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Ce matin, après avoir accompagné les garçons à l’école, je suis passée par le Monoprix. Les allées étaient désertes, hormis quelques nounous et retraités. (Vous avez remarqué comme les retraités sont au taquet le matin ? Passez devant un supermarché ou une pharmacie cinq minutes avant l’ouverture, vous les verrez piaffer.)

Un peu partout, des employés s’activaient pour la mise en rayon. Après avoir hésité longuement sur le choix des chocolats pour Pâques et récupéré le lait de soja vanille pour le Grand, j’ai pensé à l’origan. Avouez que les pizzas sans origan, c’est nettement moins bien. (Et là vous vous dites que c’est bien gentil tout ça, mais vous n’êtes pas venus pour lire ma liste de courses. Deux minutes, j’arrive au noeud de l’histoire).

Bref je passe les cornichons, le ketchup, un gars du Monop’ était en train de remplir un rayon d’huile d’olive. Et une grosse palette bloquait l’accès aux aromates. Je fais le tour de la palette, je regarde par la droite, par la gauche. Si je peux attraper mon origan sans déranger personne, ça sera quand même plus simple. Malheureusement, si origan il y a, je ne peux pas le voir. À ce moment le gars du Monop’ attrape la poignée du transpalette, bouge ladite palette et marmonne « Putain, c’est toujours pareil ! Elle peut pas demander ? ». Je regarde le gars du Monop’ qui retourne à ses bouteilles. Je l’entends dire « et dis pas merci surtout ».

Je bloque un moment. Ça cogite sec dans ma tête.

Option numéro 1 : je fais comme si je n’avais pas entendu et je vis ma vie passionnante à la recherche de l’origan.

Option numéro 2 : je dis merci au gars du Monop’, et je continue ma vie passionnante à la recherche de l’origan.

Option numéro 3 : je vais voir le gars du Monop’ et je l’engueule. Après tout, il a commencé, même s’il parlait plus à ses bouteilles d’huile qu’à moi.

Option numéro 4 : option numéro 1, 2, ou 3 + je vais me plaindre au directeur du Monop’. Il passe son temps à trainer dans le magasin pour surveiller ses troupes, il ne devrait pas être trop difficile à trouver (c’est le seul type qui ressemble à un retraité mais qui ne traine pas de caddie à roulette derrière lui).

Donc je regarde ce gars, un grand gaillard qui remplit un rayon d’huile d’olive, et qui peste tout seul dans son coin à 9h10 un mardi matin. C’est assez triste. Le type passe visiblement une journée pourrie, et c’est à peine le début de matinée.

Option numéro 5 : je vais le voir en souriant gentiment.

-Bonjour, c’est à moi que vous parlez ? 

Là, je me dis qu’il va probablement se dégonfler et faire comme si de rien. Mais non :

-Ouais, sérieux, c’est toujours pareil, c’est si compliqué de me demander de pousser la palette ? 

-C’est à dire… vous ne m’en avez pas laissé le temps. Et puis je ne voulais pas vous déranger. 

-Mais ça ne me dérange pas, vous demandez, je pousse la palette, vous dites merci, voilà. 

-Je comprends, mais vous êtes juste arrivé en disant « putain elle peut pas demander ». Je me sens un peu agressée. 

Pour être tout à fait exacte je me suis sentie super agressée. A vrai dire, en lui parlant, j’atteins un niveau de stress assez élevé. Le gars est tout fermé, tout renfrogné. Il passe vraiment une sale journée. Il répond :

-Mais je ne vous agresse pas !

Je souris, je persiste.

-Mettez-vous à ma place, entendre « putain elle peut pas demander », c’est vraiment pas agréable. 

-Ouais, c’est sur, mais j’ai passé un bon week-end, je reprends le boulot, et c’est toujours la même chose. 

Voilà, c’est juste un type qui reprend le taf et qui est confronté à nouveau à un truc qui l’exaspère. Je ne suis pas le problème, je suis une manifestation de son problème.

-Je comprends, parfois le boulot ça craint. Mais là avouez, c’était un peu agressif. 

-Non mais c’est pas vous, c’est en général !

-Donc c’est moi qui prend pour tous les autres ? C’est pas cool !

Comme je souris, comme je reste calme, il commence à se détendre.

-Ouais je suis désolé, c’était pas contre vous. 

