Lâcher-prise, Bernard Werber et autres considérations philosophico-dominicales

Hier, j’ai participé à la masterclass « écrito-thérapie, construction de roman » de Bernard Werber. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, j’espérais essentiellement acquérir des outils pour construire une histoire cohérente (voire palpitante), et peut-être avoir l’occasion de discuter un instant avec l’auteur.

Je ne suis pas du genre « fan ». Je ne crois pas avoir adulé qui que ce soit au point d’afficher son poster sur mon mur, à part peut-être les Red Hot Chili Peppers et Kelly Slater dans les années 90. Mais si on me proposait de choisir une personne que j’admire pour partager un dîner, ça se jouerait serré-serré entre Alexandre Astier et Bernard Werber. Et Francis Scott Fitzgerald, évidemment, sauf que pour un dîner dans les années 30, je n’ai rien à me mettre.

Je ne suis pas du genre fan, donc, mais j’aime particulièrement Bernard Werber, dont les romans m’ont fait cogiter, rêver et tourner compulsivement les pages depuis près de 20 ans. De la masterclass, je dirais que ce fut un moment riche, intelligent et porteur. J’en suis sortie avec un bon paquet de notes, et enfin, ENFIN, l’explication de la construction « en cathédrale » d’un récit. Si vous avez envie d’écrire un roman, et que vous bloquez à un endroit ou un autre, je vous conseille sérieusement cette expérience. Comme dans les livres de Werber, on peut y piocher ce qui nous intéresse, et choisir de sortir de sa zone de confort -ou pas.

Des exercices sont proposés tout au long de la présentation. Des instructions simples et une minute pour écrire un texte court, que l’on peut lire ensuite à l’auditoire, si on en a l’envie et le courage. Prendre la parole en public me terrifie légèrement, mais j’ai eu envie de jouer le jeu, et j’en suis heureuse. Rien que pour voir Bernard Werber tenir mon ordi pendant que j’avais le micro, ça valait le coup. Et puis la salle était bienveillante, on a beaucoup ri, et j’ai été assez épatée de la créativité des personnes présentes. J’ai oscillé entre « ouah ils sont vachement plus forts que moi » et une franche admiration.

L’orateur était quant à lui : drôle, simple, pédagogue, passionnant, motivant, modeste, bienveillant. Toutes qualités qui se sont confirmées pendant les deux heures supplémentaires que Bernard Werber nous a accordées après la masterclass, quand nous avons migré vers un parc proche pour discuter, poser des questions, prendre des photos et faire dédicacer nos livres.

J’ai eu la chance de discuter un peu avec lui, et le souvenir de cette conversation m’a occupée pendant le trajet de retour en RER. Je lui avais dit les difficultés de la Mini, et combien la fable du paysan chinois m’avait aidée. Il m’a parlé de lâcher-prise et de la difficulté de comprendre cette notion pour un occidental. C’est seulement dans le RER que j’ai connecté cette idée avec l’enseignement du yoga.

Les Yoga Sutra de Patanjali décrivent le Kriya Yoga, ou yoga de l’action, en trois étapes : Tapas, Svadhyaya, Ishvara Pranidhana, qu’on peut traduire par « un effort soutenu, la conscience de soi, s’en remettre à une volonté supérieure ». Globalement, qu’on soit sur le tapis ou dans la vie, quand on entreprend une action ou un projet, Patanjali explique qu’il faut y mettre de l’ardeur, profiter du processus pour apprendre sur soi et se connaître mieux, puis se détacher du résultat.

Finalement, cette notion de détachement s’imbrique parfaitement avec le message global de la masterclass, à savoir qu’il faut avant tout écrire par plaisir. La régularité et l’effort sont nécessaires, on apprendra forcément sur soi en écrivant (même une fiction), mais le résultat (être publié, devenir riche et célèbre, planter son job pour écrire à la maison, gagner un prix ou toute autre motivation…) ne doit pas être la seule fin.

Lâcher-prise. S’en remettre à Dieu, à l’univers, à la fée des manuscrits ou à la chance. Accepter la part de hasard, celle qui mélange les chromosomes ou change une vie parce qu’un papillon a donné un coup d’aile quelque part sur le globe. Ne pas choper la grosse tête pour une réussite, ni se flageller pour un échec. Ne pas laisser ses attentes obscurcir le quotidien.

