Être maman, ça veut dire…

Avoir une petite main dans la sienne quand on marche dans la rue

Vraiment attendre que le bonhomme passe au vert pour traverser

Se retrouver à cours d’alcool mais avec beaucoup, beaucoup, de briquettes de jus de fruit

Marcher comme un sioux, la nuit dans le noir, dans un appart au sol jonché de Légos

Apprendre à ne plus hurler ni jurer quand on marche sur un Légo, la nuit dans le noir

Avoir plein de bouchons de pom’potes au fond de son sac à main

Etre souvent à cours de mouchoirs

Acheter les gâteaux et les viennoiseries par multiples du nombre de ses enfants

Se dévouer et manger la dernière glace, parce que sinon ça ferait des jaloux

Ne plus réussir à finir tes assiettes, parce que tu t’en fais piquer la moitié par des oisillons affamés

Acheter des fraises au prix de l’or, juste pour le plaisir de les voir les croquer et s’en mettre partout

Développer une ouïe exceptionnelle pour tout ce qui est insultes et gros mots

Tressaillir quand un pote venu pour l’apéro dit « putain, quel bordel! » alors que les enfants sont là

Renoncer raisonnablement à s’acheter un joli top, mais craquer pour des petites fringues et accessoires qui les rendraient encore plus mignons

Avoir l’impression de passer son temps à couper des petits ongles

Rire beaucoup, pleurer parfois, s’énerver comme jamais

Confondre la perte de la tétine avec la fin du monde

Renoncer à prendre un bain tranquille

Renoncer à faire pipi tranquille

Changer son canapé blanc pour un modèle moins salissant

S’apercevoir que même sur les canapés noirs, certaines tâches ne pardonnent pas

Interdire de sauter sur le lit, mais de temps en temps y sauter soi-même

Caresser des petites joues, embrasser des jolis fronts, cajoler et câliner à tour de bras

Avoir peur, stresser (souvent) pour rien, angoisser terriblement

Penser parfois à son ancienne vie, avant les enfants, et soupirer un peu

Recevoir un gros câlin, entendre « je t’aime jusqu’au ciel », et tout oublier ❤

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De quoi se souviendront-ils ?

Que restera-t-il de ces années de tout-petits ? De ces jours collés à nous, de ces heures de câlins, de ces semaines de découverte ? Garderont-ils des images, des impressions, ou tous ces souvenirs s’effaceront-ils à mesure qu’ils en fabriqueront de nouveaux ?

J’ai très peu de souvenirs de ma petite enfance : une marelle en forme d’escargot, la brique de lait qu’on nous donnait tous les matins, une camarade qui me griffe le nez. Du primaire, je garde quelques flashs, des sensations de frustration, de fierté, de peur, des choses assez puissantes pour avoir laissé une trace tenace.

Mais mes enfants, mes petiots, que vont-ils conserver ? Sauront-ils les fous-rires, les parties de cache-cache, leurs passions d’enfants pour tel jeu ou doudou ? Leurs peurs de bébés les suivront-elles ? Les recoins de leurs cerveaux abriteront-ils encore, dans quelques années, le goût des premières fraises, les bras ouverts de leurs parents, les racines de leur complicité de frères et soeurs ?

Parfois, les heures s’étirent comme des jours. Quand ils sont malades, quand ils pleurent, quand l’inquiétude nous envahit. C’est le temps tout relatif des soucis, des soins, de l’attente. Des mains fraiches sur les fronts brûlants, des nuits aussi blanches que leurs joues sont rouges, des questions sans réponses. Le coton de ces jours flous, se délite-t-il aussi vite que la velours des baisers ou le voile léger des jours d’été, pieds nus dans le sable ?

Et les cris, les pleurs, les larmes ? Les leurs et les miens ? Les punitions, les hurlements, tous ces craquages dont je ne suis pas fière, les presque fessées, les sanglots impuissants devant leurs pleurs de bébés ?

Je suppose que tout s’effacera, le bon, le beau et le reste. Mais j’aime me dire que les milliers d’attentions, caresses, sourires, baisers et bercements, tous ces gestes insignifiants, quotidiens et anodins, formeront une base douce et solide pour leur futur. Que le bonheur est tenace, même s’il n’est pas toujours bruyant. Que la confiance, celle que je vois dans leurs yeux tous les jours, perdurera.

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Maman à nouveau {falling in love, again}

Maman. Maman deux fois. Maman trois fois. Et à nouveau tomber en amour pour un tout petit être.

A nouveau pleurer de la prendre dans mes bras pour la première fois, m’émerveiller de la voir enfin là, de la perfection de ses minuscules doigts, de cette force innée qui pousse un nouveau-né à ramper pour prendre sa première tétée.

Ma fille. Ma première fille et mon troisième bébé. Mon amour, ma beauté.

Guetter ta respiration, sentir mon coeur se serrer de t’entendre pleurer, te chuchoter des mots doux et t’apaiser.

A nouveau se promettre que nous ferons tout, toujours, pour te protéger.

Enfouir mon nez dans un si petit cou, humer l’odeur de ta peau, caresser ta joue de ma joue.

A nouveau suspendre mon souffle à la recherche du tien, m’endormir en te tenant contre moi, fondre de te voir si petite dans les bras de ton papa.

Oublier le reste du monde, plonger dans le bleu indicible de tes prunelles toutes neuves, guetter tes éveils, caresser ton sommeil.

A nouveau vivre à ton rythme et ta loi, se laisser gagner par la douceur simple de te serrer contre moi, sombrer ensemble après ton repas.

Souffrir et sourire, s’oublier, se retrouver.