Son visage d’ouvre enfin, il esquisse un sourire. Du coup je m’engouffre :

-Merci d’avoir bougé la palette en tout cas. Allez, on respire un bon coup, on va passer une bonne journée !

C’est mon côté prof de yoga, je ne peux pas m’empêcher de dire aux gens de respirer. Et puis une collègue à lui est arrivée, je ne tenais pas à le mettre mal à l’aise devant elle donc j’ai dit au revoir et je suis retournée à ma vie passionnante à la recherche de l’origan.

Voilà. J’ai croisé le directeur qui errait au rayon des couches pour bébé, je suis passée en caisse avec les chocolats de Pâques, le lait de soja, et l’origan (je sens bien que vous vous inquiétiez pour mes pizzas, soyez rassuré elles sont sauvées). Je tremblais un peu, parce que ça m’a demandé une bonne dose de courage pour aller affronter ce gars tout énervé, mais je suis contente de moi. Il a souri quand je suis partie. Sa journée sera peut-être un peu moins pourrie. Ou au moins il aura peut-être réalisé que « les gens » qui le saoulent sont des personnes qui ne pensent pas à mal, et sont peut-être juste soucieuse de ne pas le déranger, ou trop timides pour oser le faire. Peut-être que ça changera quelque-chose pour lui.

L’option douceur, face à l’agressivité, peut suffire à désamorcer un conflit. On a bien besoin de douceur dans ce monde de…  vous ne trouvez pas ?

Ahimsa, ou non-violence. Une des observances du yoga.

5 comments on “Un peu de douceur dans ce monde de…

  1. Emilie dit :

    Je suis complètement d’accord. Sur un parking de supermarché un retraité avait manqué m’écraser alors que je traversais pourtant sur un passage piéton. Il m’avait insultée par la fenêtre de son véhicule en me suivant à mesure que je marchais.
    Avec un grand sourire lui ai demandé de se calmer, il n’y avait rien de grave. Au bord des larmes, la voix tremblante et visiblement désarmé par ma réaction il a bafouillé « J’ai eu peur ». Ben voilà y a pas de mal et sur ce je vous souhaite une excellente journée 😊 nous sommes partis chacun de notre côté le coeur léger et le sourire aux lèvres.

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    1. Amélie dit :

      C’est vrai ça, c’est facile de basculer sa peur ou sa colère sur l’autre, c’est une façon de se défendre en attaquant. Mais c’est un point super important que tu évoques sur la fin : quand on fait « la chose juste », on repart en général plus serein ! Belle journée à toi !

      J'aime

  2. Je suis allée voir l’Insulte au cinéma cette semaine et ça parle exactement de ça (mais avec de l’agressivité des 2 côtés à la place de la douceur et à plus grande échelle, c’est à Beyrouth entre un palestinien et un chrétien libanais) : qu’est-ce que c’est dur de rester calme quand on se sent (injustement) agressé-e ! Alors que pourtant l’agression n’est peut-être qu’un malentendu et pas contre nous… (Et le film vraiment très très bien, je recommande +++)

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    1. Amélie dit :

      C’est clair, ça peut monter très vite, une vraie escalade si aucun ne s’arrête pour reprendre son souffle (et ses esprits), même sur des trucs hyper banals. Ce midi j’ai vu deux automobilistes qui se pourrissaient par la fenêtre, l’un ayant coupé la priorité à l’autre. Je crois qu’ils sont partis en s’insultant. Alors j’imagine quand ce sont des personnes qui portent en plus le bagage d’un peuple ou d’une communauté… Plein de bises, et merci pour la recommandation !

      Aimé par 1 personne

  3. Isa dit :

    Bonjour Amélie,
    Entièrement d’accord avec vous… les gens sont de plus en plus pressés, agressifs, se plaignent tout le temps…je peux essayer de le comprendre… la météo qui ne s’améliore pas vraiment, la conjoncture actuelle… mais bon !! Je pense que les gens ont effectivement peur et du coup, se lâchent sur la première personne qui passe… Manque de chance si cela tombe sur nous !! Alors, comme j’aime à le dire, faisons en sorte d’être heureux… célébrons cette vie si précieuse !!!
    Merci Amélie pour ces petits moments partagés avec vous… J’espère que votre petite Mini va bien ainsi que toute votre petite famille. Je vous souhaite de belles fêtes de Pâques.
    Au plaisir de vous lire… Isa

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