J’ai glissé à Bernard Werber en partant que je donnais des cours de yoga, et que si il avait besoin… mais au final je crois que même dans ce domaine, c’est lui qui aurait des choses à m’apprendre. J’espère revoir ce « maître » un jour.

Voilà pour les pensées du jour ! Bon dimanche, bonne fête à toutes les mamans, et collectez vos petits bonheurs !

 

Lettre à mon corps

Cher corps, je vais te demander un effort. J’ai en effet le sentiment qu’il y a un malentendu entre nous, et il me semble urgent d’y remédier.

Je voudrais toutefois, en premier lieu, te rappeler que je te suis vraiment reconnaissante du bon travail que tu fais. Globalement tout fonctionne – oh il y a bien les yeux qui voient un chouia flou, cette dent qui manque, les articulations qui craquent et quelques autres délicieusetés- mais après 37 ans de vie commune, je sais que je peux compter sur toi.

Qu’il s’agisse de galoper entre les écoles, de porter des bébés, de mouliner des soupes ou de taper sur ce clavier, toi et moi, on fait le job. Même, même, si on s’en donnait un peu la peine, je suis sure qu’on arriverait à courir 10 minutes d’affilée. Après, c’est pas notre faute si on préfère se mettre la tête en bas sur un tapis que d’arpenter le bitume en petites foulées. Ouais, courir c’est naze, je suis bien d’accord avec toi. Garde ça en tête.

Par ailleurs, nous avons accompli de grandes choses ensemble. Je veux dire, nous avons fait pousser trois êtres humains avec tous leurs orteils, leurs doigts et leurs organes. C’est pas rien, ça. OK, la petite dernière a un mode d’emploi différent des autres, mais rien ne dit que ça vient de la chaine de montage ! Nous avons allaité ces trois marmots durant des mois, sans pour autant avoir les seins jusqu’à la taille. Au niveau vergetures on ne s’en sort pas trop mal, et finalement les cheveux ont arrêté de tomber, nous ne serons donc pas chauve tout de suite, ce qui est une fichtre de bonne nouvelle.

Donc tu vois, je suis contente de toi. Je sais que parfois je te regarde de travers, mais ne t’y trompe pas, au fond, je te kiffe parce que tu me permets de faire ce qui compte vraiment : bisouiller mes gosses, lire des bouquins, câliner mon chéri, enchainer les asanas, chanter ou manger des glaces devant Gilmore girls.

Mais c’est justement sur ce dernier point que je voudrais te parler. Pas Gilmore girls, non. Les glaces. Et puis le chocolat, la brioche, les frittes, les crêpes, les gâteaux, le fromage, tout ça.

Je pense sincèrement qu’il y a un malentendu, et j’ai bon espoir qu’en mettant les choses à plat on arrive à régler le problème.

Tu vois, je sais ce que je peux manger. Je sais comment maintenir mon poids, et comme tu as pu le remarquer, j’y arrive plutôt bien. En-dehors des grossesses, je veux dire. Alors là je ne vais pas t’accuser : si je me suis empiffrée à chaque couvage, c’est surement la faute aux hormones, ou au locataire du dernier étage (tu sais, celui qui est sensé commander à tout le reste) qui a dû trouver que « manger pour deux » était judicieux. Bref on  ne va pas revenir là-dessus, disons que nous, pour faire naître un bébé, on prend 20 kilos et puis c’est tout.

Mais après, après… avoue que tu déconnes. Allez, explique-moi une fois pour toute comment ça se fait. Pourquoi en diminuant par deux ou trois ce que je mange quotidiennement, je ne fonds pas comme un sundae au soleil. Dis-moi, allez !

Moi je sais : tu as mal compris. Tu as cru, et c’est sans doute ma faute pour ne pas t’avoir mieux expliqué, qu’on était en situation de péril. Je reconnais, la disparition brutale du sucre, ça fait un choc. Et tout hypoglycémié que tu étais, tu t’es dit qu’on était perdus dans un environnement hostile et que notre survie était en jeu. Oui oui je sais, c’est comme ça que l’espèce humaine a survécu, en stockant les calories quand il y en avait, en prévision des jours de disette. Alors de deux choses l’une : soit on a eu des ancêtres vraiment crève-la-dalle, soit tu fais du zèle. Et laisse-moi te dire une chose : les ancêtres, chez nous, ils sont en partie normands. Normands. Tu vois le truc ? Tu te rappelles les mottes de beurre à Domfront, avec les galettes ?  (Marie-Odile, si tu me lis ;-)).

