Le pharmacien, cet incompris

Tu vois, le monde se divise en deux catégories. Ceux qui ont un pistolet chargé qui trouvent leur pharmacien bien utile, et ceux qui se demandent à quoi sert le gus en blouse derrière le comptoir.

Alors bon. Ayant moi-même été une gusse en blouse derrière un comptoir pendant quelques années, j’ai décidé aujourd’hui de prendre la parole la plume le clavier pour défendre mes confrères et consoeurs opprimés maltraités incompris.

Le pharmacien d’officine, c’est un spécimen précieux. Contrairement à ce que la littérature, le cinéma ou la télé voudrait nous faire croire, le pharmacien n’est pas forcément le mec le moins bandant du monde (Madame Bovary), un con malaimable (Le père Noël est une ordure), un membre d’une industrie malfaisante (The constant gardener), un harceleur meurtrier (Desperate housewives), un écolo empoisonneur (Le pharmacien de garde), ou un gros bourge pété de thune (Scènes de ménage).

Et là déjà, après cette énumération, je me dis qu’il y a du taf pour réhabiliter la profession. Parce que messieurs-dames, nous sommes face à une injustice flagrante.

whatisthisshit

Le médecin à la télé ? Il sauve des vies. Il crie « faites-lui un scanner et un ionogramme tout de suite ou cet homme va mourir« , et tout le monde s’en fout que ça n’ait pas de sens.

clooney

Sa blouse, elle est cool. Il a un stéthoscope. Il détecte des maladies mortelles avant son premier café, il fait des trachéotomies avec des pailles de Mc Do et des césariennes avec des couteaux à beurre, il se retrouve dans des crashs d’avion/de train/ de ferry/ de voiture/ de cariole à bras, et dans tous les cas il sauve tout le monde. Ou alors il tient dans ses bras le mourant jusqu’à la fin, et c’est beau. Même parfois c’est un psychopathe/drogué/mal rasé à canne qui dit qu’il faut mentir aux patients, et c’est quand même un héros.

dr-house

Alors que le pharmacien… au mieux c’est le dealer qui file les cachetons au cool médecin drogué, et au pire… je vous renvoie au troisième paragraphe de ce texte.

Mais pourquoi, pourquoi, POURQUOI une telle différence de traitement ?

Jack-Nicholson

Ok le médecin diagnostique. Mais le pharmacien aussi est capable de reconnaitre des maladies. Les gorges qui piquent, les entre-orteils qui démangent, les yeux qui collent, et tous ces bobos-là, le pharmacien est capable de les identifier et de proposer quoi faire. Et sans faire payer de consultation (vous en connaissez beaucoup, des professionnels qui conseillent gratis ? Essayer avec votre garagiste ou votre généraliste, pour voir).

Alors non, les orteils qui puent, c’est pas glamour. C’est pas classe comme découvrir un angioglyome fulgurant de l’hippocampe cortical (oui je dis n’importe quoi, tout à fait), mais avouez qu’on a plus souvent des angines, des pieds d’athlète et des conjonctivites que des maladies gravissimes et imprononçables.

Ok le médecin prescrit. Mais le pharmacien il déchiffre les ordonnances. Et ouais. Et il a les médocs, et il explique comment les prendre, et tout ça.

drugs

Le pharmacien, c’est un gars pragmatique. Il a une blouse (un peu sale, le plus souvent), des stylos plein la poche droite, et de l’autre côté des trombones et des vieux élastiques. Il sait se servir d’un ordinateur, d’un lecteur de carte bleue. Il ne t’oblige pas à remplir un chèque à la main, lui. D’ailleurs souvent il ne te fait pas payer. Si c’est pas un mec sympa…

Voilà. C’était ma première pierre à l’édifice de réhabilitation des pharmaciens d’officine. La prochaine fois on verra pourquoi les pharmaciens roulent tous en BMW, et comment monter un trafic de Subutex avec son pharmacien de quartier.

Ill-Be-Back-Terminator

 

 

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Ce sirop, il est encore bon ? {conservation des médicaments}

« Le flacon de Doliprane, là, il est encore bon ? Et le tube de Polysilane ? »

Vous vous êtes déjà posé cette question ? Alors cet article pourrait vous être utile…

Autrefois, j’étais pharmacienne. En blouse blanche, derrière un comptoir, tout ça. Après, j’ai été journaliste scientifique. Plus de blouse, plus de comptoir, mais toujours de la pharmacie.

