De quoi se souviendront-ils ?

Que restera-t-il de ces années de tout-petits ? De ces jours collés à nous, de ces heures de câlins, de ces semaines de découverte ? Garderont-ils des images, des impressions, ou tous ces souvenirs s’effaceront-ils à mesure qu’ils en fabriqueront de nouveaux ?

J’ai très peu de souvenirs de ma petite enfance : une marelle en forme d’escargot, la brique de lait qu’on nous donnait tous les matins, une camarade qui me griffe le nez. Du primaire, je garde quelques flashs, des sensations de frustration, de fierté, de peur, des choses assez puissantes pour avoir laissé une trace tenace.

Mais mes enfants, mes petiots, que vont-ils conserver ? Sauront-ils les fous-rires, les parties de cache-cache, leurs passions d’enfants pour tel jeu ou doudou ? Leurs peurs de bébés les suivront-elles ? Les recoins de leurs cerveaux abriteront-ils encore, dans quelques années, le goût des premières fraises, les bras ouverts de leurs parents, les racines de leur complicité de frères et soeurs ?

Parfois, les heures s’étirent comme des jours. Quand ils sont malades, quand ils pleurent, quand l’inquiétude nous envahit. C’est le temps tout relatif des soucis, des soins, de l’attente. Des mains fraiches sur les fronts brûlants, des nuits aussi blanches que leurs joues sont rouges, des questions sans réponses. Le coton de ces jours flous, se délite-t-il aussi vite que la velours des baisers ou le voile léger des jours d’été, pieds nus dans le sable ?

Et les cris, les pleurs, les larmes ? Les leurs et les miens ? Les punitions, les hurlements, tous ces craquages dont je ne suis pas fière, les presque fessées, les sanglots impuissants devant leurs pleurs de bébés ?

Je suppose que tout s’effacera, le bon, le beau et le reste. Mais j’aime me dire que les milliers d’attentions, caresses, sourires, baisers et bercements, tous ces gestes insignifiants, quotidiens et anodins, formeront une base douce et solide pour leur futur. Que le bonheur est tenace, même s’il n’est pas toujours bruyant. Que la confiance, celle que je vois dans leurs yeux tous les jours, perdurera.

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22 réflexions sur “De quoi se souviendront-ils ?

    • niark, la diabolique qui fait pleurer les femmes enceintes hahahaha ! Ben oui, on se demande… nos tout petits, nos amours… et puis on en est encore à un stade où on s’en sort finalement bien, on se dévoue pour eux et si ils vont bien c’est qu’on assure. oui ? Non ? Mais après ?

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  1. Oups moi j’ai la gorge qui s’est serrée ! Tu écris vraiment magnifiquement bien et tu transmets beaucoup d’émotions 😊
    On garde en effet quelques bribes de souvenirs, des images, des odeurs, des sensations, des sentiments mais tellement peu par rapport a tout ce qu’on a vécu dans notre enfance… Mais comme tu le dis, je pense que tout ça constitue une base solide pour la construction des enfants, même s’ils n’en ont pas conscience ☺️

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    • Oui, une jolie base si possible, stable… Mais on n’a finalement pas tellement de contrôle sur tout ça. Je me dis que mon grand de 4 ans et demi doit commencer à se faire des souvenirs qui resteront, j’espère qu’ils seront beaux !!
      Merci merci pour les compliments 🙂

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  2. Come toi j’ai l’impression de ne pas avoir beaucoup de souvenirs de mon enfance mais depuis que je suis maman je sais que je n’ai rien oublié : les câlins, les caresses, la patience, ce que je lui donne à boire, à manger, à faire, à voir, c’est ce que j’ai reçu et que je lui transmets à mon tour… tout était là, gravé, enfoui, et ne demandait qu’un petit magicien pour tout faire ressurgir !

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    • Je crois que c’est seulement à ce moment-là qu’ils sauront à quel point on a passé du temps pour leur bien-être, ou qu’ils en prendront la mesure. Quand ils passeront à leur tour des heures à promener leurs bébés, à s’inquiéter pour eux, et à se poser des questions sans réponse…

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      • Oui, c’est le lot de tous les parents, cette petite rengaine qui nous gonflait tant quand on était petits « tu verras quand tu auras des enfants »… 😉 Accessoirement, ils ne le reconnaîtront pas 😀

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      • Comme on ne le reconnait pas nous-même 😉 et puis en fait on ne sait jamais vraiment comment nos parents ont fait exactement. Ma mère, toujours charmante, disait « tu verras quand tu auras une fille aussi pénible que toi » 😓

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  3. J’ai trouvé ça très beau 🙂 C’est marrant mais avant même de lire cet article ce soir je discutais avec Fab et lui disais que même si Liam n’avait aucun souvenir de ses premiers mois ; je ne voulais surtout pas « mal faire » (genre la méthode de laisser pleurer ton bébé 2 jours après il fait ses nuits) car je suis persuadée que ça doit rester quelque part dans un coin…. Si l’enfant est heureux avec des parents qui l’aiment et présents (même si parfois c’est dur) cela aura une influence positive, en tout cas je l’espère. Bisous

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  4. Il est beau ton article.. et soulève une vraie question parce que j’ai souvent remarqué que malgré tous les souvenirs positifs, souvent, on va se souvenir DU petit truc que notre mère n’aura pas vu/ pas fait/ pas compris et qui a signifié beaucoup dans notre esprit d’enfant à ce moment là. C’est terrible de se dire qu’on a beau se donner au max, si ça se trouve ce qu’il retiendra c’est LE seul jour où on aura été au téléphone et répondu vaguement « oui oui » à l’annonce d’une bonne note et que ça l’aura énormément blessé, et qu’il s’en souviendra vingt ans plus tard !
    Même si je crois comme toi à l’instauration d’une « base » générale de confiance et de douceur dont ils se souviendront et qui leur permettra de relativiser le reste ( j’espère 😉 )

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    • Même chose pour moi… Je ne voulais pas faire ma Cosette mais les souvenirs que j’ai de ma mère sont quasi tous liés à des sentiments de frustration, de honte, de colère… Il faut dire qu’elle est spéciale mais il doit bien y avoir eus de jolis moments aussi, seulement je ne les ai pas gardés. Bon mais sinon… Comment ça va toi ??? Vous ???

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  5. Pingback: La revue du web #48 | Papa Panique

  6. Bonjour Amélie, super joli article. Je me pose souvent cette question pour ma fille de 2 ans et demi. J’ai des souvenirs heureux de mon enfance à la campagne, beaucoup, peu évidemment de ma petite enfance. J’essaie de tricher un peu pour elle, et de prolonger les grands moments avec des photos et des vidéos. Mais je sais que ça ne changera rien ou pas grand chose. Par contre, même si le souvenir ne reste pas, je suis convaincue que beaucoup de choses se jouent maintenant, la confiance en soi, la confiance en l’autre notamment. Alors nous faisons de notre mieux pour bâtir autour d’elle un monde sur lequel elle peut construire. Bon lundi de Pâques à toi et aux tiens.

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