Je n’étais pas seule dans mon lit (encore une chouette nuit à l’hôpital)

La Mini devait retourner à l’hôpital pour de nouveaux examens, et comme d’habitude nous avions prévu de dormir avec elle. La première nuit était pour moi. Une chic soirée en perspective.

20h, j’ai mangé, facetimé avec les garçons, fini les Ritz, la Mini a l’air bien tranquille… y’a plus qu’à m’installer pour un petit marathon de How i met your mother sur Netflix.

20h22, pour que ça soit encore plus fun, je décide de me faire une tisane. Wouh la fête.

20h36, je me brûle avec ma tisane devant l’épisode 6 de la saison 6.

23h45, y’a plus de tisane et je sature légèrement de HIMYM. Serait ptet temps de me coucher.

23h46, je finis par repérer mon plumard : un lit pliant Quechua planqué dans un coin. Je tente de me persuader que ça va aller.

23h47, j’essaie d’imaginer comment placer ledit lit pliant Quechua (celui-ci précisément), entre la chaise de jardin Ikea (celle-là, avec exactitude), le lit de la Mini et les parois de notre box.

23h49, je réfléchis toujours.

23h57, l’équipe de nuit qui vient relever les constantes de la Mini me propose un lit pliant à la place du lit de camp. J’accepte avec reconnaissance. Et me félicite d’avoir procrastiné depuis 10 minutes.

23h58, je suis trop contente de ne pas avoir à dormir sur le lit de camp. La dernière fois avait été légèrement pourrie. Même s’il manque une ou deux lattes au lit pliant, même si les pieds sont défoncés et qu’il est bancal… ça restera moins pire. Youpi pour le lit pliant !

00h04, la gentille auxiliaire de puériculture m’amène un lit, des draps, un oreiller et une couverture. La luxe suprême, les oreillers sont rares… et je ne savais même pas qu’ils avaient des couvertures.

00h06, je découvre avec ravissement qu’il ne manque aucune latte à mon lit : elles ont toutes été supprimées et remplacées par deux bonnes planches de contreplaqué. Pas de trou dans mon dos cette nuit, décidément cette soirée s’améliore à chaque minute.

00h07, j’ai faillé me péter un doigt, mais j’ai déplié l’engin. Je regarde suspicieusement le matelas couvert de plastique blanc. Il n’a pas l’air super net, le machin. C’est quoi les petits points noirs ? Une voix dans ma tête chuchote « déjections de puces », mais je lui colle un gros pain. Y’a aucune latte qui manque et les pieds sont d’équerre, bordel ! Une nuit à plat et sans trou, faut pas trop demander de plus, alors j’arrête de faire ma mijaurée et j’installe les draps.

00h12,  le monitoring du bébé du box voisin m’accompagne alors que je sombre, mes pensées commencent à s’enchainer avec la logique particulière de ce moment qui précède juste le sommeil. Une lumière s’allume, un enfant pleure, je m’enfonce…

00h13, je m’enfonce mais y’a un truc qui me gratte.

00h14, y’a un truc qui me gratte, je ne m’enfonce plus du tout. Pourquoi mon pied me gratte ?

00h15, j’enfile mes chaussures, vais allumer la lumière, reviens au lit. J’ai un bouton sur le pied. J’ouvre les draps, inspecte. Rien. J’éteins la lumière enlève mes chaussures, me remets au lit. Allez dodo.

00h16, la Mini ronflotte, je vais me rendormir, ce n’est rien, tout va bien, je m’enfonce…

00h18, je gratte mon pied.

00h19, un coin de lumière se refait dans mon esprit alors que je gratte de plus en plus fort mon pied. Elle sort d’où cette piqure ? Je n’ai pas entendu de moustique, et puis pourquoi me faire piquer dans le lit ? Des souvenirs de cours de parasitologie refont surface. Lit, hématophage, parasite, nocturne. Oh p*****. Non pas ça. Pas ça pitié. Non pas ça, sérieux. Oui mais quoi d’autre ?

00h20, j’allume la GRANDE lumière, celle qui éclaire tout le monde en même temps que nous, j’ouvre le lit, et je cherche.

00h21, cri de désespoir. Je n’étais effectivement pas seule dans mon lit. Et je viens de trouver ma colocataire. Une voix dans ma tête chuchote « c’est la fin du monde on est foutus c’est une catastrophe monumentale« , je ne peux qu’acquiescer devant l’évidence. On s’est chopé une punaise de lit.

00h21, la sale bête fuit la lumière à toute allure. Faut la choper avant qu’elle se planque, nom de d***.