Maintenant je suis… entre parenthèses ! Mon avenir professionnel reste à définir, parce que je le veux différent de ce que j’ai connu, plus adapté à ma vie de famille.

Mais la pharmacienne et la journaliste sont toujours là, et je me suis dit que je pourrais mettre ces expériences à profit sur le blog.

Voici donc le premier article d’une nouvelle sériée dédiée aux enfants et à la famille (toujours) mais aussi aux médicaments, à la cosméto… bref une nouvelle rubrique pharma/parapharma ! Vous me direz si ça vous plait, et si des sujets vous intéresseraient particulièrement ?

On commence avec une liste récap à afficher dans l’armoire à pharmacie : les durées de conservation des médicaments.

Gouttes et sirops

En général, 6 mois après ouverture (valable pour Doliprane, Advil…)

Pour le gel de polysilane en tube, c’est 1 an.

Quelques exceptions :

Conservation 7 jours après ouverture :

• Augmentin suspension/gouttes
• Clamoxyl/amoxicilline sirop
• Érythrocine suspension

Conservation 1 mois après ouverture :

• Atarax.
• Codenfan.
• Débridat suspension buvable.
• Dépakine.
• Gaviscon suspension buvable nourrissons.
• Imodium suspension buvable.
• Rhinathiol.
• Tussidane avec et sans sucre.

Conservation 2 mois après ouverture :

• Célestène.

Conservation 3 mois après ouverture :

• Gaviscon suspension buvable adulte.
• Motilium suspension.

Comprimés, capsules, suppositoires, ovules, poudres

Quand ils sont conservés dans leur emballage d’origine, dans des conditions normales de température et d’humidités (voir plus bas), ils se gardent jusqu’à la date de péremption indiquée sur l’emballage. C’est donc valable pour les gelules de Dafalgan, les comprimés de Doliprane, le Smecta en poudre, les suppos de Spasfon, les ovules de Gyno-pévaryl, etc…

Collyres, gels et pommades ophtalmiques

Sauf mention contraire sur l’emballage, se conservent 1 mois après ouverture.

Quelques exceptions : Cébémyxine, Fucithalmic, Maxidrol, Naaxia, Tobrex (15 jours), Cromabak et Larmabak (8 jours),

Gouttes auriculaires 

1 mois après ouverture. Attention, on ne partage pas entre membres de la famille !

Gouttes, sprays et pommades nasales

1 mois après ouverture, et idem, on ne partage pas, c’est perso !

 

Pommades, crèmes, gels

En général, les tubes et les flacons se conservent 1 an après ouverture. Les pots se conservent 3 mois après ouverture.

Quelques exceptions :

• Bétadine alcoolique, bain de bouche, dermique, gynécologique, pommade, scrub : 1 mois.

• Cetavlon : 1 mois

• Crème Emla : 28 jours.

• Dakin : 1 mois.

• Flammazine : 8 jours.

• Fucidine crème et pommade : 10 jours.

 

Trucs et astuces : 

Où mettre sa trousse (ou son armoire) à pharmacie ? Surtout pas dans la salle de bain ! Les variations de température et d’humidité sont calamiteuses pour la conservation des médicaments. La cuisine ? Pas top non plus pour les mêmes raisons. L’idéal sera donc une chambre, un salon, l’entrée ou les toilettes éventuellement. Et toujours hors de portée des enfants, bien sur.

Comment s’y retrouver pour la conservation des médicaments ? Ça demande un peu d’organisation : garder ce récap à portée de main, avec un stylo et du sparadrap ou du washitape. Quand vous entamez une bouteille ou un tube, notez la date du jour dessus. Si c’est un tube en métal, collez un morceau de sparadrap ou de washitape et notez la date dessus. Et voilà !

Le coup du sparadrap est aussi bien utile pour noter sur les gouttes nasales, par exemple, à qui elles appartiennent. Pratique quand on a deux marmots enrhumés en même temps 🙂

En espérant que ça soit utile, et à plus !

armoire pharmacie