A nouveau confondre le jour et la nuit, dormir à demi, sursauter au moindre bruit.

Apprendre à te connaître, découvrir ta voix, se demander à qui tu ressembleras, essayer de deviner ta personnalité.

A nouveau recentrer l’univers sur mes tout-petits, sentir mon coeur éclater quand ton frère te serre contre lui, retomber amoureuse de mon mari.

Aimer, à en rire et en pleurer à la fois.

Devenir maman, à nouveau, grâce à toi.

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Cette maman que je voudrais être

Il y a tant de choses que je voudrais être pour mes enfants. Quand je les vois si petits, si innocents. Quand ils rient et s’amusent. Quand ils ont du chagrin. Quand je me souviens des minuscules bébés qu’ils ont été. Quand je les regarde dormir la nuit, si calmes et si beaux.

Dans ces moments-là je n’ai qu’une envie, c’est de les protéger, pour qu’il ne leur arrive jamais rien de mal. Cette pulsion qui nous a envahis, leur père et moi, dès la naissance du Grand, elle ne me quitte jamais vraiment. Mais parfois elle est balayée par la colère, la fatigue, l’agacement. Et dans ces moments-là je m’en veux, parce que je m’éloigne de la maman que je voudrais être.

Cette maman « idéale », elle n’existe bien sur que dans mon esprit.

Elle est  bienveillante en toutes circonstances. Elle porte sur ces enfants un regard aimant à tout moment. Elle sait être ferme tout en restant douce. Elle ne perd pas patience, car elle sait que la répétition fait partie de l’éducation. Elle ne s’énerve pas, et elle n’envoie pas ses enfants dans leur chambre parce que le besoin de hurler après eux la prend. Cette maman-là, elle ne se laisse pas envahir par la colère. Elle garde son humour malgré la fatigue. Elle est juste et constante, jamais blessante. Elle sait s’excuser auprès de ses enfants.

La maman que je voudrais être, c’est une femme épanouie qui a un travail, des amis, qui prend le temps de se faire plaisir, qui a ses propres activités et ses centres d’intérêt. C’est une femme amoureuse qui sait prendre soin de son couple et qui montre à ses enfants que l’amour peut durer, qu’ensemble on peut tout surmonter, que le plus important est de communiquer.

Cette maman que je voudrais être, c’est une maman aimante, qui sait le montrer de la bonne façon. En faisant les sacrifices nécessaires sans les faire payer à ses enfants. En leur accordant du temps. En privilégiant les échanges. En les écoutant. En respectant ce qu’ils sont. En espérant les guider sans chercher à les brimer.

Saurai-je faire tout ça ? Serai-je capable de m’adapter à leurs besoins, à mesure qu’ils grandiront ? Saurai-je lâcher du lest, quand ils seront en âge de s’émanciper ?

Parce que la maman que je voudrais être pour mes enfants, c’est une maman qui dure dans le temps. Pas un élément imposé, pas une icône dans leur imaginaire de petits enfants, pas un boulet avec lequel il faut composer. Je veux pouvoir résister à l’adolescence, je veux que l’amour reste et que mes enfants adultes continuent à me voir comme leur maman.

Pas parfaite, mais qui aura fait de son mieux. Et qui les aura aimés, chaque jour de leurs vies.

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Not exactly the mother type

Je n’ai jamais été de ces filles qui rêvent d’être mères. On en croise, des mouflettes, des adolescentes, qui ont déjà l’envie de materner. Des jeunes femmes impatientes d’avoir leur enfant à elle.

Moi non, vraiment pas. Je crois avoir eu un poupon, et lui avoir changé les couches une ou deux fois aux alentours du CP… mon instinct maternel de petite fille s’est arrêté là. Je ne me suis jamais extasiée sur les bébés, je n’ai jamais expérimenté cet élan si souvent observé, ce « oh qu’il est mignon, je peux le prendre ?« . J’ai côtoyé trop peu de nourrissons au cours de ma vie pour avoir le temps de m’y attacher vraiment. J’ai aimé certains gosses, en encadrant des colonies. La grande majorité me semblait exaspérante.

Ado puis jeune femme, je ne voulais pas avoir d’enfants : j’avais trop peur de mal faire, de ne pas savoir les aimer, de leur gâcher la vie et qu’ils ne m’aiment pas en retour. J’avais peur de reproduire ce que je vivais à la maison.

Il aura fallu du temps, des compagnons rassurants et rencontrer des modèles familiaux (et surtout maternels) moins flippants que le mien pour que je commence à envisager que peut-être, la maternité était une option.

Pour autant, cette découverte n’a pas déclenché non plus un besoin irrépressible de devenir mère. Globalement, mon idée était plutôt « je n’ai pas envie de me réveiller à 50 ans et me dire que je suis passée à côté de quelque chose« . Pas exactement une pulsion maternelle.

J’étais si loin d’imaginer… comment aurais-je pu savoir ?

Peut-on réellement expérimenter un amour inconditionnel, tant qu’on n’a pas eu d’enfant ?  Connait-on vraiment la peur, le soulagement, la joie ?

Aujourd’hui, je ne peux toujours pas dire que j’ai une passion pour les enfants. Mais qu’est-ce que j’aime les miens… Je ne suis pas une mère parfaite, mais je suis définitivement, et à jamais, une maman.

L’ancienne moi est toujours là : celle qui a peur de mal faire, qui redoute de ne pas savoir les aimer. Elle ressort parfois, brièvement. Et puis elle tient une petite main dans sa main, elle regarde le soleil jouer dans les cheveux blonds de son petit. Elle sait que le bébé qu’elle porte encore en elle, elle l’aime déjà.  Et ça va.

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