00h23, j’attrape la saleté avec un mouchoir en papier et je fais un petit paquet tout serré pour bien l’emprisonner. Je ne sais pas quoi en faire. Je regarde le lit et j’ai envie d’y foutre le feu. Je me collerais des coups de pied au cul pour ne pas avoir écouté la petite voix au dépliage de lit.

00h24, j’alerte l’équipe de nuit sur la présence inopportune de l’insecte nuisible, envahissant, parasite et flippant dans mon lit. Je certifie main sur le coeur que non, ce n’est pas une punaise des bois, une coccinelle ou tout autre sympathique arthropode, mais bien une putain de punaise de lit, du genre fléau qui s’installe chez toi et dont tu ne peux plus te débarrasser. J’invoque mes études de pharmacie et les modules de parasitologie « Alors croyez-moi, je sais reconnaitre une punaise de lit« . {En revanche si vous ramassez des champignons dans les bois, demandez à quelqu’un d’autre, la mycologie c’est pas mon kif}.

00h26, je trouve l’emballage du sachet de ma tisane, je fourre dedans le mouchoir en boule qui contient la punaise, je referme l’emballage en pliant 10 fois le bord. Et je colle le tout dans la poubelle. Ouf. Je suis sauvée.

00h27, l’équipe de nuit a enfilé ses gants et rejoint mon box. Je plie le lit avec tout à l’intérieur, draps et oreiller, et je le pousse vers elles pour qu’elles le mettent en quarantaine.

00h28, je me lave frénétiquement les mains, je me dis que ça va aller, que probablement il n’y en avait qu’une, qu’elle était bien cachée dans ce lit, que c’est pas de bol, que c’est bon maintenant. Que le lit est parti, que je suis sauvée.

00h29, je déplie le lit Quechua, on m’apporte des draps propres. Pas d’oreiller ce coup-ci. Cette nuit est de pire en pire.

00h45, allongée sur le lit de camp, je suis très loin de m’endormir. Mon pied me gratte. Et plus j’y pense, plus tout me gratte. L’épaule gauche, la cuisse droite, le dos là-haut. Ça me démange de partout. Je suis sure que les boutons de moustique de l’été dernier recommencent à me gratter tellement je psychote. Une punaise. Une punaise de lit. Je ne sais même pas si je l’ai tuée en l’enfermant. Elle est dans la poubelle. Je l’imagine en train d’essayer de sortir de l’emballage de la tisane et de revenir férocement vers moi. Je m’ordonne de fermer les yeux et me concentrer sur ma respiration.

00h46, je sors le sac de la poubelle, je fais un noeud avec le sac, et encore un noeud par dessus, et je vais jeter ma poubelle nouée dans la grande poubelle dans le couloir. Ouf.

00h48, le soulagement se dissipe. Et si il y en avait d’autres ? Et si il y en avait sur moi ? Et si elles étaient dans la chambre et pas dans le lit ?

00h53, je me fais un oreiller avec la couverture polaire de la Mini, je cherche une position sur le lit de camp. Je suis à l’affut, je suis prête à bondir, je suis aware, je suis affutée comme JCVD. Let them come.

1h12, pour le moment pas d’autre piqure. Elle devait venir du lit. Planquée sous une planche ou dans une couture. Je dois respirer et faire le vide. Ça va marcher. Je suis calme. Je suis plus forte qu’une punaise. Je dois dormir.

1h27, je révise les techniques d’extermination des punaises sur internet. Je ne suis pas plus forte qu’une punaise. Pitié, faites que je n’en ramène pas à la maison.

2h19, ça se mélange un peu pendant que je m’enfonce… laver le congélateur à 60 degrés minimum et pulvériser le sèche-linge derrière les plinthes…

3h33, réveil en sursaut, bébé qui hurle dans le box d’à côté, monito qui bippe à fond. Mais je suis tellement naze que je n’en ai plus rien à faire des punaises, je ne pense même plus aux punaises. M’en fous, je rêve d’un grand feu de lits Quechua et de sachets de tisane.

Encore une chouette nuit à l’hôpital.

f27fddfc503c725f6ed59d60cca76204

 

 

Advertisements

4 réflexions sur “Je n’étais pas seule dans mon lit (encore une chouette nuit à l’hôpital)

  1. Oui j’imagine ton stress ! C’est ma grande obsession ici en Inde !! La punaise de lit :-(((J’espère que tout va mieux et que la mini et toi êtes rentrées chez vous et avez retrouvé votre lit douillet ! Amitiés Floriane

    J'aime

  2. Pingback: 8 pics a week #60 (petits bonheurs de septembre) | Les vies d'Amélie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s