J’ai été élevée au beurre et à la crème, gars. Et ensuite je suis passée à l’huile d’olive. Il y a bien eu ce passage en Inde où j’ai légèrement failli décéder, mais même là il y avait du ghee sur mes chapatis. Regarde-bien en arrière, et reconnais-le : on n’a jamais manqué de rien.

Alors je crois que tu fais du zèle. Sinon comment expliquer que la balance ne bouge pas, alors qu’on avale spartiatement deux tranches de jambon et beaucoup de salade ?

En vérité je te le dis : tout va bien. Nous ne sommes pas perdus en Amazonie, la faim ne nous tuera pas. Le premier Mc Do est à 5 minutes à pieds, je te jure – sur la tête de ma première galette à la frangipane- qu’on ne va pas trépasser.

Alors sois sympa, arrête le mode survie. Fais comme Elsa dans la Reine des neiges : let it goooooo. Je veux bien sniffer quotidiennement du Nutella si ça peut t’aider à te rappeler que la famine ne menace pas. Je veux bien m’enduire d’huile de coco si ça peut aider. Mais crénom de nom, laisse partir les réserves ! Surtout au niveau du ventre et des hanches, si je peux me permettre. On n’en a pas besoin, on ne fera plus de bébé, c’est promis, juré, craché. Non, on ne sait pas cracher, mais tu vois l’esprit du truc.

Ferme les yeux quelques semaines, lâche la bride au métabolisme, et je promets qu’après tout rentrera dans l’ordre. Et nous on rentrera enfin dans nos fringues. Steuplé.

Bon, je ne voulais pas en arriver là, mais je dois quand même te prévenir : si tu ne m’aides pas, si tu continues à faire de la résistance, il va falloir y arriver. Au sport. Oui oui, le sport. Pas le yoga qui nous fait plaisir. Le sport genre courir. Dehors. Alors qu’il gèle.

Pense bien à ça, visualise les poumons en feu et le nez qui coule et les chaussures moches.

Voilà.

Maintenant que tout est au clair je ne doute pas que nous arrivions, ensemble, à perdre les quelques kilos qui restent. Je te remercie par avance de toute l’aide que tu voudras bien m’apporter.

Bien à toi,

Amélie

PS : ce midi c’est courgettes, pense très fort aux baskets.

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Devenir professeur de yoga ?

Ou comment, petit à petit, j’en suis venue à envisager de changer de métier !

A lire sur mon blog de yoga (lien un peu plus bas)

Quand j’ai démarré ma formation de professeur de yoga, il y a un peu plus d’un an, je n’envisageais pas vraiment d’enseigner. Je voyais plutôt la formation comme un moyen d&…

Source : Devenir professeur de yoga ?

8 pics a week #59 (petits bonheurs de la rentrée)

Et la rentrée est enfin arrivée, hourra ! Oui hourra, parce qu’en toute franchise, j’avais besoin de souffler après ces « vacances » épuisantes. Alors oui on court un peu entre les écoles, on découvre les joies des devoirs du soir, la Mini a beaucoup de rendez-vous, plusieurs hospitalisations prévues ce mois-ci, mais j’apprécie d’être plus tranquille la journée, quand les garçons sont en classe… J’ai pu enfin repeindre certains murs qui en avaient bien besoin, faire du rangement, et renouveler un peu mon stock d’idées pour occuper les kids. En plus les garçons ont l’air d’avoir de super maitresses, donc pour moi c’est «  vive la rentrée ! »

Parmi les petits bonheurs de ces dernières semaines…

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Nous avons fait quelques plantations : basilic, coriandre, persil… j’espère que tout va pousser !

 

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Petit craquage chez Zara, la Mini va se transformer en Wonder Woman 😉

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Les garçons ont patouillé avec la peinture à doigts, et comme toujours ils ont fini avec un mélange innommable de toutes les couleurs. Il y en avait autant sur eux que sur les feuilles, mais aucun meuble ou parent n’a été maltraité.

