais lui est hyper à l’aise, bien positionné et tout et tout et moi je me retrouve dans des positions pas toujours terrible, donc je somnole à peine + la peur de l’étouffer (il adore fourrer son nez sous mon bras), la peur de le faire tomber du canap. dans un mouvement de sommeil profond, je délire peut être mais je ne peux pas m’empêcher d’être inquiète, du coup je ne me repose pas vraiment ! Si seulement il pouvait faire ses nuits ça serait déjà le pied total. J’espère q’on aura l’occasion de présenter Liam à Mia bientôt 😉

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    • C’est vraiment des plaies, ces bébés ! Enfin si ça peut te rassurer on n’en a jamais fait tomber aucun pourtant ils ont bcp dormi sur nous. Il va les faire ses nuits, forcément. Jte jure qu’un jour tu dormiras. Mais d’ici là faut trouver des astuces…

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      • As tu essayé le cocoonababy ? Les 5 premières nuits bebe ne dormait que dans mes bras . Mon mari me surveillait pour ne pas que je m endorme et l étouffe . Du coup j ai acheté ce petit matelas. Je pose le cocoon sur mon lit, je dors a côté de lui ds un sac de couchage pour éviter la couette, je l endors ds mes bras puis je le mets dans son petit matelas cocon délicatement, je mets ma tête a côté de la sienne, je lui tiens les bras ou sa petite main et il arrive a dormir comme ça . Parfois qd il est très énervé, je l emmaillote et ça le calme car ça le contient comme les bras d une maman. En journée il y a l echarpe de portage pour qu il fasse des siestes en ayant les mains libres mais cela peut aussi être mal vécu d avoir son bebe 24h sur 24h.Le plus dur finalement est de trouver la petite astuce qui marche avec son bebe et finalement ce sont les mamans et non les spécialistes de la petite enfance qui m ont apporté le plus d aide ….

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  8. J’avoue que je suis assez contente de ne pas avoir repris. Sincèrement, reprendre en commençant ma journée par 1 hrs de route je l’aurais fais certes, mais non sans mal. Je commence tout juste à récupérer et me suis rendue compte que je n’ai absolument pas profité des phases Off de Milo pour récupérer un peu. J’en profitais surtout pour faire en 4 eme vitesse ce que je n’avais plus le temps de faire. Maintenant, je laisse Milo à ses grands parents 1 journée par semaine pour avancer dans mes petites affaires 🙂

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    • C’est souvent comme ça avec le premier, j’ai l’impression. Comme si on voulait garder son rythme d’avant ! Je m’étais faite avoir aussi, mais pas pour les suivants. Maintenant quand ils dorment, je dors ! Tu fais bien de te ménager du temps, bien joué !!

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    • J ai découvert ce blog via Adeline car j ai également fait une séance photo avec elle ( un merveilleux moment). J ai tjs grand plaisir à lire tes posts, ces échanges, les conseils sont utiles et mine de rien on se sent moins seule. On s aperçoit que bcp de mamans éprouvent des difficultés malgré l arrivé de ce petit être si attendu. Merci 🙂

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      • Oh moi aussi je garde un si joli souvenir de ma séance avec Aline ! Merci beaucoup Lili, ça me touche beaucoup 😊 quand j’ai commencé le blog, c’était pour dire ce qu’on entend pas assez à mon gout : que la grossesse ça peut être pourri, qu’on peut aimer infiniment son bébé et se sentir très mal quand même… Et je constate qu’on est nombreuses à vivre ça. Je prépare justement un post sur les bébés aux besoins intenses, je pense que ça t’intéressera. Moi ça m’a fait du bien de découvrir ce concept !

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  9. J’admire ta force pour avoir réussi à réagir avant qu’il ne soit trop tard ! avec ma Crawette, je n’ai pas réussi à lâcher prise et se fût très très long de remonter la pente après ça
    en tout cas si tu cherches des oreilles attentives, n’hésite pas
    bisous

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