Et il est parti, au milieu des délices d’un quartier d’hiver

On se dit qu’on a le temps.
On promet de se voir bientôt.
On pense « ça fait plaisir de l’avoir vu, ça faisait un moment ».
On échange quelques messages.
On promet de se voir bientôt.
On se dit qu’on a le temps.

Et puis un matin.

Comme ça, sans raison, sans prévenir.

Une minute et l’aiguille cesse de bouger. Une seconde et le silence. Pourtant…

Pourtant, il avait des projets. Pourtant ce matin était juste un matin. Pourtant… il avait le temps.

Comment comprendre l’inacceptable ? Comment appréhender l’injuste ? Il était là, fiable et comme inaltérable, et il n’est plus.

Cette semaine nous avons perdu un être cher. Il était un homme, un père, un frère, un mari, un amoureux, un ami, un lapin qui aimait les tourterelles. Il était certainement bien d’autres choses encore. Il avait des greens à parcourir, des vins à savourer, des mains à tenir et des anniversaires à fêter.

Il avait le temps, il avait la santé. Dans ses mains une autre main, près de lui un livre commencé, dans son esprit des choses à faire et des vacances à préparer.

On pense qu’on a le temps. On prévoit, on imagine, on se projette. On omet l’éphémère de la vie. On l’oublie, volontairement peut-être… pourrait-on vivre en sachant cela ? Mais dans le choc et la tristesse une certitude émerge : le temps ne nous appartient pas. Et un besoin, fulgurant, de serrer ses enfants un peu plus fort, d’aimer ses proches un peu plus ouvertement, de profiter plus ardemment.

Mes pensées vont vers les siens, cette famille qui est devenue mienne il y a quelques années maintenant. Je pense à ses proches, à celles qui le pleurent aujourd’hui et à qui il continuera de manquer longtemps. Je pense à mes enfants qu’il aurait du voir grandir, parce qu’il les aimait tant.

Au revoir, toi qui est parti au milieu des délices d’un quartier d’hiver

Turning Stone Casino Resort, golf green

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11 réflexions sur “Et il est parti, au milieu des délices d’un quartier d’hiver

    • Merci, c’est vraiment difficile de réaliser une perte si soudaine, et ça ébranle forcément… Je lisais dans Flow un papier sur les regrets qu’expriment les gens au soir de leur vie. Ne pas avoir passé assez de temps avec ses proches revient toujours… On croit qu’on a le temps…

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