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J’ai reçu un cadeau trop craquinou, merci Alex ❤

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J’ai réussi à aller à la piscine, même que j’ai sorti les palmes et le maillot qui va bien (hydrodynamique à fond). J’avais l’air con avec mon bonnet mais j’ai trop kiffé.

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La Mini a reçu sa première paire de chaussures. Après tout, est-il besoin de marcher pour avoir des chaussures ?? Je dis non, surtout avec ces petites merveilles trouvées chez EZPZ.

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J’ai fait une tarte tatin aux pommes qui ressemblait à une tarte aux ananas mais qui avait surtout le goût du paradis.

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J’ai trouvé chez Hema la boite parfaite pour ranger les médicaments de la Mini. I’m in love.

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Le Petit a refait le monde et tracé des chemins entre ses monuments préférés

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Le ciel de Paris était bleu, les roses sentaient bon, et la tour Eiffel n’était pas loin

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J’ai pu faire un peu de yoga dans la chambre des garçons, bien rangée !

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Et j’ai même réussi à refaire une posture que je n’avais pas tentée depuis longtemps

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Mon Petit était super classe avec sa chemise blanche et ses baskets assorties à celles de son frère !

J’espère que de votre côté la rentrée s’est bien passée, sans pleurs ni angoisses… et dites-moi, je suis la seule à kiffer de voir un peu moins mes gnomes ou bien ?

8 pics a week #52 (petits bonheurs de la semaine)

(Attention gros cliché en vue : ) Les semaines passent à une vitesse hallucinante. Je n’arrive pas à croire que les vacances de printemps soient déjà en vue. Et à vrai dire les mois aussi passent très vite… un an déjà depuis la première hospitalisation de la Mini. C’est fou le chemin qu’on a parcouru, même si les choses n’ont pas tellement bougé. C’est un grand voyage sur une échelle un peu différente.

En tout cas le printemps pointe enfin son nez entre deux giboulées, les arbres ont ENFIN des feuilles, les gariguettes sont délicieuses… spring is coming, babes !

Qui a dit qu’il fallait acheter des jouets pour occuper ses enfants ? Ecossage de petits pois = tache utile + exercice de motricité fine + activité artistique en option

Un petit tour à Paris, et en levant la tête…

Nous avons reçu une commande passée chez Hema, avec plein de matériel pour bricoler et bidouiller (masques à peindre, pots et graines, spirographe, peinture pour le bain…)

Les garçons ont reçu le cycle de vie de la coccinelle, qui leur avait tant plu chez Daljaa et qu’elle nous a fait envoyer ❤ Trop merci copine

Dimanche matin, avec mon sac et mon tapis de yoga, et un si beau soleil, prête pour la suite de ma formation !

Le salon, en mode salle de jeu, encore et toujours… Trois enfants se cachent sur cette photo, saurez-vous les retrouver ?

Retour du marché avec plein de fruits, du bon pain, et un joli bouquet

La carotte la plus classe du monde, sans l’ombre d’un doute. Dommage qu’on ne puisse pas la garder, cette carotte-zombie !

Bonne nuit les chéris, et pour demain : happy lundi !!

Le yoga est-il un sport {comme les autres }?

Où l’on parle de yoga, de surf, de sports en général et de philosophie en pointillés. Cliquez dessus pour aller lire l’article sur mon blog Sur la voie du yoga !

Sur la voie du yoga

Tenir une posture, sentir les muscles travailler, parfois trembler, transpirer.

Voir la silhouette changer, gagner en force et en souplesse.

Progresser, se sentir bien.

Pratiquer les asanas, ou postures du yoga, peut vraiment ressembler à un sport.

Aussi quand on me dit que le yoga est mou, « pas assez tonique », qu’il revient à s’étirer lentement pendant une heure sur un tapis, à respirer de l’encens en chantonnant des mantras, j’ai envie de dire « oh ! Le yoga ça n’est pas que ça !« . Je voudrais expliquer à quel point le yoga peut être une discipline exigeante physiquement, et la satisfaction d’arriver à certains résultats, à force de persévérance.

Et en même temps…

Quand on me dit « ah oui j’ai fait un cours d’ashtanga, c’était pas mal au niveau cardio et je te dis pas les courbatures le lendemain ! », j’ai envie de dire « oh ! le…

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